Les communautés côtières de l’Alaska sont confrontées à de nombreux défis, dont la diminution des populations de saumon, la raréfaction des stocks de crabe des neiges, ainsi que des tempêtes puissantes. À cela s’ajoute maintenant une incertitude supplémentaire pour l’industrie de la pêche de l’État.
Qu’est-ce qui s’est passé ?
Selon des rapports d’Inside Climate News, la National Science Foundation (NSF) envisage d’abandonner l’Initiative des Observatoires Océaniques, un système complexe de près de 368 millions de dollars, composé d’environ 900 instruments installés dans les océans Pacifique et Atlantique.
Ces instruments fournissent des données en temps réel sur différents aspects des conditions océaniques, tels que la température de l’eau, la salinité, l’action des vagues et bien d’autres paramètres essentiels.
Parmi les installations les plus importantes pour l’Alaska se trouve l’Océan Station Papa, un site d’observation dans le golfe d’Alaska, qui s’étend à près de 14 000 pieds de profondeur. Des scientifiques, des gestionnaires de pêcheries, des prévisionnistes et des planificateurs d’urgence s’appuient sur ces données pour analyser les changements dans l’océan et se préparer aux vagues de chaleur marines, aux inondations et à l’activité des tempêtes.
Michelle Stratton, directrice exécutive de la Alaska Marine Community Coalition, a exprimé ses inquiétudes quant au moment choisi pour cette décision. Elle souligne que la région fait face à de graves crises maritimes, et que ce retrait implique la perte de données cruciales pour comprendre et gérer ces situations.
La NSF justifie ce changement en affirmant que cela s’inscrit dans une stratégie plus large visant à prioriser l’adaptation aux nouvelles priorités scientifiques et aux technologies émergentes.
Pourquoi est-ce important ?
Cette situation revêt une importance accrue, car l’Alaska est le premier État américain en termes de production de poissons. Le secteur des fruits de mer commercial est estimé à 5,3 milliards de dollars, soutenant près de 42 000 emplois. Sans accès à des données précises sur les conditions en mer, il devient beaucoup plus difficile de protéger les pêcheries, de prévoir des météo extrêmes, et de prendre des décisions qui garantissent la sécurité des habitants.
De plus, l’Alaska se réchauffe à un rythme presque deux fois supérieur à la moyenne mondiale, rendant les données encore plus précieuses, surtout lorsque les vagues de chaleur marines coïncident avec les crises de population de saumon Chinook et de crabe des neiges. Stratton a indiqué que ces instruments aident à surveiller des facteurs tels que la température de l’océan, la salinité et la hauteur des vagues, des informations essentielles pour modéliser les inondations et l’intensification des tempêtes.
Les conséquences de ce changement toucheront particulièrement les communautés côtières isolées et en grande partie indigènes, déjà aux prises avec des enjeux liés à la sécurité alimentaire, à la stabilité des revenus et à la continuité culturelle.
Carol Janzen, océanographe au sein du Alaska Ocean Observing System, a comparé la perte de ces données à « conduire sur une autoroute sombre sans phares ».
Que disent les experts ?
Rick Thoman, de l’Université de l’Alaska à Fairbanks, a souligné que la force de ce réseau réside dans la capacité à fournir des informations océanographiques de l’ensemble de la colonne d’eau.
Tim Bristol, un défenseur de longue date des pêches, s’interroge également sur la pertinence de cette décision. Pour lui, l’appel à davantage d’informations et d’analyses approfondies semble être ignoré avec cette manière de procéder.
Stratton a élargi le débat en notant que les effets de cette perte ne se limiteront pas simplement à la crise biologique, mais qu’elle touchera également des aspects économiques, culturels et de mode de vie.
FAQ
Quel est l’impact de la perte de l’Océan Station Papa sur la pêche en Alaska ?
La perte de cet important site d’observation réduira considérablement la capacité à surveiller les conditions maritimes, ce qui pourrait compromettre la gestion durable des ressources halieutiques vitales.
Quelles sont les alternatives envisagées par la NSF ?
Bien que la NSF n’ait pas encore proposé d’alternatives claires, il est possible qu’elle se concentre sur des projets à plus petite échelle, mais cela reste à confirmer.
Comment les communautés locales réagissent-elles à ce changement ?
Les communautés côtières expriment de vives inquiétudes, car elles dépendent directement des données pour naviguer les crises environnementales et maintenir leurs moyens de subsistance.
L’Alaska a-t-il des mesures d’adaptation à long terme pour faire face à ces défis ?
Oui, des initiatives sont en cours pour renforcer la résilience des communautés face aux impacts du changement climatique, mais le manque de données complètes complique les efforts d’adaptation.
Quelle est la prochaine étape pour le secteur de la pêche en Alaska ?
Le secteur devra peut-être explorer des solutions innovantes pour compenser la perte de données et promouvoir une gestion plus durable des ressources halieutiques à travers des approches collaboratives avec les scientifiques et les gestionnaires.
