Les responsables de l’eau au Kentucky ont observé une augmentation préoccupante d’une substance chimique dans l’eau potable locale, comme l’a rapporté NPR. Leur démarche pour résoudre ce problème a également mis en lumière l’ampleur du favoritisme dont bénéficient certaines entreprises.
Que se passe-t-il ?
En décembre dernier, la compagnie des eaux de Louisville a détecté une « augmentation soudaine » des niveaux d’HFPO-DA, une substance chimique présente dans l’eau potable. Connue sous le nom de GenX, cette substance fait partie de plusieurs fluorochimies synthétiques utilisées pour fabriquer des polymères et appartient à la catégorie des PFAS, souvent désignés comme des « produits chimiques éternels ».
Comme son nom l’indique, les PFAS sont conçus pour être durables, ce qui signifie qu’ils se décomposent très lentement tant dans l’environnement que dans le corps humain. La Louisville Water Company puise son eau dans le fleuve Ohio, et les niveaux de HFPO-DA y ont augmenté de 15 fois par rapport au mois précédent. Les PFAS sont mesurés en parties par trillion, un chiffre qu’a qualifié de difficile à appréhender par Peter Goodman, directeur de la qualité de l’eau à la ville.
« Une partie par trillion, c’est comme une seconde dans 32 800 ans. Essayez de vous représenter cela », a-t-il expliqué. Après investigation, Goodman et ses collègues ont découvert que l’origine de cette contamination était une usine de Chemours située à plusieurs centaines de kilomètres en Virginie-Occidentale. L’entreprise avait reçu l’autorisation de décharger certaines substances dans le fleuve, mais l’Agence de protection de l’environnement (EPA) a reconnu que l’usine avait « régulièrement dépassé les limites légales au fil des années ».
Pourquoi est-ce préoccupant ?
Lors d’une interview, Nick Hart de l’Alliance des voies navigables du Kentucky a soulevé le fait que le concept même de la contamination légalisée est problématique. « Obtenir un permis environnemental, c’est comme avoir une licence pour polluer. Cela permet à quelqu’un d’introduire des substances dans l’air, l’eau ou le sol, alors que ces substances ne devraient pas y être », a-t-il déclaré.
Hart a également remis en question l’usage du terme sûr, soulignant que cette terminologie est trompeuse. Selon Goodman, les PFAS n’entrent pas dans le corps uniquement via l’eau potable; ils peuvent également provenir des emballages, des aliments préparés et d’autres produits courants, ce qui illustre la nature omniprésente de ces substances chimiques. Des études ont révélé que 99 % des Américains, y compris des nouveau-nés, présentent des traces de PFAS dans leur sang, démontrant ainsi l’ampleur de cette pollution.
Les produits chimiques éternels sont associés à des problèmes de santé graves, tels que des dommages au foie, des troubles de la thyroïde, des complications reproductives et même des cas de cancer.
Quelles actions sont entreprises ?
NPR a mentionné qu’il est possible d’éliminer les PFAS de l’eau potable, mais que cette méthode est coûteuse. Hart a souligné que les entreprises pourraient également choisir de ne pas déverser de PFAS dans les systèmes d’eau publique, afin de ne pas faire peser le coût de la dépollution sur le contribuable.
« C’est bien plus simple et moins onéreux d’empêcher la pollution de se produire que de devoir l’éliminer après coup », a-t-il observé. Judith Enck, ancienne responsable à l’EPA et fondatrice de Beyond Plastics, a partagé un point de vue similaire lors d’un podcast. Elle a souligné que ce sont les citoyens, et non les pollueurs, qui paient pour les systèmes de filtration de l’eau.
À l’échelle locale, la West Virginia Rivers Coalition a décidé d’intenter un procès contre Chemours en raison d’un prétendu schéma de violations.
FAQ
Qu’est-ce que le GenX et pourquoi est-il problématique ?
GenX est une substance chimique classée comme un PFAS, réputée pour sa dureté et sa persistance dans l’environnement. Elle présente des risques notables pour la santé humaine.
Comment les PFAS affectent-ils la santé ?
Les recherches montrent que l’exposition aux PFAS peut entraîner de nombreuses pathologies, y compris des maladies hépatiques, des désordres thyroidiens, des problèmes reproductifs et un risque accru de cancer.
Quelles mesures peuvent être prises pour réduire l’exposition aux PFAS ?
Il est recommandé de surveiller l’eau potable et de privilégier des systèmes de filtration performants. Les consommateurs peuvent aussi rechercher des produits sans PFAS, particulièrement dans les emballages.
Existe-t-il des alternatives aux produits chimiques éternels ?
De nombreuses entreprises s’orientent vers des alternatives plus sûres pour la production de matériaux sans PFAS. Toutefois, la réglementation doit évoluer pour encourager cette transition.
Que peuvent faire les collectivités pour lutter contre la pollution par les PFAS ?
Les collectivités peuvent mettre en œuvre des politiques de protection de l’eau, sensibiliser le public et encourager des pratiques durables chez les entreprises pour réduire la détection de PFAS dans l’eau.
