Crédit photo : Université de Tübingen
Les archéologues de l’Université de Tübingen en Allemagne ont récemment découvert, à la fin du mois de juillet, deux petites sculptures représentant des oiseaux datant de l’Ère glaciaire. Ces figurines, si petites qu’elles pourraient tenir sur un ongle, sont en ivoire de mammouth et ont environ 40 000 ans.
Ces œuvres d’art antique témoignent des manières dont les premiers humains modernes observaients les animaux et utilisaient l’art pour exprimer leurs idées et leurs émotions. Les fouilles ont eu lieu dans la caverne de Hohle Fels, dans la région du Jura souabe, reconnue par l’UNESCO pour avoir produit certaines des plus anciennes formes d’art figuratif au monde.
Détails des découvertes
Les deux sculptures proviennent de la même couche archéologique aurignacienne et sont éloignées d’environ 1,5 mètre. Selon SciTechDaily, elles mesurent environ 2 x 1 x 0,5 centimètres, ce qui les rend moins grandes que de nombreuses autres figurines de cette époque, qui peuvent atteindre jusqu’à 9 centimètres. Les figurines semblent illustrer les oiseaux dans une posture de couvée, tandis que l’une des sculptures incomplètes montre des ailes déployées, suggérant un mouvement, et donc potentiellement un vol ou un atterrissage.
Nicholas Conard, professeur à l’Université de Tübingen et directeur des fouilles, a souligné que ces sculptures démontrent le savoir-faire des premiers artistes, capables de sculpter des motifs délicats. Ce niveau de détail suggère que ces représentations dépassent le simple schéma d’un oiseau, fournissant aux chercheurs des indices sur la posture, l’anatomie, et même des pistes sur les espèces représentées.
Compréhension des comportements aviaires
Ces sculptures ne se limitent pas à la forme des oiseaux, mais semblent également capturer leur comportement. Les chercheurs insinuent qu’une des figurines pourrait représenter un oiseau protégeant ses œufs, tandis que l’autre pourrait évoquer le mouvement. Bien qu’il soit difficile de définir précisément les espèces, le premier oiseau est éventuellement similaire à un lagopède, un oiseau bien documenté dans les vestiges trouvés dans la région de Hohle Fels. Le second oiseau pourrait également être un lagopède, ou éventuellement un tétra ou un rapace.
Ces découvertes portent le total à trois sculptures délicatement travaillées provenant de cette caverne, alors que d’autres sites d’art préhistorique dans la région n’en ont produit aucune. Cette concentration pourrait indiquer que les représentations d’oiseaux revêtaient une signification particulière dans cette caverne, que cela soit d’ordre spirituel, personnel ou social.
Stefanie Kölbl, directrice générale de l’association urmu, a commenté que 40 000 ans en arrière, les oiseaux étaient déjà présents, remplissant l’air de leurs chants et participant à des migrations annuelles vers la région.
Impact de cette découverte
La découverte de ces figurines offre une nouvelle perspective sur la créativité, le symbolisme, et les relations des premiers humains avec la faune locale. Étant donné que les sculptures ont été trouvées dans la même couche et à proximité l’une de l’autre, les archéologues envisagent la possibilité qu’elles aient été réalisées par le même artiste.
Enfin, ces figurines sont désormais exposées au Musée de la préhistoire et de l’art de l’ère glaciaire à Blaubeuren, en Allemagne, dans le cadre d’une exposition spéciale qui durera jusqu’au 4 avril 2027.
FAQ
Quelles compétences étaient nécessaires pour réaliser ces sculptures ?
Les artistes de l’époque de l’Aurignacien étaient des artisans qualifiés, capables de travailler l’ivoire avec précision pour créer des motifs complexes en miniature.
Comment ces figurines ont-elles été conservées pendant des milliers d’années ?
Ces sculptures ont été préservées grâce à des conditions géologiques favorables dans la caverne, limitant leur exposition aux éléments qui peuvent dégrader l’ivoire.
Existe-t-il d’autres exemples d’art figuratif de cette période ?
Oui, d’autres sites dans la région du Jura souabe ont livré des sculptures et des peintures rupestres qui témoignent de la créativité humaine durant l’Époque préhistorique.
Comment ces découvertes sont-elles utilisées dans la recherche actuelle ?
Les archéologues et les anthropologues utilisent ces figurines pour mieux comprendre les croyances, les pratiques artistiques et les interactions humaines avec la nature à cette époque lointaine.
Peut-on visiter les sites de fouilles ?
Les lieux de fouilles ne sont généralement pas ouverts au public, mais des expositions comme celle au Musée de Blaubeuren permettent de découvrir ces trésors archéologiques.
