Technologie

Des professeurs conçoivent une technologie novatrice qui pourrait révolutionner l’éducation et changer des vies.

Des professeurs conçoivent une technologie novatrice qui pourrait révolutionner l’éducation et changer des vies.

Le magazine Time a récemment distingué l’initiative SolarSPELL de l’Arizona State University (ASU) parmi ses Best Inventions 2025, dans la catégorie impact social. Né il y a dix ans comme un devoir d’ingénierie, ce projet s’est mué en effort humanitaire mondial, offrant un accès simple et fiable à des ressources éducatives là où l’électricité et l’internet sont rares.

D’une idée étudiante à un projet mondial

À l’origine, l’enseignante-chercheuse Laura Hosman a lancé un défi à ses étudiant·es : concevoir une bibliothèque solaire au format sac à dos. Rapidement, des équipes d’étudiant·es, d’enseignant·es et de personnels techniques ont uni leurs forces pour transformer ce prototype en un dispositif robuste et utile sur le terrain. Au fil des années, l’ambition a grandi avec le réseau de partenaires, jusqu’à devenir une initiative internationale au service de l’éducation, de la santé et de l’agriculture dans des contextes variés.

Comment fonctionne une bibliothèque SolarSPELL

Un appareil SolarSPELL crée un point d’accès Wi‑Fi local, alimenté par énergie solaire, permettant de consulter ou télécharger des contenus adaptés au contexte sans aucune connexion internet ni réseau électrique. Les bibliothèques embarquent des livres, des vidéos de formation, des supports pédagogiques et des ressources utiles à la communauté. À l’origine assemblés à partir de composants courants et de plastique recyclé, ces dispositifs ont été repensés récemment pour gagner en compacité et en fiabilité : ils sont désormais moins volumineux et plus résistants à l’eau, aux chocs, à la poussière et à la chaleur. L’objectif est simple : proposer un accès stable, rapide et sûr à l’information essentielle, n’importe où.

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Des déploiements ciblés et des partenariats de terrain

L’initiative a déjà déployé plus de 600 appareils dans le monde. La méthode SolarSPELL repose sur des partenariats locaux (administrations, ONG, Peace Corps, associations) afin d’identifier les besoins prioritaires et d’adapter les contenus à la réalité culturelle et linguistique de chaque région.

  • Aux États‑Unis, des unités d’intervention en situation de crise (Phoenix Fire Department – Community Assistance Program) utilisent des appareils enrichis d’informations à partager directement sur le terrain. Deux autres projets en Arizona ont ciblé le secteur de la santé.
  • En Afrique et en Océanie, des bibliothèques orientées santé ont été envoyées au Malawi, au Soudan du Sud et au Vanuatu. Des versions dédiées à l’agriculture ont été fournies au Zimbabwe et au Rwanda. Avec Bridge2Rwanda Farms, l’équipe accompagne les agriculteurs vers des pratiques agro-intelligentes face au climat pour améliorer les rendements.
  • Côté éducation, des appareils ont été livrés à l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie, ainsi que dans plusieurs pays d’Afrique et d’Océanie.
  • En partenariat avec HOPI Cancer Support Services et grâce à l’implication d’une membre de la tribu Hopi (doctorante en pratique infirmière à l’ASU), des appareils proposent des contenus culturellement pertinents autour du cancer.

Des bénéfices sociaux et climatiques concrets

SolarSPELL réduit les barrières d’accès à l’éducation et à l’information dans des zones trop souvent déconnectées, tout en limitant la dépendance à l’électricité. Moins d’infrastructures énergivores, c’est aussi un bénéfice pour la planète. Les contenus dédiés à l’agriculture aident les communautés à adopter des techniques favorables au climat, qui protègent les sols, économisent l’eau et soutiennent les revenus. Pour l’ASU, ce projet illustre une innovation ancrée dans le réel : pensée localement, déployée globalement, et centrée sur l’impact.

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Une vision de l’innovation tournée vers l’utilité

Cette initiative reflète la philosophie de l’ASU : analyser les problèmes, co‑concevoir des solutions avec les acteurs locaux et mesurer l’impact. La reconnaissance par Time valorise le travail de longue haleine des équipes de SolarSPELL et souligne une approche qui améliore la vie des personnes tout en restant simple, robuste et réplicable.

FAQ

Comment les contenus sont-ils mis à jour sans connexion internet ?

La mise à jour se fait généralement hors ligne : par exemple via une carte mémoire, une clé USB ou un ordinateur local. Les partenaires régionaux peuvent charger de nouveaux contenus validés (cours, protocoles de santé, fiches agricoles) puis les diffuser sur les appareils lors des visites de suivi.

Qui décide des contenus intégrés dans chaque appareil ?

Les partenaires locaux (ministères, ONG, hôpitaux, écoles) coconstruisent les bibliothèques avec l’équipe SolarSPELL. L’objectif est d’assurer des ressources pertinentes, dans la langue adéquate, alignées sur les programmes et les priorités du territoire (santé publique, agriculture, éducation).

Quelle est l’autonomie des appareils en conditions réelles ?

Les dispositifs sont conçus pour fonctionner avec une très faible consommation et une alimentation solaire. En pratique, ils peuvent couvrir une journée d’usage courant, la recharge s’effectuant au fil de l’ensoleillement. Les versions récentes, plus robustes, tolèrent mieux la chaleur et la poussière.

Peut-on utiliser SolarSPELL dans une salle de classe entière ?

Oui. Le point d’accès Wi‑Fi permet à plusieurs utilisateurs de se connecter en même temps avec des téléphones, tablettes ou ordinateurs. Les enseignants peuvent préparer des séquences pédagogiques et partager des ressources en local, sans dépendre d’une connexion internet.

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Qu’en est-il de l’accessibilité linguistique et des besoins spécifiques ?

Les bibliothèques sont localisées : elles privilégient les langues et formats les plus utiles. Selon les projets, on peut intégrer des contenus audio, des vidéos sous‑titrées ou des guides visuels pour répondre aux besoins des apprenants et des communautés.