Santé

Un patient quitte l’hôpital avec un organe de porc génétiquement modifié, en pleine forme.

Un patient quitte l'hôpital avec un organe de porc génétiquement modifié, en pleine forme.
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        <em>Image : Hôpital Général du Massachusetts/Michelle Rose</em>
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Une avancée majeure en transplantation rénale

Le mois dernier, l’hôpital général du Massachusetts à Boston a réalisé une intervention médicale exceptionnelle : des chirurgiens ont transplanté un rein provenant d’un cochon génétiquement modifié dans le corps d’un homme de 62 ans.

Un succès prometteur

Cette opération inédite semble avoir été un réel succès. En effet, le patient, Richard Slayman, a été libéré de l’hôpital mercredi dernier. Cette avancée pourrait marquer le début d’une nouvelle ère dans le domaine de la transplantation, en réduisant notre dépendance aux reins humains difficiles à obtenir et aux machines de dialyse onéreuses qui traitent les maladies rénales.

L’histoire de Richard Slayman

Richard Slayman souffrait de maladies rénales depuis plus de dix ans. Son ancien rein greffé, d’origine humaine, avait également présenté des signes d’échec l’année dernière. Cependant, avec son nouveau rein, qui provient d’un cochon modifié par la société de biotechnologie eGenesis, Slayman se porte bien. L’organe remplit ses fonctions essentielles, notamment en produisant de l’urine et en éliminant les déchets sanguins, comme le rapportent les experts.

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Un moment attendu

Dans un communiqué officiel, Slayman a exprimé sa joie : « Ce moment – quitter l’hôpital avec l’une des meilleures santés que j’ai eues depuis longtemps – est celui que j’attendais depuis des années. Aujourd’hui, c’est devenu réalité. »

Un tournant pour la xénotransplantation

Cette réussite représente une étape importante pour la xénotransplantation, une discipline qui étudie le prélèvement d’organes, de tissus et de cellules d’une espèce pour les transplanter dans une autre. Bien que le chemin soit encore long, David Klassen, le directeur médical du United Network for Organ Sharing, a exprimé son optimisme quant à la possibilité de cette technologie de profiter à un grand nombre de patients.

Les précautions à prendre

Cependant, Richard Slayman n’est pas encore totalement à l’abri des complications. Son système immunitaire pourrait encore rejeter le nouveau rein. De plus, il reste des interrogations sur l’efficacité de cette technique pour d’autres patients. Huit jours après la greffe, on a observé des signes de rejet, mais ceux-ci ont pu être inversés par des stéroïdes et d’autres médicaments, similaires aux traitements administrés après une greffe d’organe humain.

Vers un avenir meilleur

Si cette technique peut être étendue, elle pourrait significativement réduire la dépendance à l’égard de traitements coûteux pour les maladies rénales et réduire les listes d’attente pour les dons d’organes humains. Actuellement, plus de 100 000 Américains sont en attente d’une greffe, mais seulement 25 000 reins sont offerts chaque année. Tragiquement, environ 12 personnes meurent chaque jour en attendant une greffe aux États-Unis.

Un suivi nécessaire

Bien que Slayman ait été libéré, il sera sous surveillance rapprochée et devra passer des tests trois fois par semaine. Les médicaments immunosuppresseurs qu’il prend augmentent sa vulnérabilité aux infections, ce qui l’empêche de retourner au travail pendant au moins six semaines.

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Optimisme à l’hôpital

L’équipe de l’hôpital général du Massachusetts reste optimiste. Leonardo Riella, directeur médical de la transplantation rénale, a noté le changement d’humeur de Slayman : « Lors de notre première rencontre, il était très anxieux. Mais ce matin, il avait un grand sourire et il faisait des projets. »

Plus d’informations sur l’opération : Patient marchant dans l’hôpital après la transplantation du rein d’un cochon génétiquement modifié.

FAQ

Quels sont les risques associés à la xénotransplantation ?

La xénotransplantation peut engendrer des risques d’infection et de rejet. Le corps peut réagir contre les organes transplantés, entraînant des complications.

Combien de temps les patients doivent-ils généralement prendre des immunosuppresseurs ?

Les patients doivent généralement prendre des médicaments immunosuppresseurs à long terme pour éviter le rejet de l’organe transplanté, souvent durant toute leur vie.

Y a-t-il d’autres essais en cours sur les greffes d’organes porcins ?

Oui, plusieurs études sont en cours pour évaluer la sécurité et l’efficacité des greffes d’organes provenant de porcs génétiquement modifiés.

Comment les organes de porc sont-ils modifiés génétiquement ?

Les porcs sont modifiés génétiquement pour éliminer certains gènes responsables de rejets immunitaires chez les humains, ce qui pourrait rendre leurs organes plus compatibles.

Quelle est la durée d’attente moyenne pour une greffe de rein aux États-Unis ?

Actuellement, l’attente pour une greffe de rein peut varier de 3 à 7 ans, selon la disponibilité des organes et l’état de santé du patient.