Une avancée révolutionnaire en fécondation in vitro
La fécondation in vitro (FIV) impliquant trois parents a été légalisée au Royaume-Uni en 2015. Cette technique novatrice pourrait être essaiée par des familles britanniques dès cette année. L’Autorité de fertilisation humaine et d’embryologie (HFEA), qui surveille les pratiques de fertilité au Royaume-Uni, a donné son feu vert pour le transfert mitochondrial en décembre 2016. Cependant, elle recommande une utilisation prude de cette technique, surtout pour les cas présentant un risque élevé de transmission de maladies mitochondriales.
Les cliniques de fertilité ont désormais la possibilité de demander des licences pour utiliser cette méthode. Les demandes peuvent être soumises par divers établissements, incluant les cliniques elles-mêmes, tant pour un usage général que pour des cas spécifiques de patients. Chaque demande sera examinée individuellement par la HFEA, qui a mené une étude éthique et scientifique approfondie sur ce processus.
La contribution de la donation mitochondriale
La donation de mitochondries est cruciale pour les personnes susceptibles de transmettre des troubles génétiques mitochondriaux graves. Il existe de nombreuses maladies mitochondriales, souvent très sévères, car les mitochondries fournissent l’énergie pour presque toutes les cellules du corps en transformant l’oxygène et la nourriture. Sans mitochondries fonctionnelles, des organes essentiels comme le cerveau, le cœur et les muscles peuvent fonctionner de manière altérée.
D’après la United Mitochondrial Disease Foundation, les symptômes peuvent varier, englobant la cécité, les AVC, la surdité, et bien d’autres. Les complications liées à un mauvais fonctionnement mitochondrial peuvent toucher le système immunitaire, les reins, ou le cœur. Malheureusement, il est impossible de prédire quels symptômes surgiront ou si la maladie sera fatale.
Cette technique remplace uniquement les mitochondries de la mère avec celles d’une donatrice saine. La majorité de l’information génétique provient de l’ADN de la mère et du père, donc cet échange n’implique pas que l’enfant soit « identique » à la donneuse. Seules les mitochondries seront modifiées, conservant ainsi la plupart des caractéristiques héréditaires des parents.
Mitochondrial donation en perspective
L’approbation légale de ce processus au Royaume-Uni a été le fruit de plusieurs années de recherche et de débats approfondis. Une étude publiée en 2016 dans la revue Nature a démontré que cette technique pourrait mener à des grossesses normales. Actuellement, elle est en cours d’examen aux États-Unis, bien qu’elle ne soit pas encore autorisée. À ce jour, il n’y a pas de cadres juridiques au Mexique, où un enfant est déjà né grâce à cette méthode.
En janvier 2017, un bébé a vu le jour à Kiev, en Ukraine, grâce à cette donation mitochondriale, et un autre est prévu pour ce mois-ci. Contrairement aux cas précédents, ceux-ci n’ont pas présenté de risques de maladies mitochondriales. Cette méthode a été utilisée pour aider un couple à concevoir, en améliorant la qualité des embryons ou des ovules, notamment face au vieillissement des ovules. Toutefois, la British Fertility Society (BFS) a indiqué qu’il n’y a pas suffisamment de preuves pour justifier l’utilisation de la donation mitochondriale dans les traitements FIV classiques.
De plus, la donation mitochondriale ne garantit pas la guérison des maladies pour lesquelles elle a été validée. Bien qu’une étude de juin 2016 ait suggéré la naissance de bébés sains grâce à cette technique, d’autres recherches montrent qu’il est possible que des mitochondries défectueuses apparaissent chez les nouveau-nés, même après son utilisation.
Cela dit, la procédure est généralement considérée comme sûre et suscite de nouvelles espérances pour des familles à travers le monde, avec au moins 20 bébés conçus par cette technologie qui devraient naître au cours du premier semestre 2017.
FAQ
Quelles sont les maladies ciblées par la donation mitochondriale ?
La donation mitochondriale est principalement orientée vers les maladies mitochondriales héréditaires graves qui peuvent être transmises par la mère, affectant le fonctionnement des organes comme le cœur, le cerveau et les muscles.
Comment se déroule la procédure de donation mitochondriale ?
La procédure implique l’extraction des mitochondries de la donneuse et leur insertion dans l’ovule de la mère, qui permet de conserver l’ADN nucléaire de la mère tandis que l’ADN mitochondrial provient de la donneuse.
Y a-t-il des risques associés à la donation mitochondriale ?
Bien que la procédure soit considérée comme relativement sûre, certains risques demeurent, comme la possibilité de transmission de mitochondries défectueuses.
Pourquoi la donation mitochondriale est-elle controversée ?
Elle suscite des débats éthiques concernant les implications de modifier la composition génétique d’un individu et la potentielle introduction de nouvelles maladies dans la population.
Quels pays autorisent la donation mitochondriale ?
Actuellement, elle est légalisée au Royaume-Uni, mais d’autres pays comme les États-Unis et le Mexique n’ont pas encore établi de cadre légal pour l’utiliser.
