Technologie

Retour du Corps Gelé d’un Enfant Inca : Restitution à la Communauté Indigène après 119 Ans en Musée

Retour du Corps Gelé d'un Enfant Inca : Restitution à la Communauté Indigène après 119 Ans en Musée

Retour d’une Maman Inca au sein de sa communauté

Après presque 121 ans d’exposition dans un musée à Buenos Aires, la momie gelée d’un enfant Inca, retrouvée sur un sommet de l’Argentine, a enfin été restituée à la communauté indigène qui espérait cette restitution depuis longtemps. Ce geste marque la fin d’un chapitre de 119 ans, débuté par des militaires et des alpinistes découvrant la momie et se concluant par des célébrations et rituels dans la province de Jujuy.

Découverte de l’Enfant de Chani

La momie, surnommée “L’Enfant de Chani”, a été déterrée en 1905 au sommet du Mont Chani dans la province de Jujuy. L’enfant, âgé de 5 à 7 ans, avait été retrouvé à environ 5 900 mètres d’altitude, soit environ 19 357 pieds, au-dessus du niveau de la mer. Les chercheurs estiment qu’il avait été sacrifié lors d’un rite cérémoniel inca, connu sous le nom de capacocha. Ses restes ont ensuite été placés dans le Musée ethnographique Juan B. Ambrosetti à Buenos Aires, rattaché à l’Université de Buenos Aires.

Un long combat pour la restitution

Pendant des décennies, les communautés indigènes de la région de Puna ont plaidé pour le retour de l’enfant. Leur appel a été entendu cette semaine lorsque la momie a été déplacée de la capitale à El Moreno. Là, la communauté Kolla a célébré son accueil à travers des rituels traditionnels. Lors d’un événement officiel au musée avant le transfert, des responsables universitaires ont reconnu les erreurs du passé et ont présenté des excuses pour le retard dans cette restitution.

A lire :  Découverte des épaves liées aux véritables pirates des Caraïbes aux Bahamas.

Ricardo Manetti, le doyen de la Faculté de Philosophie et Lettres de l’université, a souligné que “tout ne tourne pas autour de la science”. Ce qui était perçu comme un simple objet de musée est désormais reconnu comme un ancêtre ayant une signification culturelle et spirituelle profonde. Le retour de l’enfant est primordial pour l’identité, la mémoire et le respect des traditions qui ont survécu à la colonisation et à l’exclusion de la prise de décision concernant leur patrimoine.

Un acte de restitution significatif

Les musées et universités ont souvent conservé des objets et des restes provenant de communautés indigènes sans leur accord. Ce transfert, du centre de Buenos Aires à El Moreno, constitue un acte concret de restitution, distinct d’une promesse symbolique. Le peuple Kolla a accueilli l’enfant à travers des cérémonies permettant de lui redonner une place spécifique au sein de leur culture.

Ce retour offre à la communauté la possibilité de prendre part à des décisions sur la manière d’honorer la mémoire de l’enfant à l’avenir. Clemente Flores, un leader Kolla, a exprimé : “Ce petit garçon a beaucoup à nous apprendre sur notre identité. Il représente un être cher, un ancêtre qui s’est endormi pour nous transmettre l’histoire de notre culture, dont de nombreux aspects demeurent encore vivants”.

FAQ

Pourquoi la restitution de la momie est-elle importante pour la communauté Kolla ?

La restitution de la momie est cruciale car elle symbolise la reconnaissance de l’héritage culturel et spirituel des populations indigènes, leur permettant ainsi de renforcer leur identité et leur mémoire collective.

A lire :  Une technologie révolutionnaire pour transformer les panneaux solaires : 'De nouvelles perspectives s'ouvrent'.

Que représente le rite de capacocha ?

Le rite de capacocha chez les Incas était un sacrifice cérémoniel, souvent d’enfants, qui étaient considérés comme offrandes aux dieux, exprimant également la connexion entre le monde matériel et spirituel.

Quel soutien les musées devraient-ils apporter aux communautés indigènes ?

Les musées devraient adopter une approche collaborative en travaillant avec les communautés natives pour établir des politiques respectueuses concernant la gestion et la restitution des objets culturels, assurant ainsi leur consentement éclairé.

Comment d’autres communautés indigènes réagissent-elles à ce type de restitution ?

D’autres communautés indigènes à travers le monde soutiennent également des efforts de restitution, espérant récupérer des artefacts et des restes qui sont souvent déposés dans des institutions sans consentement. Ces retours renforcent leur relation avec leur culture et leur histoire.

Quels sont les impacts de la colonisation sur les héritages culturels ?

La colonisation a souvent entraîné la dilution des pratiques culturelles, l’érosion des langues et la perte de l’accès aux sites sacrés et aux objets de valeur spirituelle, ce qui rend des actions comme la restitution d’autant plus vitales pour la revitalisation culturelle.