Une ville de Connecticut prend des mesures contre les centres de données
La ville d’East Lyme, située dans le Connecticut, a décidé d’interdire les centres de données avant même qu’un quelconque projet ne soit proposé par des développeurs. Cette décision témoigne des inquiétudes croissantes liées à la consommation d’énergie, à la pollution et aux perturbations potentielles dans les quartiers environnants. En adoptant cette interdiction indéfinie, East Lyme rejoint d’autres collectivités à travers le pays qui préfèrent agir avec prudence face à des installations énergivores et gourmandes en eau.
Détails de l’interdiction
Au début du mois d’octobre, la Commission de l’urbanisme d’East Lyme a approuvé à l’unanimité cette interdiction, qui est entrée en vigueur le 24 octobre. Cela fait d’East Lyme l’une des premières villes du Connecticut à instaurer une interdiction générale concernant ces infrastructures. De plus, d’autres municipalités de l’État, comme New Haven et Morris, ont également pris l’initiative de bloquer des projets similaires à travers des interdictions ou des moratoires, car elles craignent que la nécessité d’installer de tels centres ne devienne plus pressante à l’avenir.
Lors d’une réunion en août, la présidente de la Commission de l’urbanisme, Anne Thurlow, a évoqué les inquiétudes liées à la pollution, à la consommation énergétique et aux effluents chimiques, soutenant qu’il est préférable de suspendre ces projets tant que des informations supplémentaires ne sont pas disponibles. Elle a ajouté que cette décision pourrait être révisée si la ville le souhaitait.
Contexte plus large
Ce mouvement survient alors même que les efforts précédents du Connecticut pour attirer l’industrie des centres de données n’ont donné que peu de résultats visibles. En 2021, des incitations fiscales ont été proposées pour encourager des projets investissant au moins 200 millions de dollars dans l’État. Cependant, jusqu’à présent, le seul projet ayant bénéficié de cette exonération est une rénovation d’un centre de données existant par Cigna à Windsor.
Par ailleurs, des résidents de villes comme Trumbull, Beacon Falls, et Cromwell se sont opposés à des installations proposées, ce qui montre bien la montée des préoccupations des communautés.
De leur côté, certains développeurs estiment que des interdictions aussi vastes sont problématiques. Ils soutiennent que ces mesures peuvent englober des infrastructures de petite taille sans tenir compte de leurs avantages économiques potentiels.
Mesures en cours
Il a été rapporté que Bob Duff, le leader de la majorité au Sénat de l’État, prévoit de proposer une nouvelle législation pour instaurer une pause générale sur l’ouverture de nouveaux centres de données. Cela permettrait au Connecticut d’évaluer correctement les impacts possibles sur l’électricité, l’eau, et la vie des communautés environnantes.
Le leader de la minorité sénatoriale, Stephen Harding, a indiqué qu’il soutiendrait également cette pause et la révocation de l’incitation fiscale instaurée en 2021. Le bureau du gouverneur Ned Lamont a montré une certaine ouverture à revoir ou même à abroger cette réduction d’impôt. Un porte-parole a précisé que ces incitations n’étaient pas destinées aux grands centres de données liés à l’intelligence artificielle.
Certaines villes, pour leur part, choisissent d’adopter une approche plus mesurée. Par exemple, New Haven a instauré un moratoire d’un an, tout en exemptant son hub de calcul quantique existant, tandis que Morris a mis en place une interdiction de deux ans.
Autres villes qui s’engagent
Le Connecticut n’est pas un cas isolé ; d’autres municipalités à travers le pays envisagent également de prendre des mesures similaires face à l’opposition croissante aux centres de données. Voici quelques exemples :
- À Lowell, dans le Massachusetts, des citoyens ont exigé une interdiction sur l’ensemble des districts avant même l’arrivée des projets.
- À Manchester, dans le New Jersey, des responsables ont fait le premier pas vers une interdiction après des manifestations sur la Route 37.
- À Jersey City, des autorités ont décidé de bannir les centres de données autonomes en raison de l’augmentation des factures d’électricité.
- À Holmdel Township, les dirigeants ont choisi d’interdire les centres de données suite à une proposition de projet de 40 mégawatts.
- Dans le comté de Skagit, dans l’État de Washington, des comités réfléchissent à une interdiction de nouveaux centres de données en raison de craintes liées à l’eau.
FAQ
Quels sont les impacts environnementaux des centres de données ?
Les centres de données consomment une grande quantité d’énergie, ce qui peut contribuer à la pollution et à l’augmentation des émissions de CO2. De plus, ils peuvent générer des effluents chimiques et contribuer à la dégradation des ressources en eau.
Comment les incitations fiscales affectent-elles l’industrie des centres de données ?
Les incitations fiscales peuvent encourager les investissements dans de nouveaux projets, mais si elles ne sont pas ciblées correctement, elles peuvent attirer des développements non désirés ou nuisibles à la communauté.
Quelles solutions alternatives pourraient être envisagées ?
Les villes pourraient se concentrer sur des projets moins gourmands en ressources, promouvoir l’utilisation d’énergies renouvelables, ou développer des normes écologiques plus strictes pour les centres de données.
Y a-t-il des exemples de réussites dans d’autres États ?
Oui, certains États ont réussi à attirer des investissements en établissant des réglementations favorables tout en garantissant des protections adéquates pour les ressources locales.
Quels arguments les opposants aux interdictions avancent-ils ?
Les opposants soutiennent que des interdictions généralisées peuvent freiner l’innovation et la croissance économique dans le secteur technologique, sans prendre en compte les avantages potentiels des infrastructures de taille appropriée.
