Situation à Cape Town
En 2018, Cape Town a frôlé le désastre après des années de sécheresse, en se rapprochant du moment dit “Jour Zéro,” moment où la ville anticipait ne plus disposer d’eau. Face à cette menace, les responsables ont décidé de prendre des mesures pour éviter de futures crises liées à la sécheresse.
Problèmes causés par les arbres envahissants
Pour environ 4 millions de personnes qui dépendent du système d’approvisionnement en eau de la région, le problème n’était pas le manque d’arbres, mais plutôt leur excès. Selon un rapport de The Nature Conservancy, s’il est vrai que les arbres sont généralement bénéfiques pour les nappes phréatiques, certaines espèces non indigènes peuvent consommer plus d’eau qu’elles n’en préservent.
C’est ainsi que des initiatives ont été lancées pour éradiquer des arbres, particulièrement des pins et des eucalyptus, qui piaffent à la consommation d’eau. Ces espèces utilisent beaucoup plus d’eau que les plantes indigènes de la région, comme le fynbos, ce qui réduit l’eau disponible pour remplir les rivières et les réservoirs.
D’après les études réalisées par The Nature Conservancy, éliminer ces arbres permettrait de restaurer jusqu’à deux mois d’approvisionnement en eau pour la ville, et cela à un coût bien moins élevé que des alternatives comme la dessalement ou l’exploration de l’eau souterraine. Les résultats du projet indiquent qu’après huit années d’efforts, plus de 101 270 acres ont été nettoyés, ajoutant annuellement plus de 9,5 milliards de gallons d’eau aux cours d’eau qui alimentent les réservoirs régionaux.
Initialement, des équipes locales ont retiré les arbres manuellement, souvent en descend des falaises abruptes, mais le progrès était lent. Des brûlages contrôlés ont ensuite été ajoutés pour les zones difficiles d’accès. Comme l’indique Kirsten Watson, responsable du fonds d’eau pour The Nature Conservancy, ce type d’écosystème est en grande partie régulé par le feu.
Importance du projet
Alors que les sécheresses se renforcent dans un monde en réchauffement, ce projet joue un rôle crucial pour garantir que maisons, écoles, hôpitaux et entreprises aient un accès à des ressources en eau fiables. Plus largement, il soulève une idée fondamentale : la restauration des écosystèmes en amont renforce la sécurité hydrique des villes en aval, souvent pour un coût inférieur aux solutions d’ingénierie à grande échelle.
Les bénéfices en matière d’eau ne sont qu’une partie de l’équation. Les arbres envahissants ne font pas que nuire à l’approvisionnement en eau ; ils remplacent aussi le fynbos, un écosystème unique au monde abritant des milliers d’espèces. Restaurer cet habitat est essentiel pour la biodiversité ainsi que pour les communautés qui en dépendent.
Ce projet a également permis de créer des emplois et de former des travailleurs locaux, intégrant ainsi la conservation dans l’économie régionale plutôt que de la considérer comme un but éloigné.
Actions mises en place
La mise en œuvre de brûlages contrôlés a nécessité plusieurs années de préparation et de coordination. Avant chaque intervention, des équipes nettoyaient l’herbe et les buissons afin de créer des lignes de feu, une étape cruciale pour un brûlage sécurisé.
Dans un exemple rapporté, un incendie sauvage a éclaté alors qu’une zone était déjà préparée pour un brûlage contrôlé. Grâce aux efforts préalables, les équipes ont réussi à orienter le feu vers les régions ciblées.
Après l’incendie, les équipes ont surveillé la zone, comptant le nombre d’arbres perdus et suivant le retour de la végétation indigène. Dans les mois suivants, des signes de revégétalisation du fynbos et le retour de sources naturelles d’eau ont été constatés, indiquant une nette progression.
À présent, le financement est le principal obstacle à surmonter. Un nouvel instrument financier, le Cape Water Performance-Based Bond, a été lancé en avril 2026 avec un montant d’environ 150 millions de dollars pour soutenir la poursuite de l’enlèvement des arbres envahissants. Cela devrait libérer environ 8 millions de dollars pour le projet, offrant ainsi un meilleur socle financier et une modélisation pour d’autres régions en manque d’eau.
Louise Stafford, directrice nationale de The Nature Conservancy en Afrique du Sud, a exprimé que cette nouvelle obligation représente une avancée significative tant pour les investisseurs que pour les défenseurs de l’environnement.
FAQ
Pourquoi y a-t-il tant d’arbres envahissants à Cape Town ?
Les arbres envahissants ont été plantés à des fins agricoles et pour augmenter l’ombre, mais ils ont fini par consommer une quantité excessive d’eau, détériorant l’écosystème local.
Quels sont les effets de la sécheresse sur la région ?
Les sécheresses aggravent la pénurie d’eau, impactent l’agriculture, entraînent des risques sanitaires et nuisent à l’économie locale en réduisant la disponibilité d’eau pour les entreprises et les résidents.
Comment fonctionne le processus de brûlage contrôlé ?
Le brûlage contrôlé consiste à allumer des feux de manière sécurisée dans des zones préparées afin de réduire la densité des plantes envahissantes tout en favorisant la régénération d’espèces indigènes.
Quelle est l’importance du fynbos ?
Le fynbos est un écosystème unique contenant des milliers de spécies endémiques, crucial pour la biodiversité mondiale et les communautés locales qui en dépendent pour leur subsistance.
Quelles sont les alternatives à l’enlèvement des arbres envahissants ?
Les alternatives incluent le dessalement et l’exploitation des eaux souterraines, mais ces solutions coûtent généralement beaucoup plus cher et peuvent avoir leurs propres effets environnementaux.
