Une étude effectuée par des chercheurs de l’Université de Nanjing, publiée dans la revue **Eco-Environment & Health** le 19 janvier 2026, a mis en lumière un fait surprenant : tous les **microplastiques** n’agissent pas de la même manière lorsqu’ils pénètrent dans les sols agricoles.
Dans leurs recherches sur le **pak choi**, les scientifiques ont observé que l’exposition à un type de plastique couramment utilisé provoquait une augmentation des substances appelées **PFAS**, souvent désignées comme des “produits chimiques éternels”. En revanche, les particules de l’usure des pneus étaient liées à une absorption réduite de ces substances par les plantes.
Ce qu’il faut retenir
Selon **Newswise**, cette étude a été réalisée par l’équipe du **State Key Laboratory of Water Pollution Control and Green Resource Recycling** de l’Université de Nanjing. Les chercheurs ont exposé du pak choi à dix composés de PFAS, en parallèle avec trois types de microplastiques : **PVC**, **PLA**, et **TWP**. L’article, détaillant ces résultats, a été publié le 19 janvier 2026 dans **Eco-Environment & Health**.
Parmi les matériaux testés, le **PVC** a provoqué l’augmentation la plus nette des niveaux de PFAS. Les feuilles de pak choi ont affiché des niveaux de PFAS de 1,31 à 1,70 fois plus élevés à chaque dosage, même à la concentration de 0,01%, qui correspond selon les chercheurs à la fourchette supérieure des concentrations observées dans les sols agricoles.
À l’inverse, les particules issues de l’usure des pneus ont montré un effet inverse, entraînant une réduction de l’accumulation de PFAS dans les feuilles de 37,4 % à 54,1 %. Ce phénomène est en partie attribué à une adsorption accrue de PFAS et aussi à une baisse de la croissance et de la transpiration. À la dose la plus élevée, les particules TWP ont diminué la transpiration à seulement 73 % de celle des plants témoins.
Quand le sol contient des PFAS, ces substances peuvent pénétrer dans les cultures comestibles, devenant ainsi une source d’exposition alimentaire.
Ces résultats soulèvent des questions importantes : le terme “microplastiques” englobe une variété de substances, mais il est trop général pour constituer un label de risque unique, car chaque polymère peut influencer la manière dont les contaminants se déplacent dans les systèmes alimentaires de différentes manières.
Contexte additionnel
Les PFAS sont des produits chimiques synthétiques persistants, prisés pour leur résistance à l’eau et à l’huile, présents dans de nombreux produits industriels et de consommation. Les microplastiques se retrouvent dans les sols agricoles via diverses sources : bâchage en plastique, irrigation par eaux usées, boues d’épuration, dépôt atmosphérique et usure des pneus.
Cette recherche suggère que le PVC pourrait faciliter la migration des PFAS vers les tissus comestibles des plantes en modifiant le transport interne d’eau, des processus liés à des gènes d’aquaporines.
Le **PLA**, souvent présenté comme un substitut biodégradable, a montré peu d’impact global sur l’accumulation de PFAS.
Cependant, les chercheurs ont noté que le PLA a tout de même induit un stress de croissance et métabolique, les différents effets sur l’absorption des PFAS s’équilibrant largement les uns les autres.
Cela pose un problème plus large de sécurité alimentaire où le mélange de contaminants pourrait importé autant que la présence d’un seul polluant.
Que peut-on faire ?
Ces découvertes soulignent la nécessité d’une **surveillance ciblée des sols**, notamment dans les zones agricoles où la contamination par les PFAS et les résidus plastiques coexistent.
Les agriculteurs et gestionnaires de terres devraient porter une attention accrue aux intrants plastiques et aux sites de culture. Les particules issues de l’usure des pneus peuvent s’accumuler dans les sols routiers et industriels, tandis que les résidus de PVC pourraient augmenter le risque que les PFAS atteignent des plantes comestibles.
Les chercheurs estiment que des travaux futurs devraient explorer d’autres cultures, les pollutions mixtes par plastiques, et les conditions de terrain en dehors du laboratoire. De telles études pourraient contribuer à élaborer des stratégies plus efficaces pour prévenir l’entrée simultanée des PFAS et des microplastiques dans la chaîne alimentaire.
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FAQ
Quels sont les effets des PFAS sur la santé humaine ?
Les PFAS sont associés à divers effets néfastes sur la santé, notamment des problèmes hormonaux, des maladies du foie, et un risque accru de certains cancers.
Comment les microplastiques affectent-ils l’environnement ?
Les microplastiques peuvent altérer les écosystèmes en contaminant les sols et l’eau, perturbant la chaîne alimentaire, et affectant la santé des espèces sauvages.
Quelles solutions existent pour réduire la contamination par les PFAS ?
Des réglementations strictes, une meilleure gestion des déchets, et le développement de matériaux alternatifs peuvent aider à réduire l’utilisation et l’émission de PFAS.
Quels types de cultures sont les plus vulnérables à la contamination par les microplastiques et les PFAS ?
Les cultures à feuilles vertes, comme la laitue et le pak choi, ainsi que les fruits et légumes à peau fine, sont particulièrement susceptibles d’absorber ces contaminants.
En quoi est-il important de surveiller les résidus plastiques dans l’agriculture ?
Une surveillance adéquate permet de protéger la santé des consommateurs et de maintenir la sécurité alimentaire en réduisant les risques de contamination des aliments.
