La lutte contre les deepfakes en Californie
Jeudi, le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a promulgué deux nouvelles lois visant à lutter contre les deepfakes. Ces vidéos tronquées par l’intelligence artificielle, qui circulent sur Internet en nombres préoccupants, soulèvent de sérieux enjeux.
Attention aux deepfakes à caractère pornographique
La première législation, connue sous le nom de Projet de loi 602, vise à protéger les victimes de deepfakes pornographiques, qui représentent le type de contenu le plus fréquent sur le web. Cette loi octroie aux individus concernés le droit d’intenter des poursuites contre les créateurs de ces vidéos préjudiciables.
Les deepfakes politiques sous surveillance
La seconde loi, appelée Projet de loi 730, cible un autre type moins courant mais potentiellement plus grave de deepfakes : ceux qui impliquent des politiciens. Cependant, cette mesure pourrait ne pas aller suffisamment loin pour combattre efficacement le problème à sa source.
Avec l’adoption de ce projet de loi, il est désormais illégal en Californie de diffuser des deepfakes d’un candidat politique dans les 60 jours précédant une élection. La loi vise spécifiquement le contenu conçu pour « nuire à la réputation du candidat ou tromper l’électeur sur son choix ».
Exemptions importantes
Il est crucial de noter qu’AB 730 n’affecte pas les vidéos de satire ou de parodie, ni celles comprenant une mention explicite de leur caractère manipulé. Ces distinctions pourraient aider à protéger la liberté d’expression selon le Premier Amendement.
Origine de la législation
Le député démocrate Marc Berman a introduit ce projet de loi en réaction à une vidéo devenue virale, dans laquelle Nancy Pelosi semblait ivre, vidéo partagée ultérieurement par l’avocat personnel de l’ancien président Trump, Rudy Giuliani.
En utilisant cet exemple, Pelosi aurait la possibilité de demander des dommages et intérêts contre le créateur et le diffuseur de cette vidéo si celle-ci était postée dans la période ciblée, mais ne pourrait pas attaquer un compte YouTube parodique pour avoir partagé un montage similaire, indépendamment du moment où cela a été publié.
Les limites de la législation
Malheureusement, ces nouvelles mesures ne semblent pas assez efficaces pour réellement résoudre le phénomène des deepfakes en période électorale. Nombre d’entre eux sont publié de manière anonyme, et même si certains cas ont pu être identifiés, c’était souvent déjà trop tard, lorsque les vidéos avaient bien circulé.
Ainsi, bien que ce projet de loi puisse rendre les créateurs de deepfakes politiques responsables de leurs actes, cela n’empêche pas la diffusion initiale de ces contenus. Une fois sur la toile, chaque vidéo devient une potentielle source de désinformation qui pourrait influencer les élections.
Informations complémentaires
LIRE LA SUITE : La Californie interdit les deepfakes audio et vidéo avant les élections [Associated Press]
Plus sur les deepfakes : Une étude révèle que 96 % des deepfakes en ligne sont de nature pornographique.
FAQ
Qu’est-ce qu’un deepfake ?
Un deepfake est une vidéo ou un audio dont le contenu a été manipulé à l’aide de techniques d’apprentissage automatique pour représenter quelqu’un en train de dire ou de faire quelque chose qu’il n’a jamais fait.
Pourquoi les deepfakes sont-ils problématiques ?
Ils posent un sérieux risque de désinformation, particulièrement dans le contexte politique, car ils peuvent nuire à la réputation des individus et tromper les électeurs.
Comment peut-on se protéger contre les deepfakes ?
Sensibiliser le public aux deepfakes et développer des outils technologiques pour identifier ainsi que marquer le contenu falsifié sont des mesures nécessaires pour réduire leur impact.
Quelles autres mesures sont prises contre les deepfakes à travers le monde ?
Différents pays envisagent des réglementations similaires pour encadrer la création et la diffusion de deepfakes, mais les lois varient considérablement d’une juridiction à l’autre.
