Santé

L’EPA Évaluera désormais la vie humaine à 0 $

L'EPA Évaluera désormais la vie humaine à 0 $

Quelle est la valeur d’un dollar ? Bien moins que ce qu’elle était avant l’arrivée de Donald Trump à la présidence, mais visiblement plus qu’une vie humaine, du moins selon l’Agence de Protection de l’Environnement des États-Unis (EPA).

Ce constat plutôt alarmant a émergé après que l’EPA a modifié ses politiques concernant les limites de pollution industrielle. Pendant longtemps, l’agence a intégré dans ses calculs de **coûts-bénéfices** une notion appelée la “**valeur statistique d’une vie**” (VSL). On peut la considérer comme un chiffre qui répond à la question : combien vaut, en termes monétaires, le fait de garantir la vie d’une personne, comparé aux coûts imposés aux entreprises pour qu’elles nettoient leurs déchets ?

Comme le souligne Fortune, la valeur précédente tournait autour de 11,7 millions de dollars par individu. L’administration Trump, quant à elle, l’a fixée à **zéro**.

La suppression de la VSL a des répercussions concrètes sur les **limites réglementaires** concernant les deux polluants atmosphériques les plus courants : l’ozone et les **particules fines**, qui mesurent 30 fois moins qu’un cheveu humain. Lorsqu’une vie humaine est attribuée une valeur plus élevée, les normes de pollution plus strictes passent souvent le **test de l’efficacité économique**, menant à un air plus pur. Cependant, une telle amélioration de la qualité de l’air a un coût pour les entreprises industrielles, qui doivent investir dans des systèmes coûteux pour réduire leurs émissions de polluants.

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En revanche, lorsque les vies humaines n’ont **aucune valeur**, ces exigences deviennent inexistantes, entraînant des réglementations beaucoup moins strictes sur la quantité de déchets que les entreprises peuvent rejeter dans l’atmosphère. Une telle décision pourrait annuler tous les progrès réalisés depuis la **Loi sur l’air pur de 1970**, qui, comme l’indique l’économiste de l’environnement Michael Greenstone à Fortune, a permis d’augmenter l’espérance de vie moyenne des Américains de 1,4 an.

“L’air pur est l’une des grandes réussites des politiques gouvernementales au cours des cinquante dernières années”, déclare Greenstone. “Au cœur de la Loi sur l’air pur se trouve l’idée que permettre aux gens de vivre plus longtemps et en meilleure santé a une **valeur** qui peut être quantifiée en dollars.”

La VSL assignée par une administration, même si elle n’est pas la seule mesure, est considérée comme un critère important dans le positionnement d’un président dans le conflit entre les intérêts des entreprises et ceux de l’environnement. Les administrations pro-industrie ont tendance à la réduire, tandis que celles préoccupées par la santé publique cherchent à l’augmenter. Néanmoins, aucun président avant Trump n’a jamais fait passer cette valeur à zéro — un véritable succès pour les capitalistes industriels qui ne seront plus contraints par la valeur de la vie humaine.

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FAQ

Quelle est la valeur statistique d’une vie (VSL) ?

La VSL est une estimation monétaire utilisée principalement par les organismes gouvernementaux pour évaluer le bénéfice de réduire les risques pour la santé humaine. Elle est souvent intégrée dans des analyses coût-bénéfice liées à des réglementations environnementales.

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Pourquoi la VSL impacte-t-elle la réglementation des pollutions ?

Une valeur plus élevée attribuée à la vie humaine incite les régulateurs à établir des normes de pollution plus strictes, car le coût de la propreté est considéré comme justifiable par rapport à la protection des vies humaines.

Quelles industries sont les plus touchées par ces réglementations ?

Les secteurs industriels tels que la fabrication, les transports et l’énergie sont généralement les plus concernés, car ils ont des impacts significatifs sur la qualité de l’air.

Comment la loi sur l’air pur de 1970 a-t-elle changé la situation ?

Cette loi a permis d’établir des normes de qualité de l’air, entraînant une réduction significative des polluants, ce qui a amélioré la santé publique et prolongé l’espérance de vie des citoyens.

Quelles alternatives existent pour réduire la pollution sans réglementations strictes ?

Certaines entreprises adoptent des technologies vertes et des pratiques durables pour réduire leurs émissions par leurs propres moyens afin d’attirer des consommateurs soucieux de l’environnement, sans attendre les incitations gouvernementales.