En 2023, le psychiatre danois **Søren Dinesen Østergaard** a alerté sur les répercussions potentielles de l’**intelligence artificielle (IA)** sur la santé mentale, mais les géants de la technologie, qui œuvrent ardemment sur les **chatbots**, ont ignoré cet appel.
Depuis cette alerte, un certain nombre de personnes ont tragiquement perdu la vie, certaines ayant été poussées au suicide ou ayant subi des effets mortels suite à des interactions obsessionnelles avec des chatbots IA. D’autres ont plongé dans des troubles mentaux graves à cause de fixations sur des modèles d’IA comme **ChatGPT**.
Aujourd’hui, Østergaard formule une nouvelle mise en garde : les esprits brillants du monde accumulent une forme de “**dette cognitive**” au fur et à mesure qu’ils utilisent l’IA.
Dans une récente lettre adressée à la rédaction publiée dans la revue Acta Psychiatrica Scandinavica, et mentionnée par PsyPost, Østergaard souligne que l’usage de l’IA compromet les capacités de recherche et d’écriture des scientifiques.
Bien que certains individus aient un don naturel, Østergaard fait remarquer que le **raisonnement scientifique** (et le raisonnement en général) ne naît pas avec nous, mais se développe grâce à l’éducation, à l’environnement familial et à la pratique. Il convient de noter que la capacité de l’IA à automatiser diverses tâches académiques est certes **fascinante**, mais elle comporte **des conséquences néfastes** pour l’utilisateur.
Pour illustrer les conséquences à long terme qui l’inquiètent, Østergaard cite les chercheurs en IA **Demis Hassabis** et **John Jumper**, récompensés par le **Prix Nobel de chimie en 2024** pour avoir démontré avec brio comment l’IA peut faciliter la découverte scientifique. À l’aide d’**AlphaFold2**, un système élaboré par **Google DeepMind**, ils ont prédit avec précision les structures tridimensionnelles de presque **toutes les protéines connues**, un exploit scientifique majeur.
Cependant, Østergaard souligne que cette avancée n’est pas le fruit du hasard ; elle repose sur des années d’**apprentissage scientifique** intensif.
Il avance que **même des chercheurs de leur envergure**, comme Hassabis et Jumper, n’auraient sans doute pas atteint le niveau Nobel si les outils offerts par la révolution de l’IA, auxquels ils ont contribué, avaient été disponibles dès le début de leur carrière, voire à l’entrée de l’école primaire. Cela pourrait les avoir privés de la pratique nécessaire du raisonnement.
Selon Østergaard, si l’utilisation des chatbots IA entraîne effectivement une dette cognitive, la situation est préoccupante.
Cette affirmation inquiétante est appuyée par d’autres chercheurs, comme le neuroscientifique **Umberto León Domínguez** de l’Université de Monterrey, qui affirme que l’utilisation imprudente de l’IA pourrait **remplacer les capacités cognitives** que les étudiants et les chercheurs des générations précédentes auraient dû mobiliser. D’autres études indiquent également que le **déchargement cognitif** représente un risque inhérent à l’usage de l’IA.
À long terme, Østergaard prédit que cela pourrait réduire les chances de voir émerger des talents comme ceux de Hassabis et Jumper dans les générations futures.
À découvrir sur l’IA : Un homme se réveille sans-abri et réalise qu’il est tombé dans une psychose liée à l’IA qui a détruit sa vie entière.
FAQ
Qu’est-ce que la “dette cognitive” ?
La dette cognitive se réfère à la dégradation des capacités cognitives dues à une dépendance excessive à des outils numériques tels que l’IA. Cela peut diminuer notre capacité à réfléchir de manière critique et à résoudre des problèmes.
Comment l’IA affecte-t-elle la santé mentale ?
L’IA peut provoquer des interactions obsessionnelles qui, chez certaines personnes, peuvent mener à des détresses psychologiques, des troubles de l’humeur, et même des actes autodestructeurs.
Quelles sont les solutions pour minimiser les risques associés à l’utilisation de l’IA ?
Encourager un usage équilibré et conscient de l’IA, qui inclut des pauses, ainsi que la promotion d’activités visant à renforcer les compétences cognitives, peut aider à atténuer les effets nocifs.
Pourquoi est-il crucial de parler des risques de l’IA ?
L’IA est de plus en plus intégrée dans nos vies quotidiennes, et il est essentiel de sensibiliser le public pour éviter des conséquences néfastes sur notre santé mentale et cognitive.
Existe-t-il des recherches en cours sur les effets de l’IA sur la cognition ?
Oui, de nombreuses études explorent les impacts de l’IA sur les processus cognitifs et la santé mentale, afin de mieux comprendre ses implications et de proposer des solutions adaptées.
