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Un professeur de Harvard persiste: un vaisseau extraterrestre aurait traversé le Système solaire

Un professeur de Harvard persiste: un vaisseau extraterrestre aurait traversé le Système solaire

Le passage de ‘Oumuamua en 2017 continue d’alimenter un débat passionné. Pour certains scientifiques, cet objet venu d’au-delà du Système solaire est un corps naturel assez atypique. Pour d’autres, dont l’astronome de Harvard Avi Loeb, il pourrait s’agir d’un artefact d’origine extraterrestre. Une récente étude internationale remet toutefois en cause un point central de cette hypothèse.

Ce que défend Avi Loeb

En 2021, Loeb a proposé que ‘Oumuamua puisse être une sonde expédiée par une civilisation avancée. Dans son raisonnement, une option particulièrement discutée est celle d’une voile solaire: un dispositif extrêmement mince qui utiliserait la pression du rayonnement pour se déplacer. Cette idée divise profondément la communauté, car elle suppose une technologie artificielle et demande des preuves robustes.

Pourquoi cette idée séduit certains

  • La trajectoire de ‘Oumuamua est hyperbolique, signe qu’il vient d’un autre système.
  • Son mouvement a montré une accélération légère difficile à expliquer uniquement par la gravitation.
  • Une voile solaire pourrait, en théorie, produire une telle accélération sans moteur.

Ce que montre l’équipe internationale

Une équipe menée par l’astronome Shangfei Liu (Université Sun Yat-sen, Zhuhai) a réexaminé la piste de la voile solaire. Leur travail, accepté pour publication dans la revue Astronomy & Astrophysics, conclut que ‘Oumuamua a très peu de chances d’être une voile lumineuse.

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Le cœur de leur argument

  • Une voile solaire typique présenterait une surface large et relativement plane, donc un pouvoir réfléchissant marqué.
  • Ce type d’objet exhiberait des signatures observationnelles précises: variations de luminosité plus fortes et motifs de rotation spécifiques.
  • Les données disponibles sur ‘Oumuamua ne montrent pas ces indices attendus.

Les contre-arguments de Loeb

Loeb réplique que la voile n’a pas besoin d’être plate. Une géométrie différente pourrait modifier la façon dont l’objet réfléchit la lumière et se comporte en rotation, ce qui réduirait les signatures attendues. Il avance aussi une autre piste: ‘Oumuamua ne serait pas une voile entière, mais un fragment de surface arraché à un objet plus grand — autrement dit, un débris d’appareil, dont l’irrégularité rendrait les observations plus ambiguës.

Des explications naturelles restent plausibles

Face à des hypothèses aussi extraordinaires, la prudence s’impose. Une explication prosaïque reste envisageable: un objet de type cométaire qui aurait libéré des gaz en chauffant au Soleil, générant une petite poussée et des variations de luminosité déroutantes. Ce scénario n’exige aucune technologie extraterrestre et s’accorde avec ce que l’on observe parfois pour des comètes ou des objets riches en volatils.

Pourquoi le mystère demeure

  • Les objets interstellaires comme ‘Oumuamua sont très rares et ne restent visibles que brièvement.
  • Les instruments n’ont pu collecter que des données limitées et tardives, une fois l’objet déjà en sortie du Système solaire.
  • Difficile, dans ces conditions, de trancher entre un phénomène naturel peu commun et un artefact.

Et maintenant ?

Les chercheurs s’accordent sur un point: seule une quantité bien plus importante de données précises permettra de conclure. De futurs surveys à grand champ et des observations plus rapides pourraient détecter le prochain visiteur interstellaire dès son arrivée et en suivre la luminosité, la rotation et la dynamique de manière fine. Avec des méthodes mieux préparées pour repérer des signatures distinctives, on pourra enfin démêler l’hypothèse technologique d’une explication naturelle.

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Ce qu’il faut retenir

  • Loeb maintient l’idée d’une origine artificielle possible, sous forme de voile solaire ou de débris.
  • Une étude internationale jugée solide estime cette interprétation peu probable, faute de signatures correspondantes.
  • Le débat reste ouvert, en attendant de meilleures observations d’un futur objet interstellaire.

FAQ

Qui a découvert ‘Oumuamua et quand ?

‘Oumuamua a été repéré en 2017 par le programme Pan-STARRS à Hawaï, lors d’un relevé du ciel visant à détecter objets proches et astéroïdes potentiellement dangereux.

Existe-t-il d’autres visiteurs interstellaires confirmés ?

Oui. En 2019, la comète 2I/Borisov a été observée, confirmant que des objets venus d’autres systèmes stellaires traversent occasionnellement le nôtre.

Pourquoi sa forme et sa rotation posent-elles problème ?

Les mesures suggèrent un objet très allongé (ou aplati) et en rotation complexe. Ces caractéristiques compliquent l’interprétation de sa luminosité et de son accélération non gravitationnelle.

Quelles observations aideraient à trancher à l’avenir ?

Une détection précoce, suivie d’images et de spectres haute cadence, permettrait de mesurer précisément la composition, le taux d’éjection de gaz et les variations de brillance, éléments décisifs pour écarter ou appuyer chaque hypothèse.

Peut-on envisager une mission spatiale d’interception ?

Des concepts existent pour des intercepteurs rapides capables de se détourner vers le prochain objet interstellaire découvert. L’objectif serait de réaliser un survol rapproché, voire d’envoyer une microsonde, afin d’obtenir des données directes et sans ambiguïté.