DABUS Ex Machina
Un chercheur en intelligence artificielle, Stephen Thaler, affirme fermement que son invention nommée DABUS (Dispositif pour l’Auto-Bootstrapping de la Sentience Unifiée) est consciente. Pour lui, cela justifie que les œuvres créées par DABUS, comme d’autres productions, devraient bénéficier de droits d’auteur.
Une lutte au-delà des tribunaux humains
Thaler affirme que son combat ne se limite pas aux juridictions traditionnelles. Dans une récente interview accordée à Wired, il a déclaré : « DABUS et cette propriété intellectuelle ne concernent pas les précédents juridiques, mais plutôt l’acceptation humaine. » Il considère même DABUS comme un nouveau type d’espèce arrivant sur Terre.
Cependant, son combat pour obtenir des droits d’auteur pour les créations de DABUS n’a pas été fructueux jusqu’à présent. La semaine dernière, un tribunal fédéral américain a rejeté sa tentative de protéger par le droit d’auteur une image générée par DABUS, confirmant ainsi la décision du Bureau des droits d’auteur des États-Unis de mars dernier.
Des décisions qui confirment une doctrine
Ces décisions renforcent le principe selon lequel un droit d’auteur nécessite une paternité humaine, ce qui exclut nécessairement DABUS et toute autre « nouvelle espèce » de la possibilité d’être enregistrée. De plus, de nombreux experts ne sont pas convaincus par les affirmations de Thaler concernant la conscience de DABUS. Matthew Sag, professeur de droit et d’intelligence artificielle à l’université d’Emory, déclare : « Je ne sais même pas par où commencer; si une intelligence artificielle consciente existait sur notre planète, ce ne serait clairement pas celle-ci. »
Inventer des Inventeurs
Malgré ses difficultés, Thaler reste déterminé. Il est soutenu par Ryan Abbott, un professeur de droit à l’Université de Surrey, qui dirige le projet Artificial Inventor Project. Ce projet, lancé en 2018, vise à faire évoluer la législation pour permettre que des protections de propriété intellectuelle soient accordées aux œuvres créées par une intelligence artificielle.
Abbott estime qu’il est essentiel d’encourager les individus à utiliser l’intelligence artificielle pour le bien de l’humanité, et que les résultats, comme des vaccins, doivent être brevetables. Actuellement, il argue qu’aucun brevet ne peut être accordé comme cela en raison des lois en vigueur. Il explique également que, selon la législation américaine, les inventeurs sont considérés comme des individus et qu’il n’y a aucune raison que cette définition soit réservée aux personnes physiques.
Une préoccupation par rapport à l’usage de l’IA
Pour Abbott, la question de l’autonomie de l’intelligence artificielle est secondaire par rapport à la manière dont son utilisation pourrait influencer la notion d’autorité sur les travaux produits. Pour sa part, Sag appelle cette perspective un « non-événement total », soulignant que nous n’avons pas besoin d’inventeurs AI pour breveter les résultats issus de processus émergents.
Pour l’instant, Thaler et Abbott attendent la décision de la Cour suprême du Royaume-Uni sur la validité d’un couple de brevets attribués à DABUS, prévue pour septembre.
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Qu’est-ce que DABUS ?
DABUS est un système d’intelligence artificielle développé par Stephen Thaler, qui prétend être capable de créer des œuvres artistiques et des inventions.
Pourquoi la question des droits d’auteur pour l’IA est-elle controversée ?
La controverse découle de la définition actuelle de la paternité dans le cadre des droits d’auteur, laquelle stipule que seules les œuvres créées par des êtres humains peuvent être protégées.
Qu’est-ce que le projet Artificial Inventor Project ?
C’est une initiative qui vise à réformer les lois sur la propriété intellectuelle pour permettre aux créations d’une IA d’être soumises à des droits d’auteur ou à des brevets.
Quels sont les impacts potentiels de l’IA sur la création artistique ?
L’IA pourrait révolutionner le paysage artistique en générant des œuvres nouvelles, mais cela soulève des questions sur l’authenticité, l’attribution et la propriété.
Comment la société réagit-elle à ces innovations ?
La société est divisée. Certains voient les intelligences artificielles comme des outils prometteurs, tandis que d’autres craignent qu’elles ne menacent la créativité et l’humanité dans le processus créatif.
