Des inquiétudes grandissantes autour des centres de données au Colorado
Les communautés du Colorado commencent à se montrer prudentes face à l’impact potentiel des centres de données sur la demande d’électricité, les ressources en eau, la pollution, et les incitations fiscales pour les contribuables. Cette situation incite plusieurs municipalités à réévaluer le rythme de développement de ces projets.
Que s’est-il passé ?
Récemment, des villes comme Denver, le comté de Jefferson, et Longmont ont pris des mesures pour ralentir l’avancée des nouvelles propositions de centres de données. Par exemple, Longmont a établi une restriction de 100 mégawatts sur les nouvelles demandes pour dissuader les projets de grande envergure, souvent appelés « hyperscale ». De son côté, Denver a décidé de mettre en pause pendant un an l’octroi de nouveaux permis pour ces infrastructures, tandis que le comté de Jefferson a suspendu toute approbation de zonage ou de développement pour les projets qui n’étaient pas déjà en cours.
Ces initiatives locales font suite à une session législative en 2026 durant laquelle les législateurs du Colorado n’ont pas réussi à mettre en place des règles à l’échelle de l’État concernant ces centres. Une des propositions visait à instaurer des incitations fiscales pour attirer des investisseurs, mais celle-ci, tout comme une autre qui aurait obligé les nouvelles installations à recourir à des énergies renouvelables, n’a pas abouti à cause de pressions lobbying.
Le projet le plus controversé à Denver concerne le développement en trois phases de CoreSite dans le quartier Globeville-Elyria-Swansea. Actuellement, la première phase consomme environ 18 mégawatts, tandis que l’ensemble du projet nécessitera entre 65 et 75 mégawatts du réseau d’Xcel Energy.
Pourquoi est-ce important ?
Avec l’expansion de l’intelligence artificielle (IA), l’attention sur les centres de données s’intensifie. En effet, les capacités de calcul nécessaires pour faire fonctionner les modèles d’IA demandent des quantités massives d’électricité et de refroidissement. Toutefois, bien que l’IA puisse apporter des avantages notables — comme aider les entreprises à prédire la demande énergétique, à améliorer l’efficacité du réseau, et à mieux gérer les systèmes d’énergie propre — les critiques mettent en garde contre des conséquences néfastes. Ils évoquent notamment une augmentation de la consommation d’électricité et d’eau, d’éventuelles hausses des tarifs des services publics, et la pollution engendrée par des centrales qui fonctionnent avec des sources d’énergie non renouvelables, comme le gaz, le pétrole, et le charbon.
Les groupes environnementaux interprètent les moratoires instaurés par certaines localités comme le reflet d’un manque de régulation à l’échelle étatique. Howard Geller, fondateur du Southwest Energy Efficiency Project, a déclaré que les centres de données ne devraient pas bénéficier d’une clémence injustifiée.
Des projets comme Project Jupiter proposé par Oracle au Nouveau-Mexique, qui pourrait générer 2 500 mégawatts et émettre jusqu’à 10 millions de tonnes de CO2 par an, suscitent également des inquiétudes. Colin Cox, du Center for Biological Diversity, a qualifié le projet de « stupide en termes de taille ». D’autres projets à grande échelle, comme un centre de données alimenté au gaz en Utah, sont également à l’étude.
Les critiques craignent que, même si les régulations sur l’énergie propre du Colorado s’appliquent principalement aux services publics réglementés, un projet hors réseau pourrait voir le jour sans entrave.
Geller a résumé la situation en déclarant que « la demande croissante en puissance de calcul est pressante ; elle ne peut plus attendre ».
Que disent les acteurs du secteur ?
Les représentants de l’industrie estiment que ces moratoires envoient un signal négatif en fermant la porte au développement. Dan Diorio, vice-président des politiques de l’État pour la Data Center Coalition, a affirmé que ces décisions pourraient donner l’impression que la région n’est plus propice aux affaires.
Cependant, les défenseurs des consommateurs et de l’environnement militent pour des règles plus strictes concernant ces installations. Perry Wheeler, porte-parole d’Earthjustice, a souligné l’importance d’impliquer les consommateurs résidentiels dans les discussions qui pourraient influencer leurs factures d’électricité.
FAQ
Quelles sont les conséquences possibles des centres de données sur les services publics ?
La croissance des centres de données pourrait entraîner une augmentation de la demande énergétique, ce qui pourrait se traduire par des hausses de tarifs pour les consommateurs.
Comment les gouvernements locaux réagissent-ils à ces préoccupations ?
De nombreuses municipalités, comme Denver et Longmont, mettent des moratoires en place ou ralentissent l’approbation des projets pour examiner les effets sur les ressources et l’environnement.
Existe-t-il des mesures pour rendre ces projets plus durables ?
Oui, des propositions de lois envisagent d’obliger les nouvelles installations à utiliser des énergies renouvelables, mais celles-ci ont souvent échoué en raison de lobbying.
Quel est le rôle de l’intelligence artificielle dans cette discussion ?
L’IA nécessite d’importantes ressources en énergie et en refroidissement, ce qui accroît la pression sur l’infrastructure existante.
Quelles alternatives sont proposées pour répondre à la demande croissante de données ?
Des initiatives visant à intégrer davantage de technologies vertes et à promouvoir l’efficacité énergétique sont explorées pour minimiser l’impact des centres de données sur l’environnement.
