Actuellement, dans le Sud global, des travailleurs dans des conditions précaires sont contraints de jongler entre la confection de vêtements et l’entraînement de robots qui pourraient les remplacer.
Un article récent du Guardian expose cette pratique émergente qui se répand dans les usines à travers le monde. Près de Delhi, Lalita, une couturière de 32 ans, explique que sa fabrique impose à chacun de porter une caméra GoPro sur la tête au début de chaque service.
« Au début, cela nous faisait rire, surtout avec cet équipement sur la tête », confie Lalita au Guardian. Cependant, avec la présence de caméras sur le lieu de travail, les employés sont devenus plus méfiants, sachant que chaque parole pouvait être entendue par leurs supérieurs, ce qui a créé une ambiance de travail plus silencieuse et paranoïaque.
« C’est comme si on nous avait fixé une caméra de surveillance sur le corps », ajoute-t-elle.
Les travailleurs ont constaté que, malgré les heures de vidéos enregistrées, on ne leur avait jamais expliqué l’objectif de ces caméras. Bien qu’elles aident à maintenir l’attention des employés par la peur de surveillance, leur véritable but est de récolter des images pour former des robots humanoïdes.
L’entraînement de ces robots humanoïdes se fait en nourrissant un modèle IA en vision-langage-action avec des milliers d’heures d’enregistrements d’êtres humains en train d’exécuter différentes tâches. Grâce à cette méthode, le réseau neuronal apprend à prévoir et à reproduire les mouvements corporels et les positions des mains nécessaires pour accomplir un résultat, comme coudre un bouton sur une veste, qu’il pourra ensuite reproduire dans la réalité.
L’exemple de l’usine de Lalita illustre comment ces activités de « vidéos humaines pour robots » concentrent la richesse et les données générées par ces travailleurs entre les mains de quelques entreprises de robotique et de leurs partenaires de fabrication. Pendant ce temps, des ouvriers mal rémunérés et précaires s’occupent de la création de ces données d’entraînement, devenant par là même une source de revenus supplémentaire pour les propriétaires des usines.
L’objectif final, du point de vue des entreprises technologiques et des propriétaires d’usines, est de créer un robot « universel », capable de s’intégrer facilement à n’importe quelle chaîne de montage et de rendre obsolètes des travailleurs comme Lalita. Cependant, il convient de noter que nous sommes encore loin de voir des robots humanoïdes capables de remplacer efficacement les travailleurs sur le terrain, bien que les élites mondiales affichent d’ores et déjà leurs intentions.
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## FAQ
#### Quels sont les risques liés à l’utilisation de caméras dans le milieu de travail ?
L’utilisation de caméras peut engendrer une atmosphère de méfiance, où les travailleurs se sentent constamment surveillés, ce qui peut affecter leur moral et leur productivité.
#### Comment les entreprises justifient-elles ces pratiques ?
Les entreprises prétendent que ces mesures améliorent la productivité et le contrôle qualité, tout en maintenant une discipline au sein des équipes.
#### Quel sera l’impact à long terme de cette tendance sur l’emploi ?
Avec l’augmentation de l’automatisation, il est probable que de nombreux emplois soient menacés, entraînant des défis pour la main-d’œuvre, notamment un besoin de reconversion professionnelle.
#### Existe-t-il des régulations sur la surveillance des employés ?
Dans certains pays, des lois encadrent la surveillance des employés pour protéger leur vie privée, mais les réglementations varient considérablement d’un endroit à l’autre.
#### Quelles alternatives peuvent être envisagées pour protéger les travailleurs ?
Il serait bénéfique d’explorer des pratiques de travail plus éthiques, telles que le renforcement de la formation des employés ou l’amélioration des conditions de travail, au lieu de les surveiller.
