Une Technologie Contestée
En 2015, trois avocats de la Legal Aid Society de New York se sont réunis pour examiner un programme d’analyse ADN développé par le laboratoire de l’examinateur médical de la ville. Ils cherchaient à mieux comprendre son utilisation dans une affaire de tentative de meurtre impliquant l’un de leurs clients. Après avoir consulté plusieurs scientifiques, ils ont constaté avec étonnement que beaucoup d’entre eux n’avaient pas confiance dans la fiabilité de cette méthode.
Un article de The Atlantic rapporte qu’un scientifique leur a même avoué que le programme était « peu plus qu’un générateur de nombres aléatoires ». Ce programme, dénommé Outil Statistique Forensique (FST), est désormais critiqué, tout comme une méthode appelée Analyse de Faible Nombre de Copies, qui est exclusivement utilisée à New York depuis plusieurs années.
Pour vérifier si ces techniques avaient donné des résultats erronés, la Legal Aid Society et les Avocats Fédéraux de New York ont sollicité l’Inspection Générale de l’État de New York pour enquêter sur leur précision dans une lettre datée du 1er septembre. Cette demande a été rapportée par The New York Times et ProPublica.
Contexte Actuel
Ces deux techniques ont été largement abandonnées au profit de technologies plus récentes. Pourtant, en six ans, le FST a été employé dans 1 350 affaires, tandis que l’Analyse de Faible Nombre de Copies a été utilisée dans environ 3 450 cas au cours des 11 dernières années. Les avocats ont mis en évidence que des erreurs issues de ces méthodes, combinées à un usage inapproprié, auraient pu causer des condamnations injustifiées ou laisser des affaires non résolues.
Les Fondements Scientifiques de la Controverse
Le FST avait été conçu pour traiter les preuves déjà analysées par ADN, y compris celles issues de l’Analyse de Faible Nombre de Copies, afin d’évaluer la probabilité de présence de l’ADN d’un suspect sur des échantillons prélevés sur une scène de crime. Toutefois, comme ce programme n’a pas fait l’objet de tests rigoureux, ses concepteurs se sont refusés à en partager le code, soulevant des inquiétudes quant à de possibles faux positifs ou à des résultats manquants.
L’Analyse de Faible Nombre de Copies vise à établir un profil ADN à partir d’une quantité infime de matériel génétique, parfois aussi peu que 10 trillionièmes de gramme. Elle amplifie ces fragments pour qu’ils soient testés dans leur ensemble. Cependant, elle présente un risque accru de contamination et pourrait, selon certains détracteurs, impliquer des individus qui n’étaient pas présents sur les lieux du crime. Une avocate de la Legal Aid Society, Julie Fry, a comparé cette méthode à « faire une copie d’une copie d’une copie », affirmant qu’elle perd toujours en intégrité.
Avis Partagés
Malgré ces critiques, certaines personnes estiment que ces méthodes restent valables. Par exemple, un juge à Queens a déclaré en 2015 que l’Analyse de Faible Nombre de Copies était scientifiquement fondée, et de nombreux procureurs et experts en criminalistique continuent de la soutenir comme un outil précieux. La Dre Barbara Sampson, examinatrice médicale en chef, a affirmé dans une publication que ces méthodes avaient été mises à jour pour se conformer aux exigences du FBI et non en raison de résultats inaccurats.
Cependant, un juge de la Cour Suprême de Brooklyn, Mark Dwyer, a jugé que les preuves ADN obtenues par cette méthode étaient inadmissibles, citant le fait qu’en l’absence de consensus parmi les experts, il serait inapproprié de les soumettre à un jury de laïcs. La lettre récente de la Legal Aid et des Avocats Fédéraux de New York relance le débat et soulève de nouvelles questions concernant des cas de faux identifiants.
FAQ
Quelles sont les alternatives aux méthodes FST et Low Copy Number Analysis ?
Aujourd’hui, plusieurs techniques avancées, telles que le séquençage de nouvelle génération (NGS), sont en cours de développement pour améliorer la précision des analyses ADN.
Quel impact ces méthodes contestées ont-elles eu sur le système judiciaire ?
Les questions soulevées par ces techniques ont mené à des révisions de plusieurs affaires, soulignant le besoin urgent de garantir des pratiques scientifiques fiables.
Comment les experts vérifient-ils l’exactitude des analyses ADN ?
Des panels d’experts examinent et valident ces méthodes avant leur utilisation dans des affaires judiciaires, avec des protocoles stricts de contrôle de qualité.
Quels sont les risques de contamination lors de l’analyse ADN ?
Des échantillons peuvent être contaminés à tout moment, de la collecte sur la scène de crime jusqu’au laboratoire, faussant ainsi les résultats.
Y a-t-il des recours pour les personnes mal identifiées à cause de ces méthodes ?
Oui, les personnes qui estiment avoir été injustement condamnées peuvent demander une réévaluation de leurs preuves ADN à la lumière de nouvelles découvertes scientifiques.
