Les Ambitions de Fukushima : Une Énergie 100 % Renouvelable d’Ici 2040
En mars 2011, la centrale nucléaire de Daiichi à Fukushima a connu l’un des plus graves accidents nucléaires jamais enregistrés, un drame dont la région continue de faire les frais. Pourtant, cette préfecture japonaise, qui abrite près de deux millions d’habitants, aspire à aller de l’avant. Elle souhaite se libérer de son passé énergétique et se reconstruire sur des bases durables, sans dépendre de l’énergie nucléaire. Le gouvernement local s’est engagé à atteindre un approvisionnement en énergie renouvelable à 100 % d’ici 2040, comme le rapporte The Guardian.
Investissements dans l’Avenir Énergétique
Pour atteindre cet objectif ambitieux, des investissements conséquents sont déjà en cours. En novembre dernier, le Nikkei Asian Review a annoncé un projet d’une envergure de 2,75 milliards de dollars, soutenu en partie par l’État. Ce projet prévoit la construction de 11 centrales solaires et de 10 parcs éoliens sur des terres agricoles non exploitées ainsi que dans les zones montagneuses de la préfecture. Toutefois, ces nouvelles installations ne fourniront qu’une fraction de l’énergie auparavant produite par la centrale de Daiichi, car la capacité prévue pour l’ensemble des projets est de seulement 600 mégawatts, tandis que les réacteurs de l’ancienne centrale produisaient jusqu’à 4 700 mégawatts.
Diversification des Sources d’Énergie
Fukushima ne s’arrête pas là et envisage également d’intégrer des stations de géothermie et de biomasse dans son mix énergétique, en complément de l’énergie solaire et éolienne. Ces efforts s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à répondre aux besoins énergétiques de la région sans recourir à l’énergie nucléaire.
Un Futur Nucléaire Incertain pour le Japon
Malgré ces initiatives locales, le Japon dans son ensemble semble hésitant à renoncer à l’énergie nucléaire. Le Premier ministre Shinzo Abe défend une politique en faveur de la relance de centrales plus anciennes, malgré une opposition croissante face à cette volonté. Curieusement, même au sein de son propre gouvernement, des voix s’élèvent pour mettre fin à l’exploitation des réacteurs vieillissants. Le nouveau ministre de l’Environnement a, par exemple, plaidé pour leur démantèlement, comme indiqué par The Guardian.
Un Long Chemin à Parcourir
Le Japon a encore beaucoup de travail pour adopter une approche énergétique similaire à celle de Fukushima. En 2018, seulement 17,4 % de la consommation énergétique du pays provenait de sources renouvelables, selon l’Institut des Politiques Énergétiques Durables. Le pays reste fortement dépendant du charbon et du gaz naturel et figure parmi les plus gros importateurs de charbon au monde, selon l’Administration américaine de l’énergie.
FAQ
Quels types d’énergie renouvelable Fukushima prévoit-elle d’utiliser ?
Fukushima se concentre sur le développement de l’énergie solaire, éolienne, géothermique, et de biomasse pour diversifier son approvisionnement énergétique.
Pourquoi le Japon continue-t-il d’investir dans l’énergie nucléaire ?
Malgré l’accident de Fukushima, la dépendance à l’énergie nucléaire est souvent justifiée par le besoin de sécurité énergétique et de stabilité économique, comme l’a déclaré le Premier ministre.
Quelles sont les principales sources d’énergie au Japon aujourd’hui ?
En plus des énergies renouvelables, le Japon dépend largement du charbon, du gaz naturel, et dans une moindre mesure, de l’énergie nucléaire, ce qui affecte sa transition vers des pratiques plus durables.
Comment la centrale de Daiichi a-t-elle impacté la perception de l’énergie nucléaire au Japon ?
L’accident de Daiichi a suscité une opposition significative envers l’énergie nucléaire, influençant les décisions politiques et les plans d’investissement dans les énergies renouvelables à travers le pays.
Quel est l’objectif de développement durable du Japon en matière d’énergie ?
Le Japon cherche à augmenter sa part d’énergies renouvelables dans sa consommation énergétique, tout en planifiant des mesures à long terme pour réduire sa dépendance aux combustibles fossiles et au nucléaire.
