Conflit croissant autour des robots de livraison au Royaume-Uni
La montée en puissance des robots de livraison sur les trottoirs du Royaume-Uni suscite un vif débat. Cette situation soulève une question essentielle : les espaces publics devraient-ils d’abord être conçus pour des services technologiques rapides ou pour les citoyens qui dépendent de trottoirs sûrs et accessibles au quotidien ?
Préoccupations des usagers
Selon un article du journal The Independent, des militants appellent à interdire ces machines sur les trottoirs, pointant du doigt les risques encourus par les piétons, notamment les personnes en situation de handicap. Ces robots ont été introduits dans un contexte où aucune réglementation claire n’existait encore pour encadrer leur utilisation sur les trottoirs.
L’association Living Streets exige que les robots de livraison autonomes soient retirés des trottoirs jusqu’à ce que des lois de sécurité soient mises en place afin de protéger les piétons, en particulier ceux dont la mobilité est réduite. Actuellement, ces dispositifs, équipés de six roues, sont déjà opérationnels dans plusieurs villes comme Leeds, Milton Keynes, Bristol et Manchester, pouvant avancer à une vitesse maximale de 6 km/h.
L’absence de réglementation
La croissance rapide de cette technologie s’effectue dans un vide réglementaire. La législation sur la circulation routière au Royaume-Uni ne prévoit pas de cadre spécifique pour les dispositifs de livraison personnels, permettant ainsi aux entreprises de fonctionner sans règles précises concernant l’utilisation des trottoirs. Cette situation amplifie l’inquiétude chez les usagers souvent confrontés à des obstacles dans les espaces publics.
Les résultats d’un sondage de YouGov montrent un large soutien du public en faveur d’une interdiction totale des robots de livraison sur les trottoirs : 60 % des personnes interrogées approuvent cette mesure. Tanya Braun, directrice des affaires externes chez Living Streets, a déclaré : « Nos trottoirs ne doivent pas être marchandisés et doivent rester accessibles aux personnes. Les robots de livraison mettent en danger les piétons et posent des problèmes d’accessibilité. »
Le vécu des personnes handicapées
Pour les personnes en situation de handicap, ce débat n’est pas abstrait. Dr. Amit Patel, qui a perdu la vue en 2013, a rapporté que ces robots affectaient le comportement de son chien guide. « Si vous êtes capable de voir, de marcher ou d’entendre, vous ne serez probablement pas touché par les robots de livraison », a-t-il déclaré. « Mais pour ceux d’entre nous qui se battent pour retrouver leur indépendance, c’est un obstacle supplémentaire. » Il met en garde contre la réduction de l’accessibilité dans les rues, qui pousse les personnes vulnérables à quitter les espaces publics.
Les utilisateurs de fauteuils roulants ont également fait part de leur expérience, soulignant que bien souvent, les trottoirs sont déjà étroits ou encombrés. Ben Foley, responsable des campagnes chez Wheels for Wellbeing, a exprimé des inquiétudes quant au fait que de nombreux handicapés pourraient se retrouver bloqués dans leurs déplacements, accédant difficilement aux arrêts de bus, aux commerces locaux ou aux établissements publics.
Initiatives en cours
En réponse à ce souci, Living Streets a adressé une lettre à la secrétaire aux Transports, Heidi Alexander, demandant la suspension des opérations commerciales de robots jusqu’à ce qu’une législation sur la sécurité soit en place. Cependant, les entreprises du secteur rétorquent qu’une interdiction totale pourrait engendrer des conséquences négatives.
Un porte-parole de Starship Technologies, une entreprise majeure dans le secteur, a affirmé que “nous convenons qu’il est nécessaire de réglementer les robots de trottoirs. Mais cette réglementation ne devrait pas freiner l’innovation, la création d’emplois et la réduction des émissions de carbone. Il est primordial de garantir que les opérations soient sûres et accessibles tout en impliquant les communautés locales dans les décisions qui les concernent.”
Le Ministère des Transports a annoncé vouloir créer une nouvelle catégorie légale pour les “véhicules à faible vitesse et zéro émission” et mener des tests pour étudier comment les robots de trottoir et les piétons peuvent partager l’espace en toute sécurité. Un porte-parole gouvernemental a précisé : « Tout le monde doit pouvoir utiliser nos trottoirs en toute sécurité, et même si nous accueillons les innovations, il est essentiel de placer la sécurité des piétons et des utilisateurs vulnérables au premier plan. »
Que peut-on apprendre de plus sur les robots de livraison ?
Des histoires se rapportant aux robots de livraison, aux systèmes d’expédition pour le dernier kilomètre et à d’autres robots dans les espaces publics émergent.
- À Los Angeles, Serve Robotics élargit son réseau de livraison alimentaire autonome sur les routes urbaines.
- Des chercheurs testent un système hybride qui associe des vans à des robots de livraison pour améliorer l’efficacité.
- Pipedream construit des tubes de livraison robotiques souterrains pour acheminer des colis sous les quartiers.
- Dans une usine de recyclage moderne, des robots intelligents trient différents matériaux avec une grande précision.
- Sur les plages publiques, le BeBot utilise une technologie de sablage autonome pour ramasser les débris.
FAQ
Quels sont les principaux arguments pour interdire les robots de livraison sur les trottoirs ?
Les militants affirment que ces robots posent des risques pour la sécurité des piétons, notamment ceux ayant des difficultés ou des handicaps, en rendant les trottoirs moins accessibles.
Quelles mesures le gouvernement envisage-t-il pour réglementer ces dispositifs ?
Le gouvernement britannique prévoit de tester des solutions qui permettraient aux robots de livraison de partager l’espace avec les piétons en toute sécurité, ce qui pourrait mener à des lois spécifiques.
Y a-t-il des exemples d’autres villes qui ont déjà réglementé l’utilisation des robots de livraison ?
Oui, certaines villes du monde ont mis en place des règles pour encadrer l’utilisation des robots de livraison, en établissant des priorités pour les piétons et en assurant leur sécurité.
Quelle est la vitesse maximale à laquelle ces robots peuvent se déplacer ?
Les robots de livraison sont capables d’atteindre une vitesse maximale de 6 km/h lors de leurs opérations.
Comment les personnes en fauteuil roulant réagissent-elles à ce phénomène ?
De nombreux utilisateurs de fauteuils roulants soulignent déjà les problèmes d’accessibilité causés par l’étroitesse des trottoirs et craignent que ces robots ne les bloquent encore davantage dans leurs déplacements quotidiens.
