La technologie des bébés à trois parents
Une entreprise de fertilité dirigée par un médecin américain, John Zhang, a vu le jour autour d’une technique innovante permettant de concevoir des bébés avec trois parents. Ce procédé, nommé « transfert nucléaire de fuseau », cible notamment les femmes plus âgées désireuses de devenir mères. En transférant leur ADN dans un ovule sain, provenant d’une donneuse plus jeune, cette méthode vise à augmenter leurs chances de grossesse.
Origine de la technique
Initialement, cette approche a été mise au point pour prévenir des maladies rares liées aux mutations mitochondriales héritées. Concrètement, le principe consiste à remplacer l’ovule de la mère par celui d’une donneuse en bonne santé. En injectant le noyau de l’ovule maternel dans l’ovule donneur, on élimine la majorité des mitochondries de la mère, ce qui permet de réduire les risques de transmission de maladies. John Zhang affirme que cette technique pourrait également être adaptée pour « rajeunir » les ovules chez des femmes considérées comme trop âgées pour concevoir naturellement. Son entreprise, Darwin Life, envisage d’offrir ce qu’elle appelle la « cure de l’infertilité » à des femmes âgées de 42 à 47 ans, même si la procédure est illégale dans certaines régions, y compris aux États-Unis.
Un cas concret
Zhang se montre confiant quant à l’efficacité de cette méthode. En 2016, une de ses patientes a donné naissance à un bébé en bonne santé après avoir eu recours à cette technique, et ce, au Mexique. Cet événement illustre le potentiel de cette innovation, bien qu’il soulève de nombreuses interrogations.
La controverse autour des bébés sur mesure
Cependant, la création de ce type de technologie n’est pas sans susciter des critiques. Nombreux sont ceux qui expriment des réserves, mettant en avant les risques associés à de telles manipulations. Marcy Darnovsky, directrice exécutive du Centre pour la Génétique et la Société, a déclaré que cette pratique représente un risque biologique extrême. Elle souligne que si l’approche est utilisée pour traiter l’infertilité liée à l’âge, cela représente un changement significatif dans l’expérimentation humaine.
Risques et préoccupations
Le biologiste du développement, Robin Lovell-Badge, s’inquiète également des implications d’une commercialisation prématurée de cette technologie. Les mitochondries défectueuses pourraient survivre dans l’embryon à cause d’un transfert non intentionnel. En effet, c’est ce qui aurait pu se produire lors de la grossesse réussie de 2016. Lovell-Badge fait remarquer que le choix entre ne pas avoir d’enfants et concevoir un enfant souffrant d’une maladie grave n’est pas vraiment comparable.
Restrictions légales
Face à des préoccupations croissantes concernant les bébés sur mesure, le Congrès américain a décidé d’interdire toute recherche sur des embryons génétiquement modifiés, ce qui inclut cette toute nouvelle méthode. Malgré cela, des recherches continuent d’avancer, et des techniques semblables à celle de Zhang sont en développement. L’entreprise Darwin Life prévoit de facturer entre 80 000 et 120 000 dollars pour la procédure, surtout pour des femmes dont les chances de grossesse par FIV sont inférieures à 4 %.
Futur des pratiques de reproduction
Zhang envisage un avenir où cette technique pourrait aussi permettre de modifier des gènes, donnant ainsi la possibilité aux parents de choisir des caractéristiques telles que la couleur des yeux ou des cheveux, ou même d’améliorer le Q.I. de leurs enfants. Il assure que chaque avancée représente un pas vers les bébés sur mesure.
FAQ
Quelle est la méthode décrite par John Zhang ?
La méthode, appelée « transfert nucléaire de fuseau », consiste à remplacer l’ovule maternel par un ovule sain et à y introduire le noyau de la mère.
Quels sont les risques de cette technique ?
Les principaux risques incluent des mutations mitochondriales non intentionnelles qui pourraient être transférées à l’embryon, soulevant des interrogations éthiques.
Pourquoi cette méthode est-elle controversée ?
Les critiques soulignent que l’utilisation de cette technique pour des femmes plus âgées pourrait mener à des expérimentations humaines à grande échelle et pourrait entraîner des conséquences imprévues.
Quel est le coût de cette procédure ?
La procédure pourrait coûter entre 80 000 et 120 000 dollars, ce qui rappelle la question de l’équité d’accès à de telles technologies reproductives.
Comment cette technologie pourrait-elle évoluer à l’avenir ?
Zhang envisage que l’avenir pourrait permettre des modifications génétiques permettant de choisir des traits spécifiques chez les enfants, ce qui soulève encore plus de débats éthiques.
