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La première centrale nucléaire de Turquie : 10 % de l’électricité nationale entre les mains russes

La première centrale nucléaire de Turquie : 10 % de l'électricité nationale entre les mains russes

Le projet de la première centrale nucléaire en Turquie

La Turquie s’apprête à construire sa première centrale nucléaire grâce à un projet d’environ 25 milliards de dollars, qui devrait répondre à environ 10 % des besoins en électricité du pays. Ce qui est particulier dans cette initiative, c’est l’implication notable de Rosatom, l’entreprise d’État russe, qui est responsable de tous les aspects, de la conception à l’exploitation.

Informations clés sur le projet

Comme l’explique The B1M dans une vidéo sur YouTube, le site de la centrale d’Akkuyu se situe sur la côte méditerranéenne, dans la province de Mersin, à environ 500 kilomètres au sud d’Ankara. Cette installation sera composée de quatre réacteurs, ayant une capacité totale de 4,8 gigawatts et produisant près de 35 milliards de kilowattheures par an. Le premier réacteur devrait commencer son activité d’ici fin 2026, comme l’a souligné Fred Mills dans la vidéo.

La demande énergétique de la Turquie augmente rapidement. Selon les chiffres de l’Agence Internationale de l’Énergie, la Turquie connaît la croissance la plus rapide de la demande d’électricité parmi ses 32 pays membres. Actuellement, le pays doit encore importer presque 75 % de son énergie, dont plus d’un tiers provient du charbon.

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L’originalité de ce projet réside également dans sa structure financière et opérationnelle. Conformément au modèle « construire-détenir-exploiter », Rosatom n’est pas seulement en charge de la construction. En effet, l’entreprise assure le financement du projet, la fourniture de combustible, la gestion des déchets et détient une majorité des parts.

Historique et contexte

Le long parcours qui a conduit à Akkuyu illustre l’ampleur des défis que la Turquie a rencontrés dans ce domaine. Depuis les années 1970, le pays a tenté de développer un projet nucléaire, mais le partenariat avec la Russie n’a été signé qu’en 2010. Les travaux de construction ont débuté en 2018 avec un objectif initial d’achèvement pour 2023.

L’ingénierie du projet est axée sur la sécurité, notamment en ce qui concerne la confinement et la réponse aux urgences. Chaque réacteur, d’un potentiel de 1,2 gigawatt, dispose de structures de confinement robustes, associant béton armé et acier, permettant ainsi de sécuriser le matériel radioactif. De plus, un système de noyau passif a été intégré : en cas de chute de pression, une solution d’acide borique est automatiquement injectée dans le réacteur.

Étant donné que le site est en zone sismique, des mesures de sécurité supplémentaires ont été nécessaires. Les concepteurs ont construit un brise-lame pour protéger les systèmes de refroidissement contre les inondations, les tempêtes et les tsunamis. Chaque bâtiment de réacteur est érigé sur une dalle conçue pour résister aux tremblements de terre.

Les implications politiques autour de ce projet sont conséquentes, en particulier parce que la Turquie, membre de l’OTAN, pourrait voir la Russie contrôler une part importante de ses ressources énergétiques pendant 60 ans.

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État d’avancement et préparation

L’ouvrage progresse sur les différentes unités du site. À l’horizon mi-2026, des équipes installaient l’un des 16 générateurs de vapeur du site, une composante essentielle du hall de réacteur. Pour donner une idée de son envergure, chaque générateur mesure 14 mètres de long et pèse 340 tonnes.

Parallèlement, la formation des futurs opérateurs est une priorité. Rosatom et la Turquie ont déjà formé des centaines d’ingénieurs turcs dans des universités russes, préparant ainsi une main-d’œuvre locale compétente pour faire fonctionner et entretenir la centrale.

Pour l’avenir, la Turquie envisage déjà de nouveaux projets. Un deuxième site nucléaire sur la côte de la mer Noire est en discussion, tout comme un troisième site au nord-ouest d’Istanbul, en plus de l’option d’réacteurs modulaires.

Mills résume bien la situation d’Akkuyu en déclarant que « l’accord qui fonde ce projet est sans précédent ».

Où trouver plus d’informations ?

Des tensions similaires concernant l’énergie nucléaire, la fiabilité du réseau et les enjeux géopolitiques se manifestent également dans d’autres régions du globe.

  • Japon, Corée du Sud et États-Unis ont formé une alliance nucléaire face à des préoccupations croissantes en matière de sécurité énergétique.
  • En France et en Suisse, des réacteurs ont dû suspendre leur activité pendant les vagues de chaleur, rendant l’utilisation de la climatisation plus nécessaire.
  • En Ontario, la plus grande centrale nucléaire du monde fait face à des oppositions liées à des travaux de nettoyage des déchets à Port Hope.

FAQ

Quels sont les enjeux environnementaux liés à ce projet ?

Les enjeux environnementaux comprennent la gestion des déchets nucléaires et l’impact sur la biodiversité locale, compte tenu de l’importance de la protection des écosystèmes marins et terrestres.

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Qui finance véritablement ce projet ?

Bien que Rosatom soit le principal investisseur, les modalités de financement pourraient également impliquer des partenariats avec des investisseurs privés et d’autres États.

Quelles sont les alternatives nucléaires envisagées pour l’avenir ?

Des projets concernant des réacteurs modulaires sont à l’étude, qui pourraient offrir une solution plus flexible et à plus petite échelle pour répondre aux besoins énergétiques croissants.

Quel est le délai pour l’achèvement de la centrale ?

Le projet d’Akkuyu est prévu pour être finalisé et opérationnel d’ici 2026, avec des délais potentiellement ajustables en fonction des circonstances.

La centrale d’Akkuyu est-elle sécurisée contre les risques naturels ?

Oui, des mesures de sécurité rigoureuses ont été implémentées, notamment des structures de confinement résistantes et des protections contre les tremblements de terre et les inondations.