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Ce Fossile Âgé de 345 Millions d’Années a Trompé les Scientifiques Pendant des Décennies

Ce fossile de Diadectes, un tétrapode adapté à la terre qui vivait en Amérique du Nord il y a environ 290 millions d’années, est exposé dans la salle des origines des vertébrés. Westlothiana provient d’une lignée aquatique plus ancienne. Crédit : Denis Finnin/© AMNH

Un fossile écossais remet en question notre compréhension des premiers pas sur la terre ferme.

En 1984, un fossile remarquable fut découvert en Écosse : Westlothiana lizziae, affectueusement surnommé “Lizzie”. Cette créature, dont le squelette vieux de 345 millions d’années a été trouvé comprimé entre deux plaques rocheuses, présentait des caractéristiques qui semblaient indiquer une adaptation à la vie terrestre. Ses membres se terminaient par des pieds à cinq doigts, et ses doigts ressemblaient étrangement à des griffes. Pendant des décennies, ces traits ont placé Lizzie au cœur des discussions sur l’évolution des vertébrés, reliant les ancêtres aquatiques aux reptiles, oiseaux et mammifères.

Cependant, après de nouvelles analyses réalisées par des chercheurs du Muséum américain d’histoire naturelle et de l’Université d’Oxford, en collaboration avec l’équipement du Synchrotron européen à Grenoble, des révélations surprenantes ont émergé. Grâce aux rayons X, une anatomie bien plus complexe que prévue a été exposée, incluant un crâne primitif, des branchies internes ossifiées, et une bouche semblable à celle des poissons, remplie de milliers de petites dents.

Une nouvelle perspective sur Lizzie

Comme l’a déclaré Xavier Jenkins, chercheur postdoctoral, “Lizzie a longtemps été une icône de l’évolution des amniotes.” Pourtant, l’analyse des couches cachées du fossile a révélé que cette créature était bien différente de l’image qui en était dépeinte. Plutôt que d’être un ancêtre reptilien, elle appartenait à une lignée beaucoup plus ancienne, visant à démontrer que ses caractéristiques ne traduisaient pas une adaptation complète à la vie terrestre, mais plutôt des éléments aquatiques.

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Des pieds de reptile et la réputation de Lizzie

Après sa découverte en 1984, Westlothiana a été étudiée surtout d’après les éléments visibles à la surface de ses plaques fossiles. Son squelette complet se distinguait des autres animaux contemporains par la forme de ses membres. Ces pieds, jugés adaptés pour un mode de vie terrestre, ont contribué à établir sa réputation dans les discussions scientifiques sur les premiers amniotes. Les chercheurs se sont souvent référés à ce fossile pour comprendre à quel moment les animaux ayant quitté l’eau ont commencé à apparaître sur terre.

Les branchies internes et leur importance

Les images révélées par les scans ont mis en lumière des structures anatomiques qui n’étaient pas conformes aux attentes initiales. Les branchies internes et une bouche remplie de dents illustrent que cette espèce était encore liée à une lignée aquatique, remettant ainsi en question l’idée qu’elle pouvait être considérée comme un ancêtre reptilien. Ben Igielman, co-auteur de l’étude, a déclaré que les caractéristiques primitives du crâne indiquent que Lizzie vivait un mode de vie très différent de celui que l’on pensait auparavant.

Réinterprétation des traces fossiles

L’existence de pieds semblables à ceux des reptiles pose une nouvelle question, non seulement sur Lizzie, mais aussi sur d’autres fossiles. Des traces fossiles, datant de la période dévonienne, qui semblaient prouver que des amniotes avaient déjà évolué, pourraient également devoir être reconsidérées. Si des animaux aussi anciens que Westlothiana possédaient déjà des structures ressemblant à des griffes, cela soulève des doutes quant à l’interprétation de ces empreintes, qui pourraient avoir été laissées par des tétrapodes amphibies partageant des caractéristiques inhabituelles entre vie aquatique et terrestre.

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Conclusion

Il est essentiel de reconnaître que les traits physiques associés à l’adaptation terrestre, tels que des pieds ressemblant à ceux des reptiles, n’étaient pas exclusifs aux tétrapodes. Ces caractéristiques ont en réalité émergé progressivement chez des ancêtres vivant encore partiellement dans l’eau. Xavier Jenkins souligne ainsi l’importance de ce nouveau constat dans notre compréhension de l’évolution.


FAQ

Quel est le principal enseignement tiré de cette recherche ?
Cette étude montre que de nombreux traits physiques associés à la vie terrestre ont évolué avant que certains animaux ne quittent complètement l’eau, suggérant une complexité dans l’évolution des tétrapodes et de leurs ancêtres.

Pourquoi Lizzie a-t-elle été considérée comme une icône des amniotes ?
Lizzie a été un symbole important des discussions sur l’évolution des vertébrés car sa morphologie semblait illustrer un passage significatif entre la vie aquatique et terrestre.

Que révèle la découverte des branchies internes chez Lizzie ?
La découverte de branchies internes chez Westlothiana remet en question son statut d’ancêtre reptilien, indiquant qu’elle appartenait à une lignée aquatique bien plus ancienne.

Les découvertes sur Westlothiana ont-elles un impact sur d’autres fossiles ?
Oui, les nouvelles interprétations des caractéristiques de Lizzie pourraient également changer notre compréhension des autres fossiles anciens, notamment ceux avec des traces rappelant des amniotes, en suggérant qu’ils pourraient également appartenir à des ancêtres amphibies.

Quels sont les impacts de ces découvertes sur notre compréhension de l’évolution ?
Ces découvertes suggèrent que l’évolution des tétrapodes et leur adaptation à la vie terrestre est plus complexe que précédemment pensé, remettant en question des concepts établis sur la classification des premiers vertébrés.

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