Un Test Sanguin Innovant pour Détecter le Cancer du Foie
Des chercheurs du Kimmel Cancer Center de Johns Hopkins ont élaboré un test sanguin basé sur l’intelligence artificielle, présentant des résultats prometteurs pour une détection précoce du cancer du foie, en particulier dans des groupes à haut risque. Ces groupes se trouvent dans des régions géographiques diverses et affichent différents facteurs de risque sous-jacents, selon un article de la School of Medicine de Johns Hopkins relayé par Medical Xpress.
Importance de la Détection Précoce
Le cancer du foie, lorsqu’il est découvert à un stade avancé, devient bien plus difficile à traiter. Les méthodes de dépistage actuellement utilisées manquent souvent la maladie à ses débuts. C’est dans ce contexte que le test, connu sous le nom de DELFI (DNA Evaluation of Fragments for Early Interception), a été développé. Ce test exploite l’intelligence artificielle pour analyser des millions de fragments d’ADN circulant dans le sang, et ses concepteurs affirment l’avoir maintenant validé.
Les résultats de cette étude ont été publiés le 31 juillet et révèlent que le test a pu identifier avec précision le cancer du foie dans deux cohortes de patients à risque élevé.
Diversité des Groupes Étudiés
Les chercheurs ont examiné des échantillons sanguins de 377 participants issus de la Roumanie et du Guatemala. Certains souffraient de carcinome hépatocellulaire, la forme la plus répandue de cancer du foie, tandis que d’autres n’avaient pas cette pathologie. Les facteurs de risque variaient significativement : en Roumanie, les maladies hépatiques étaient souvent associées à des infections virales à hépatite ou à une consommation excessive d’alcool, tandis qu’au Guatemala, on observait des maladies hépatiques métaboliques, de l’obésité, du diabète et une exposition à l’aflatoxine, une toxine liée au cancer du foie.
Malgré ces différences, le test DELFI a montré une efficacité similaire dans les deux contextes. De plus, son efficacité dans la détection des stades précoce et avancé de la maladie s’est améliorée lorsqu’il était associé à des informations de base telles que l’âge, le sexe, ainsi qu’à un test d’alpha-fœtoprotéine (AFP), par rapport à des tests sanguins effectués isolément.
Implications et Perspectives
Victor Velculescu, professeur en génétique du cancer et co-directeur du programme de génétique et épigénétique du cancer au Kimmel Cancer Center, a souligné l’importance de cette recherche en évoquant sa capacité à fournir des résultats de haute qualité à travers diverses populations de patients, tout en identifiant les signaux biologiques présents dans le sang qui rendent cette détection possible.
Le cancer du foie constitue déjà l’une des principales causes de mortalité par cancer dans le monde, et avec la montée des maladies hépatiques métaboliques, le besoin d’un dépistage précoce est de plus en plus crucial. Bien que les méthodes de dépistage classiques, comme l’échographie combinée à l’AFP, soient en place, elles échouent parfois à détecter certains cancers précocement. Un test sanguin plus précis pourrait faciliter l’accès à la détection et réduire la dépendance à l’imagerie, particulièrement pour les individus déjà considérés comme à risque élevé.
Les chercheurs ont également mis en évidence que des techniques récentes, comme MethID, permettent d’analyser non seulement l’ADN tumoral mais aussi les modifications des cellules hépatiques, des vaisseaux sanguins, ainsi que des cellules immunitaires en réaction à la maladie. Cette approche multidimensionnelle pourrait améliorer la fiabilité du test, car les cancers du foie peuvent varier considérablement d’un patient à l’autre et selon les régions.
Vers l’Avenir du Dépistage Sanguin
Au-delà de cette étude, l’équipe de Johns Hopkins envisage d’élargir l’utilisation du dépistage par fragmentome au-delà du cancer du foie, avec le potentiel d’autres applications en dépistage des maladies. Les recherches antérieures avaient déjà montré que la technologie pouvait détecter la fibrose et la cirrhose, qui sont souvent des précurseurs du cancer du foie.
Un test sanguin lié au dépistage du cancer du poumon, appelé FirstLook Lung, est déjà utilisé dans certaines formations de santé aux États-Unis via DELFI Diagnostics, suggérant que cette plateforme pourrait bientôt supporter plusieurs outils de dépistage non invasifs basés sur des principes similaires.
Les chercheurs souhaitent maintenant valider ces techniques au sein d’études cliniques prospectives et réaliser davantage de travaux intégrant l’analyse des fragments avec des biomarqueurs protéiques et des facteurs de risque standard. Tandis que ces avancées se dessinent, les recommandations actuelles de dépistage demeurent, en particulier pour les personnes ayant des antécédents de maladie hépatique ou d’autres facteurs de risque.
Zachariah Foda, membre du corps professoral en médecine à Johns Hopkins et co-auteur principal de l’étude, a affirmé que les fragments d’ADN contiennent une richesse d’informations au-delà de la simple détection du cancer. Ils permettent d’identifier leur origine et les transformations qu’ils subissent durant le développement tumoral, offrant ainsi une meilleure compréhension de la biologie de la maladie et améliorant notre capacité à la détecter.
FAQ
Qu’est-ce que le test DELFI ?
Le test DELFI est un outil de dépistage sanguin utilisant l’intelligence artificielle pour détecter le cancer du foie en analysant des fragments d’ADN libre dans le sang.
Qui peut bénéficier de ce test ?
Principalement les personnes à haut risque, notamment celles ayant des antécédents de maladies hépatiques, d’obésité, ou d’autres facteurs de risque associés au cancer du foie.
Ce test est-il déjà disponible ?
Bien que le test ait montré des résultats prometteurs, des validations cliniques prospectives sont encore nécessaires avant qu’il ne soit largement accessible.
Quelle est l’importance de la détection précoce du cancer du foie ?
La détection précoce augmente les options de traitement disponibles et peut améliorer les taux de survie, car les cancers du foie sont plus difficiles à traiter à des stades avancés.
Quelles autres applications pourrait avoir cette technologie ?
Les chercheurs envisagent d’utiliser cette technologie non seulement pour le cancer du foie, mais aussi pour d’autres maladies, comme le cancer du poumon et des maladies hépatiques préalables comme la fibrose et la cirrhose.
