Le Trouble du Jeu Vidéo
En 2018, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a prévu d’ajouter à sa classification des troubles mentaux un nouveau diagnostic : le trouble du jeu vidéo. Ce terme fait référence à un comportement de jeu persistant ou récurrent qui nuit au quotidien des individus concernés.
Selon un projet de classification, la onzième version de la Classification Internationale des Maladies (CIM) de l’OMS énumère divers troubles de santé mentale, maladies et blessures, organisés de manière hiérarchique. Cela facilite le partage d’informations de santé entre pays et l’analyse des données pour une prise de décision éclairée. Bien que cette nouvelle version inclue le trouble du jeu vidéo, le texte reste un projet et ne propose pas encore d’options de prévention ou de traitement, car il n’a pas été approuvé officiellement.
La version préliminaire de la CIM décrit le trouble du jeu comme un comportement avec un contrôle diminué sur le jeu, que ce soit en termes de fréquence, d’intensité ou de durée. Ce trouble s’inscrit dans une catégorie parentale plus large, celle des troubles liés à des comportements addictifs, et se manifeste par une priorité excessive accordée au jeu par rapport aux autres activités quotidiennes.
Il est important de noter que ce trouble s’applique tant aux jeux vidéo en ligne qu’hors ligne. Il est également défini par la poursuite ou l’intensification du jeu malgré des conséquences négatives. Pour qu’un diagnostic soit posé, ces comportements doivent être présents sur une période d’au moins 12 mois.
Un Sujet de Controverse
La désignation de l’OMS a suscité des débats parmi les spécialistes en psychologie. Nancy Petry, professeur de médecine, a indiqué que cette initiative est en phase avec la description du trouble de jeu vidéo dans le Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (DSM-5) de l’American Psychiatric Association. Il existe une distinction cruciale : le DSM-5 n’a pas jugé les éléments probants suffisants pour classer le trouble de jeu vidéo comme une condition mentale unique, le rangeant plutôt parmi les “conditions à étudier”.
Cette décision de l’OMS révèle une division parmi les professionnels : certains estiment que cette nouvelle classification est nécessaire, tandis que d’autres doutent de la
validité des preuves disponibles.
Perspectives Divergentes
Alexander Blaszczynski, spécialiste en psychologie clinique, a exprimé ses réserves quant à l’absence de critères diagnostiques clairs pour le trouble du jeu, s’interrogeant sur la légitimité d’appliquer des critères addictifs à ce comportement. Il a souligné le phénomène croissant où divers comportements sont qualifiés d’addictions, comme l’usage des smartphones ou même la fertilisation in vitro. Cela soulève des questions sur la distinction entre un loisir et un trouble.
D’autres experts, comme Ronald Pies, soulignent des débats philosophiques plus larges quant à la définition même de ce qui constitue une maladie ou un trouble. Les points de vue divergent quant à la nécessité de démontrer des marqueurs physiologiques avant de valider un diagnostic.
Chris Ferguson, un autre professeur de psychologie, s’oppose à la désignation de l’OMS. Il estime que la recherche actuelle ne soutient pas la création d’un diagnostic pour le trouble du jeu vidéo et qu’il existe un risque de diagnostics inappropriés qui pourraient nuire.
Vers une Reconnaissance du Problème
Malgré les doutes, certains comme Douglas Gentile, psychologue à l’Université de l’Iowa, affirment que cette classification est une avancée. Il compare la situation actuelle à celle de l’alcoolisme dans les années 60, une époque où cette maladie était souvent considérée comme un échec moral. Gentile note qu’il faut reconnaître les problèmes liés aux jeux vidéo avec la même attention qu’aux autres conditions médicales.
L’Accès et son Rôle
Avec l’avènement de la réalité virtuelle (VR) et de la réalité augmentée (AR), la question de l’addiction se complique. Gentile relève que l’accès est un facteur clé dans le développement d’addictions ; plus une personne a facilement accès à une activité, plus le risque d’addiction peut augmenter.
Concernant la réalité virtuelle, il reste incertain quant à savoir si ces jeux sont plus addictifs que leurs homologues traditionnels, signalant l’absence de données concluantes à ce sujet.
Les chercheurs s’accordent sur un point : cette désignation incitera davantage d’études sur les problèmes que peut engendrer le jeu excessif. Accorder une reconnaissance formelle pourrait également faciliter l’accès à des traitements, potentiellement couverts par les assurances.
FAQ
Quels sont les symptômes du trouble du jeu vidéo ?
Les symptômes incluent un contrôle diminué sur le temps de jeu, une intensification de la pratique malgré des conséquences négatives, et une priorisation du jeu sur d’autres activités essentielles.
Comment le trouble du jeu vidéo est-il diagnostiqué ?
Le diagnostic est basé sur des comportements récurrents sur une période d’au moins 12 mois, caractérisés par une perte de contrôle sur le jeu.
Quels traitements sont disponibles pour le trouble ?
Current treatment options may include psychotherapy, cognitive behavioral therapy, and potential medications under professional guidance. However, established treatment protocols for this disorder are still developing.
Pourquoi certaines personnes sont-elles sceptiques quant à cette classification ?
Les sceptiques soulignent l’absence de critères diagnostic clairs et craignent que cela mène à des étiquetages inappropriés, confondant des comportements normaux et des troubles réels.
Quelles sont les implications sociales de cette classification ?
La reconnaissance officielle du trouble peut réduire la stigmatisation, augmenter la sensibilisation, et améliorer l’accès à des traitements appropriés pour ceux qui en ont besoin.
