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7 000 milliards de dollars pour sauver la planète : le réchauffement s’accélère pourtant

7 000 milliards de dollars pour sauver la planète : le réchauffement s’accélère pourtant

Nous faisons tous face au défi du réchauffement climatique, mais nos choix collectifs vont parfois dans le mauvais sens. Un exemple frappe: nous avons consacré des sommes colossales à soutenir les énergies fossiles et, au lieu de ralentir la crise, nous l’avons aggravée.

7 000 milliards dépensés: à quoi servent réellement ces subventions ?

En 2022, selon le FMI, le monde a consacré environ 7 000 milliards de dollars à des subventions pour le pétrole, le gaz et le charbon. C’est un niveau record, plus du double de ce que l’on dépensait cinq ans plus tôt. Derrière ce chiffre, on trouve:

  • des prix maintenus artificiellement bas,
  • des allègements fiscaux,
  • des garanties publiques et autres avantages accordés aux producteurs et aux consommateurs.

Ces dispositifs façonnent le marché de l’énergie: ils donnent un avantage aux sources fortement émettrices de carbone au détriment des alternatives renouvelables. Résultat: on extrait davantage, on consomme davantage, et l’intensité carbone du système énergétique perdure. Les chiffres pour 2023 sont encore en cours de consolidation, mais la tendance ne montre pas de ralentissement.

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Une trajectoire qui contredit la transition énergétique

Sur le papier, la planète s’est engagée à contenir le réchauffement à 1,5 °C dans le cadre de l’Accord de Paris. Le GIEC estime qu’il faut réduire les émissions mondiales d’environ 43 % d’ici 2030 (par rapport à 2019). Dans la pratique, la hausse continue des subventions aux énergies fossiles tire dans la direction opposée:

  • elle retarde les investissements nécessaires dans le solaire, l’éolien, le stockage et l’efficacité énergétique;
  • elle verrouille des infrastructures fossiles pour des décennies (effet de “lock-in”);
  • elle fragilise la crédibilité des engagements annoncés lors des COP.

Parallèlement, certains pays relancent le nucléaire pour décarboner leur électricité. Cette option, faiblement émettrice, peut contribuer au mix, mais elle nécessite des délais, des capitaux considérables et une gestion exigeante des risques et des déchets. Dans tous les cas, subventionner massivement les combustibles fossiles ralentit le rythme global de la transition énergétique.

Des coûts cachés pour la santé et pour la nature

Derrière les prix bas se cachent des coûts que personne ne paie à la pompe mais que tout le monde supporte:

  • Sur la santé: la pollution liée au charbon, au pétrole et au gaz provoque des maladies respiratoires, des maladies cardiovasculaires, des cancers et des décès prématurés par millions chaque année.
  • Sur l’environnement: extraction, transport et combustion dégradent les écosystèmes, réduisent la biodiversité et alimentent les émissions de gaz à effet de serre.

Le FMI estime que ces coûts non pris en compte dépassent les 4 000 milliards de dollars par an. Autrement dit, nous payons deux fois: une première fois avec l’argent public qui soutient les fossiles, une seconde fois via les dommages sanitaires et environnementaux.

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Ce qu’il faudrait changer dès maintenant

Pour aligner les actes sur les objectifs climatiques, plusieurs leviers sont connus:

  • Cibler les aides publiques vers les ménages vulnérables sous forme de soutiens temporaires, sans prolonger indéfiniment des rabais généralisés sur les fossiles.
  • Supprimer progressivement les subventions qui encouragent la consommation et l’extraction, tout en renforçant les filets de sécurité.
  • Rediriger les budgets vers les renouvelables, l’efficacité énergétique, les réseaux électriques, le stockage, les transports collectifs et la rénovation des bâtiments.
  • Mettre en place des signaux-prix crédibles (fiscalité carbone ou marchés du carbone) avec redistribution transparente des recettes.
  • Exiger de la transparence: publier la liste et le montant de toutes les subventions, explicites et implicites, pour rendre des comptes.

Où nous en sommes

Consacrer 7 000 milliards de dollars à maintenir en vie des énergies polluantes tout en espérant freiner le réchauffement climatique est une contradiction majeure. Tant que cette incohérence perdure, les prévisions s’assombrissent et les impacts s’intensifient. Il n’y a pas de solution miracle, mais il existe des choix clairs et connus qui réduisent les émissions, protègent la santé et évitent de nouvelles factures différées.

FAQ

Que recouvre exactement le terme “subvention” aux énergies fossiles ?

On parle de subventions “explicites” (rabais, exonérations, transferts budgétaires) et “implicites” (coûts sociaux non facturés: pollution, santé, climat). Les deux faussent le prix réel de l’énergie.

Supprimer ces subventions ferait-il grimper la facture des ménages ?

À court terme, oui si rien n’est prévu. La solution consiste à compenser les ménages modestes par des aides ciblées et temporaires, tout en investissant pour réduire durablement la consommation d’énergie.

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Le nucléaire peut-il aider sans subventions fossiles ?

Le nucléaire est une source bas-carbone utile pour décarboner l’électricité, mais il exige des investissements lourds, des délais longs et une gestion stricte des déchets. Il ne remplace pas les économies d’énergie ni les renouvelables.

Comment réorienter l’argent sans déstabiliser l’économie ?

Par étapes: audit des aides, calendrier de retrait progressif, dispositifs de protection sociale, et réaffectation vers l’innovation, les infrastructures propres et la rénovation afin de créer des emplois et réduire la dépendance aux combustibles fossiles.

Que peuvent faire les entreprises et les villes dès maintenant ?

Mesurer leurs émissions, améliorer l’efficacité énergétique, signer des contrats d’électricité renouvelable, électrifier les usages, verdir les chaînes logistiques et rendre publiques leurs trajectoires de décarbonation.