Crédit photo : Gazel Research Group
Des scientifiques de New York conçoivent une bactérie capable de capturer les polluants atmosphériques et de libérer des métaux pour batteries.
- by Équipe de ADGO.ca
- 21 août 2026
Sommaire
ToggleDes scientifiques de Cornell modifient une bactérie pour capturer le CO₂ et fournir des métaux précieux
Des chercheurs de l’Université Cornell ont réussi à modifier une bactérie afin d’accélérer la décomposition des roches ultramafiques, favorisant ainsi une réaction naturelle qui pourrait faciliter la capture du dioxyde de carbone (CO₂). Cette méthode innovante permet également de libérer des métaux tels que le cobalt et le nickel, suggérant une synergie potentielle entre les efforts de lutte contre le changement climatique et l’approvisionnement en métaux essentiels pour l’industrie.
Ce qu’il faut retenir
Selon une étude récemment publiée dans Scientific Reports, relayée par Phys.org, les scientifiques ont modifié la souche de Gluconobacter oxydans afin d’augmenter la vitesse de dégradation des minéraux ultramafiques, riches en magnésium et fer. Pendant ce processus de décomposition, du cobalt et du nickel sont relâchés, tandis que le magnésium soluble se transforme en oxalate de magnésium.
La décomposition est un processus naturel déjà présent sur Terre pour réduire le CO₂ dans l’atmosphère, mais son rythme est généralement trop lent pour avoir un impact significatif sur le climat à court terme. En utilisant une bactérie pour accélérer cette réaction chimique, les chercheurs envisagent de transformer ce processus planétaire en un outil efficace contre le changement climatique.
D’autre part, les métaux libérés durant la dégradation sont cruciaux. Le cobalt et le nickel sont largement utilisés dans les batteries des véhicules électriques. Ainsi, les récupérer comme sous-produits pourrait rendre les solutions de capture de carbone plus économiquement viables, tout en diminuant notre dépendance à l’exploitation minière traditionnelle.
Contexte supplémentaire
Cette étude souligne que les problèmes liés à l’accumulation de CO₂ et à la fourniture de matériaux nécessaires aux batteries ne devraient pas être traités comme des enjeux distincts. Si une solution technologique peut offrir des bénéfices sur les deux fronts, elle pourrait être plus facilement justifiable sur le plan économique comparativement à une stratégie de séquestration de carbone qui ne produit aucun avantage supplémentaire.
Les roches ultramafiques, lourdes en magnésium et fer, suscitent un intérêt accru pour ce type de recherche. Les expériences réalisées à Cornell ont non seulement montré que la microbe modifiée a accéléré la dissolution de ces minéraux, mais aussi qu’elle a facilité la formation d’oxalate de magnésium à partir du magnésium dissous, soulignant une voie potentielle pour la capture du CO₂. De meilleures méthodes d’élimination du carbone pourraient accompagner les efforts de réduction des émissions alors que les communautés et les industries s’efforcent de réduire les risques climatiques.
Quelles recherches sont menées actuellement ?
La plupart des travaux se déroule encore en laboratoire. Les résultats de Cornell démontrent que des microbes modifiés peuvent influencer la dégradation des minéraux d’une manière qui pourrait être bénéfique, à la fois pour la gestion du carbone et la récupération de minéraux critiques. Toutefois, cette recherche en phase préliminaire doit surmonter plusieurs défis avant d’être mise en œuvre à grande échelle.
Les scientifiques devront évaluer la fiabilité du processus en dehors des environnements contrôlés, la quantité de carbone qu’il pourrait réellement capturer, et l’efficacité avec laquelle les métaux récupérés peuvent être extraits pour les chaînes d’approvisionnement des batteries.
FAQ
Quelles avancées peuvent être attendues grâce à cette recherche ?
Cette recherche pourrait potentiellement révolutionner la manière dont nous gérons le CO₂ en fournissant à la fois des solutions écologiques et des matériaux essentiels pour l’industrie.
Comment cette technologie pourrait-elle être appliquée à l’échelle industrielle ?
Une fois les tests en laboratoire concluants, des essais sur le terrain devront être réalisés pour évaluer la viabilité économique et environnementale de l’utilisation de ces microbes dans des environnements industriels.
Y a-t-il des risques environnementaux associés à cette approche ?
Comme pour toute technologie nouvelle, une évaluation approfondie des impacts environnementaux potentiels sera nécessaire pour garantir que les bénéfices surpassent les risques potentiels.
À quel moment pouvons-nous espérer voir des résultats concrets ?
Il est difficile de prévoir un calendrier exact, mais les chercheurs estiment qu’une phase de test à grande échelle pourrait commencer dans quelques années, en fonction des résultats des études en laboratoire.
Cette méthode pourrait-elle remplacer l’exploitation minière traditionnelle ?
Bien que cette approche offre une alternative prometteuse pour récupérer des métaux, elle ne remplacera pas complètement l’exploitation minière actuelle, mais pourrait la compléter de manière significative.
