Une étude parue dans Scientific Reports révèle qu’au Sénégal, les agriculteurs ont trouvé une méthode innovante pour se défendre contre les ravages causés par les essaims de criquets. En cultivant des plantes peu appétissantes pour ces insectes, ils parviennent à limiter les dégâts sur leurs récoltes.
Pour cela, une équipe de recherche de l’Université Gaston Berger et de l’Université d’État de l’Arizona a collaboré avec une centaine de cultivateurs des régions de Gossas et de Gniby. Les participants ont planté du mil dans des parcelles jumelées. L’une des parcelles a été traitée avec un engrais riche en azote, tandis que l’autre a servi de témoin.
Les résultats ont été frappants : les champs traités présentaient beaucoup moins de nuisibles, moins de dégâts sur les végétaux et des récoltes qui ont plus que doublé. Cette stratégie repose sur le principe de modifier la composition nutritionnelle des cultures.
Les criquets et leurs proches parents, les sauterelles, privilégient les aliments riches en glucides et pauvres en protéines pour accumuler de l’énergie avant la reproduction et lors de longs déplacements. En enrichissant le sol en azote, la teneur en protéines des plantes augmente alors que leur contenu en glucides diminue. Ainsi, les criquets évitent de s’attaquer à ces cultures nouvellement enrichies.
Cette découverte pourrait apporter un soulagement à de nombreuses communautés agricoles à travers le monde, confrontées aux infestations de criquets. Dans l’Ouest américain, les épidémies de criquets, de sauterelles et de grillons coûtent environ 1,2 milliard de dollars par an aux éleveurs. Les recherches suggèrent que plutôt que de compter sur les pesticides, l’amélioration de la qualité du sol pourrait préserver les récoltes et les écosystèmes locaux.
D’autres chercheurs explorent actuellement l’usage du compost comme alternative moins coûteuse, permettant ainsi aux agriculteurs de rester dans des budgets serrés tout en adoptant cette méthode respectueuse de l’environnement.
Arianne Cease, directrice de l’Initiative mondiale sur les criquets de l’ASU, a souligné à Popular Science que les épidémies de criquets constituent un défi mondial complexe et très impactant. Elle met en lumière comment nos actions humaines influencent le comportement de ces essaims, à travers notre gestion des paysages et l’impact de nos choix climatiques.
Il existe un mythe, souvent renforcé par notre histoire religieuse, selon lequel les criquets seraient des fléaux annonciateurs de nos erreurs. Pourtant, ils sont simplement des insectes agissant selon leurs instincts, et leur fréquentation est largement influencée par nos pratiques agricoles.
## FAQ
#### Quelle est l’importance de l’azote pour les cultures ?
L’azote est essentiel pour la croissance des plantes, car il favorise la formation de protéines, ce qui peut rendre les cultures moins attractives pour certains insectes ravageurs.
#### Comment les agriculteurs peuvent-ils mettre en œuvre cette méthode ?
En ajoutant des engrais azotés à leur sol, les agriculteurs peuvent transformer leurs cultures et améliorer la résistance face aux criquets tout en maximisant leurs rendements.
#### Quelles autres cultures peuvent être adaptées pour lutter contre les infestations de criquets ?
D’autres grains comme le sorgho et le maïs peuvent également être cultivés avec un apport d’azote pour les rendre moins attrayants aux criquets.
#### Les pratiques agricoles durables peuvent-elles vraiment faire une différence ?
Oui, diffuser de telles pratiques peut non seulement préserver les récoltes, mais aussi protéger la biodiversité et les écosystèmes tout en répondant aux défis environnementaux actuels.
#### Existe-t-il des initiatives pour soutenir les agriculteurs dans cette transition ?
Oui, divers programmes de recherche et organisations fournissent conseils et assistance pour aider les agriculteurs à adopter des méthodes de culture durables.
