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Une voiture 100 % solaire pourrait prendre la route dès 2019

Une voiture 100 % solaire pourrait prendre la route dès 2019

L’idée d’une voiture qui roule grâce au soleil fait rêver depuis des années. La startup néerlandaise Lightyear a relancé ce rêve avec la Lightyear One, une « voiture qui se recharge toute seule », annoncée avec une autonomie de 400 à 800 km et récompensée par un Climate Change Innovator Award au CES. Mais entre promesse et réalité, que peut vraiment offrir le soleil à nos déplacements ?

Ce que le soleil peut réellement fournir

  • La surface disponible sur une voiture est réduite. Même avec des panneaux performants, la quantité d’énergie captée reste limitée.
  • Dans des conditions idéales, un toit solaire peut apporter une recharge d’appoint utile au quotidien (quelques kilomètres par jour), mais cela ne remplace pas l’énergie d’une batterie bien chargée.
  • Un exemple parlant: un toit solaire conçu pour une Toyota Prius n’ajoutait qu’environ 6 km d’autonomie. C’est utile, mais loin d’une recharge complète.
  • Un calcul d’ingénierie sous fort ensoleillement estime la puissance continue d’un toit solaire automobile autour de 6,4 chevaux-vapeur. À titre de comparaison, une tondeuse autoportée peut atteindre 18 chevaux. On comprend pourquoi un moteur principal a besoin d’une batterie et/ou d’une recharge réseau.
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En bref, le solaire embarqué est excellent pour grignoter quelques kilomètres, maintenir la batterie et limiter les branchements, mais il peine à couvrir, seul, les besoins d’un trajet soutenu.

L’option pragmatique: l’assistance solaire

Plutôt que du 100 % solaire, la piste la plus crédible aujourd’hui est celle des véhicules électriques assistés par le solaire. Cette approche:

  • étend l’autonomie de dizaines à centaines de kilomètres sur un cycle complet,
  • réduit la fréquence des recharges,
  • reste compatible avec une prise secteur ou la recharge rapide pour les longs trajets.

L’assistance solaire capitalise sur les atouts du soleil sans se heurter de plein fouet aux limites de surface, d’ensoleillement et d’intermittence.

Lightyear One: l’ambition du « tout solaire »

Lightyear, fondée par cinq entrepreneurs aux Pays-Bas, a annoncé les premières unités pour 2019 et s’est positionnée très tôt comme le symbole d’une voiture ultra-efficiente qui tirerait le maximum de chaque rayon:

  • aérodynamique poussée, faible résistance au roulement et électronique optimisée;
  • une carrosserie couverte de panneaux pour capter l’énergie durant l’usage et à l’arrêt;
  • la promesse d’une voiture qui peut rouler des mois sans recharge dans des conditions favorables.

Sur le papier, l’idée est séduisante: si l’on réduit suffisamment les besoins énergétiques, la part fournie par le soleil devient proportionnellement plus significative. Dans la pratique, franchir l’écart entre assistance et entière autonomie solaire reste un défi majeur tant que les prototypes n’ont pas validé ces performances au quotidien, sur des usages variés et des climats contrastés.

Obstacles techniques incontournables

  • Intermittence: le soleil varie avec la météo, la saison et le moment de la journée. Il faut une batterie tampon et, la plupart du temps, un complément via le réseau.
  • Surface et rendement: une voiture offre peu de mètres carrés; même avec des cellules très efficaces, le plafond énergétique est vite atteint.
  • Masse et coût: intégrer des panneaux robustes, légers et sûrs implique des compromis sur le poids, le prix et la réparabilité.
  • Scénarios d’usage: une voiture garée au garage ou à l’ombre capte bien moins d’énergie qu’un véhicule stationné dehors, bien orienté.
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Des signaux positifs, mais ciblés

Des expérimentations suggèrent que le solaire sur véhicule est possible dans des cas d’usage précis. En 2017, en Australie, un train touristique à Byron Bay a circulé grâce au soleil. Son autonomie restait limitée et son trajet court, mais la démonstration prouve que des véhicules solaires peuvent fonctionner lorsqu’on contrôle le parcours, la vitesse et l’environnement.

En résumé

  • Le solaire embarqué est un excellent complément: il prolonge l’autonomie, réduit les recharges et améliore l’expérience.
  • Une voiture du quotidien entièrement alimentée par le soleil reste difficile à réaliser à grande échelle.
  • Les progrès en efficience, en électronique de puissance et en cellules photovoltaïques rapprochent ce futur, mais le réseau et la batterie demeurent, pour l’instant, des partenaires incontournables.

FAQ

Une voiture solaire peut-elle se passer totalement de prise électrique ?

Dans un climat très ensoleillé, pour de courts trajets quotidiens et avec un véhicule extrêmement efficient, c’est envisageable ponctuellement. Pour un usage universel (toutes saisons, longs trajets, conduite soutenue), une recharge sur secteur reste quasi indispensable.

Combien d’énergie un toit solaire de voiture peut-il produire en une journée ?

Selon l’ensoleillement, l’orientation et la surface utile, on parle souvent de l’ordre de 1 à 3 kWh par jour. Cela représente typiquement 5 à 20 km d’autonomie sur une voiture très efficiente.

Le stationnement au garage annule-t-il l’intérêt du solaire ?

Pas totalement, mais la production chute fortement. Pour maximiser le gain, il vaut mieux stationner à l’extérieur, bien orienté, sans ombrage. Des abris de parking photovoltaïques peuvent aussi recharger la voiture sans la laisser au soleil direct.

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Les panneaux intégrés alourdissent-ils beaucoup la voiture ?

Les fabricants utilisent des matériaux légers et robustes, mais il existe un compromis entre poids, surface, coût et durabilité. L’intégration doit résister aux chocs, aux lavages et aux intempéries, ce qui ajoute des contraintes de conception.

Y a‑t‑il des astuces pour augmenter l’énergie solaire disponible au quotidien ?

Oui: privilégier le stationnement en plein soleil, planifier les charges de nuit pour libérer de la capacité de stockage en journée, et envisager des carports solaires à domicile ou au travail. Certaines solutions explorent des panneaux déployables à l’arrêt, mais cela reste rare sur des véhicules de série.