Santé

Édulcorant populaire commercialisé auprès des diabétiques associé à un risque accru d’AVC, d’infarctus et de dommages aux cellules cérébrales

Édulcorant populaire commercialisé auprès des diabétiques associé à un risque accru d’AVC, d’infarctus et de dommages aux cellules cérébrales

Un édulcorant très courant sous la loupe

Utilisé dans de nombreux produits destinés aux personnes diabétiques, l’érythritol est un substitut du sucre présent dans des mélanges dits “à la stévia” vendus par des marques comme Wholesome, Truvia ou Splenda. Longtemps apprécié pour son goût proche du sucre et son impact minime sur l’insuline et la glycémie, il gagne aujourd’hui une réputation plus nuancée: plusieurs travaux récents suggèrent que ses bénéfices pourraient ne pas compenser certains risques cardiovasculaires.

Pourquoi cet ingrédient était-il si apprécié ?

Issu de la fermentation du maïs et approuvé par la FDA au début des années 2000, l’érythritol s’est imposé comme l’un des édulcorants “faciles à vivre”:

  • il apporte une douceur proche du saccharose tout en étant très peu calorique;
  • il perturbe peu la glycémie, un point clé pour les personnes souffrant de diabète;
  • il est perçu comme “naturel” par rapport aux édulcorants strictement synthétiques.

Cette image positive est toutefois remise en question par des résultats expérimentaux et épidémiologiques plus récents.

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Ce que montre la nouvelle étude

Des chercheurs de l’Université du Colorado Boulder ont publié une étude dans le Journal of Applied Physiology examinant les effets de l’érythritol au niveau cellulaire. En laboratoire, ils ont exposé des cellules endothéliales (celles qui tapissent les vaisseaux sanguins du cerveau) à une quantité d’érythritol équivalente à celle contenue dans une boisson sans sucre typique. Ils ont observé:

  • une baisse de la production d’oxyde nitrique (NO), molécule qui aide les vaisseaux à se dilater et à rester souples;
  • une hausse de l’endothéline‑1, protéine connue pour resserrer les vaisseaux;
  • une production accrue de radicaux libres, sources d’inflammation et de vieillissement cellulaire;
  • une réponse fortement atténuée à la thrombine, un acteur de la coagulation, signe d’un système vasculaire moins réactif et moins apte à gérer la formation des caillots.

En clair, les cellules exposées à l’érythritol se comportent à l’inverse de ce que l’on attend d’un système vasculaire en bonne santé: les vaisseaux ont tendance à se contracter et les mécanismes qui aident à dissoudre les caillots semblent moins efficaces.

Ce que cela implique pour le risque d’AVC et d’infarctus

Si les vaisseaux se rétrécissent plus facilement et que l’organisme dégrade moins bien les caillots, le risque d’accident vasculaire cérébral (AVC) et d’infarctus du myocarde peut s’en trouver augmenté. Les effets marqués observés l’ont été pour une dose comparable à une seule boisson édulcorée; des consommations plus fréquentes pourraient amplifier l’inflammation et les perturbations vasculaires.

Un signal qui s’ajoute à des données humaines

Ces résultats cellulaires font écho à une étude observationnelle publiée en 2023 qui associait des taux sanguins élevés d’érythritol à une augmentation des événements cardiovasculaires (AVC, infarctus). Bien que l’observation ne prouve pas la causalité, l’alignement entre données humaines et mécanismes cellulaires renforce l’inquiétude.

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Comparaison avec d’autres édulcorants

L’érythritol est parfois mis en parallèle avec des édulcorants comme l’aspartame, largement utilisé dans les boissons “light”. Ce dernier a été classé par l’OMS comme potentiellement cancérogène et a été associé à un risque accru d’événements cardiovasculaires dans certaines analyses. Le message général qui se dégage: les édulcorants non nutritifs ne sont pas neutres pour l’organisme, et leur usage régulier mérite d’être mesuré.

Conseils pratiques pour les consommateurs

  • Lisez les étiquettes: l’érythritol peut apparaître sous son nom ou sous l’appellation “polyol” ou “alcool de sucre”.
  • Méfiez-vous des mélanges à la stévia: beaucoup contiennent surtout de l’érythritol pour le volume et la texture.
  • Privilégiez la modération: limitez le nombre de boissons et snacks “sans sucre” consommés au quotidien.
  • Si vous êtes diabétique, redoublez d’attention: vous êtes déjà deux fois plus à risque d’AVC que les personnes non diabétiques; chaque facteur additionnel compte.

À retenir

  • L’érythritol, longtemps vu comme un “bon compromis”, présente des effets défavorables sur les cellules des vaisseaux cérébraux aux doses usuelles.
  • L’ensemble des données récentes justifie une surveillance de la consommation d’édulcorants non nutritifs.
  • Remplacer systématiquement le sucre par des édulcorants n’est pas une solution idéale; travailler sur le rééquilibrage global de l’alimentation et la réduction du goût pour le sucré reste la voie la plus sûre.

FAQ

L’érythritol présent dans les fruits est-il un problème ?

On trouve des traces naturelles de polyols dans certains fruits, mais en quantités très faibles comparées aux produits industriels. Les effets discutés concernent surtout les apports concentrés via boissons et aliments édulcorés.

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Quelles alternatives pour sucrer sans excès de risques ?

  • Réduire progressivement la douceur globale des aliments et boissons.
  • Utiliser ponctuellement du miel ou du sucre complet en petites quantités, tout en comptant les glucides.
  • Miser sur des épices (cannelle, vanille) et l’acidité des agrumes pour renforcer la perception de saveur sans ajouter beaucoup de sucre.

Les résultats en laboratoire s’appliquent-ils directement à l’humain ?

Les études sur cellules montrent des mécanismes plausibles mais ne suffisent pas à prouver l’effet chez tous. Elles sont toutefois plus convaincantes lorsqu’elles concordent avec des observations cliniques, ce qui est le cas ici.

Comment repérer l’érythritol sur une étiquette ?

Cherchez les mentions “érythritol”, “polyols”, “alcool(s) de sucre” ou des listes d’ingrédients où la stévia est associée à un support volumateur: il s’agit souvent d’érythritol.

Un usage occasionnel est-il acceptable ?

Un usage ponctuel est probablement moins problématique qu’une consommation quotidienne. L’objectif raisonnable est de limiter la fréquence et la dose, surtout si vous présentez des facteurs de risque cardiovasculaire.