Un ancien employé de Tesla affirme avoir été renvoyé après avoir signalé que la chaleur extrême de son poste faisait dysfonctionner ses appareils auditifs. Cette accusation, détaillée dans une plainte déposée au Texas et relayée par The Independent, soulève des questions sur la manière dont l’entreprise gère les demandes d’aménagement liées au handicap.
Qui est la personne au centre de l’affaire
Hans Kohls, salarié sourd, a travaillé à la Gigafactory d’Austin (Texas) au sein de l’atelier de fonderie, où il devait faire fondre de l’aluminium à très haute température. D’après la plainte, l’humidité et la chaleur constantes de ce service dépassaient largement ce que l’on trouve habituellement dans l’industrie, au point de perturber ses aides auditives. Sans ces dispositifs, explique-t-il, il ne pouvait pas entendre les alarmes ni d’autres signaux de sécurité.
Ce que reproche Kohls à Tesla
Toujours selon la plainte, Kohls a sollicité une réaffectation vers un poste vacant compatible avec son équipement auditif — une demande présentée comme un aménagement raisonnable au sens de l’Americans with Disabilities Act (ADA). Il affirme que Tesla n’a pas suivi la procédure requise par la loi et a choisi de le licencier quelques jours après sa demande, en évoquant une « séparation médicale ». Pour l’avocat de Kohls, cette mention confirmerait que la rupture est liée à son handicap, et non à une raison professionnelle légitime.
Le parcours avant le licenciement
- Début 2024, Kohls intègre le programme START de Tesla, qui forme des candidats à des postes techniques.
- Lors de l’entretien, on lui demande s’il peut travailler en environnement chaud. Fort d’une expérience industrielle antérieure, il répond par l’affirmative.
- La plainte soutient qu’à aucun moment le niveau de chaleur et d’humidité propre au service de fonderie ne lui a été clairement présenté.
- Au démarrage, il effectue des missions dans d’autres services, plus tempérés, puis est affecté à la fonderie, où ses aides auditives commencent à tomber en panne.
- En juin 2024, il demande officiellement un transfert vers un poste où ses appareils peuvent fonctionner. Tesla aurait répondu qu’aucune place n’était disponible et que le programme START n’autorisait pas les transferts. Neuf jours plus tard, Kohls est remercié.
Pourquoi la sécurité est en jeu
Travailler sans aides auditives opérationnelles dans un environnement industriel implique, selon Kohls, un risque direct: il devient difficile, voire impossible, d’entendre des alertes, des consignes ou des signaux d’évacuation. La plainte insiste sur le fait que maintenir un salarié en situation de déficience auditive dans une zone de chaleur extrême et d’humidité constante met sa santé et celle des autres en danger.
La position de l’avocat de Kohls
L’avocat affirme que son client avait déjà démontré qu’il pouvait réussir dans d’autres départements et qu’une réaffectation constituait l’aménagement le plus basique prévu par l’ADA. Au lieu d’engager un dialogue formel sur l’aménagement, Tesla aurait, selon lui, mis fin au contrat en quelques jours.
Un contexte déjà très scruté
Cette plainte s’ajoute aux critiques plus larges visant les conditions de travail chez Tesla. L’entreprise a fait l’objet d’allégations récurrentes concernant des accidents et des blessures en usine, ainsi que de polémiques autour du management et de licenciements sommaires. Ces éléments, rappelés par la presse, nourrissent un climat de vigilance autour de la sécurité et de la conformité sociale au sein du constructeur.
Ce que demande Hans Kohls à la justice
Kohls souhaite être réintégré dans un nouveau poste et demande au tribunal de constater que Tesla a enfreint l’ADA et la Texas Commission on Human Rights Act. L’issue judiciaire déterminera si l’entreprise a, ou non, manqué à ses obligations légales en matière d’accommodements pour les travailleurs en situation de handicap.
À propos des sources
Les informations ci-dessus proviennent d’une plainte déposée par Hans Kohls et de la couverture médiatique réalisée par The Independent. Les faits allégués n’ont pas encore été tranchés par un tribunal.
FAQ
L’ADA, c’est quoi concrètement ?
L’Americans with Disabilities Act impose aux employeurs de proposer des aménagements raisonnables aux salariés en situation de handicap, sauf si cela crée une contrainte excessive. Cela peut inclure des réaffectations, des horaires ajustés, des équipements adaptés ou des modifications de l’environnement de travail.
La chaleur peut-elle vraiment endommager des aides auditives ?
Oui. Une chaleur élevée combinée à de l’humidité peut provoquer de la condensation, altérer l’électronique interne et réduire la durée de vie des appareils. Les fabricants recommandent en général d’éviter les environnements très chauds et humides ou d’utiliser des solutions de séchage.
Qu’est-ce qu’une « réaffectation » comme aménagement raisonnable ?
C’est le transfert vers un poste vacant pour lequel le salarié est qualifié, lorsque son poste actuel n’est pas compatible avec son handicap et que d’autres aménagements ne suffisent pas. C’est une option prévue par l’ADA.
Que peut faire un salarié si son aménagement est refusé ?
Il peut documenter ses demandes, solliciter un dialogue interactif avec l’employeur, consulter les RH, contacter un avocat spécialisé ou déposer une plainte auprès d’une autorité compétente (par exemple l’EEOC aux États‑Unis).
« Séparation médicale » et licenciement, est-ce différent ?
Le terme « séparation médicale » est parfois utilisé par des employeurs pour désigner une fin de contrat liée à la santé. Sur le plan juridique, il peut s’apparenter à un licenciement et doit respecter les lois antidiscrimination et les exigences d’aménagement raisonnable.
