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Espagne: installation de la plus grande voile à aspiration pour cargos, portance multipliée par sept

Espagne: installation de la plus grande voile à aspiration pour cargos, portance multipliée par sept

Un acteur espagnol de la voilerie industrielle vient d’installer la plus grande voile à aspiration jamais posée sur un cargo en service, avec un objectif clair : réduire la consommation de carburant et les émissions de CO2 dans le transport maritime. Cette voile eSAIL de 22 mètres équipe désormais le Fluvius Tavy, un cargo polyvalent exploité par Amasus Shipping, lors d’une escale technique au chantier Astander à Santander.

Un jalon pour la propulsion vélique assistée

Ce projet marque une étape importante : il montre que les voiles à aspiration aérodynamique sont désormais suffisamment grandes, robustes et fiables pour les navires de charge du quotidien. Pour l’armateur Amasus, il s’agit d’une deuxième adoption de la technologie, signe d’une confiance croissante et d’une recherche de gains mesurables. L’initiative s’inscrit dans une logique simple : faire du vent une ressource opérationnelle, non un aléa, afin de réduire la facture énergétique et l’empreinte carbone.

Les acteurs clés

  • bound4blue (région de Cantabrie) conçoit et fournit la voile eSAIL et son système de contrôle autonome.
  • Amasus Shipping déploie la solution sur ses cargos pour en tirer des bénéfices économiques et environnementaux.
  • Le chantier Astander a réalisé l’intégration avec une approche « plug-and-play ».
  • La solution est reconnue par la certification DNV, gage d’acceptation réglementaire et de sécurité opérationnelle.
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Comment fonctionne une voile à aspiration

Contrairement à une voile rigide classique, la voile à aspiration crée sa portance en aspirant l’air sur une surface profilée. Ce flux maîtrisé génère un effet de lift pouvant être jusqu’à plusieurs fois supérieur à celui d’une voile conventionnelle. Le système est autonome : capteurs, algorithmes et actionneurs ajustent l’orientation et l’intensité d’aspiration en fonction du vent et de la route, sans solliciter l’équipage. Résultat : une traction vélique nette qui soulage les moteurs, stabilise la consommation et réduit les émissions.

Un chantier rapide et intégré

L’installation s’est faite lors d’une seule escale planifiée, dans la fenêtre de maintenance du navire. Les équipes ont renforcé la structure de pont et adapté les circuits électriques pour accueillir la fondation de la voile. La machine, pré-commissionnée, a ensuite été levée et fixée en une opération fluide, limitant l’immobilisation. La fabrication a été réalisée en Espagne par Haizea‑Tecnoaranda, spécialiste des tours d’éoliennes onshore et offshore, illustrant la montée en puissance d’une filière maritime avancée dans le pays.

Une adoption qui s’accélère

Le Fluvius Tavy n’est pas un cas isolé. Avant lui, l’Eems Traveller d’Amasus a navigué avec deux unités eSAIL de 17 mètres, devenant l’un des premiers cargos polyvalents équipés de voiles à aspiration. D’autres armateurs — Odfjell, Louis Dreyfus Armateurs, Eastern Pacific Shipping — ont suivi, avec des économies de carburant et d’émissions vérifiées indépendamment. Au-delà de l’effet vitrine, le message est clair : la technologie est prête pour une diffusion industrielle.

Des gains concrets pour le court-courrier

Les cargos de courte distance bénéficient particulièrement de ces voiles, car leurs routes et vitesses se prêtent bien à la récupération de l’énergie du vent. Pour Amasus, la pose d’une seconde eSAIL confirme la bonne intégration à l’exploitation quotidienne et anticipe des réductions à deux chiffres de la consommation et du CO2, selon les conditions de route et de météo.

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Et après ? Complémentarité et trajectoire bas carbone

La propulsion vélique assistée ne remplace pas les moteurs : elle les complète. Combinée à l’optimisation de route, aux revêtements de coque à faible friction ou à des carburants plus propres, elle renforce la résilience face au prix du fuel, tout en aidant les armateurs à répondre aux nouvelles règles de performance énergétique. Avec des solutions scalables comme l’eSAIL, l’industrie dispose d’un levier crédible pour accélérer la décarbonation sans perturber l’exploitation des navires.

Références et précédents utiles

  • Navires équipés : Fluvius Tavy, Eems Traveller, unités opérées par Odfjell, Louis Dreyfus Armateurs, Eastern Pacific Shipping.
  • Certification : DNV Type Approved.
  • Fabrication et intégration : Haizea‑Tecnoaranda (fabrication), Astander (installation), bound4blue (technologie et contrôle).

FAQ

Quelle est la différence entre une voile rigide et une voile à aspiration ?

Une voile rigide compte surtout sur la forme pour créer de la portance. La voile à aspiration ajoute un flux d’air contrôlé le long du profil, ce qui accroît fortement le lift à surface comparable et améliore la performance à des angles de vent plus variés.

Quel impact sur les opérations quotidiennes ?

Le système est automatisé : il s’oriente et s’adapte sans intervention continue de l’équipage. Les procédures portuaires intègrent simplement la présence de la voile ; l’emplacement et la hauteur sont choisis pour ne pas gêner la manutention et la visibilité.

Faut-il arrêter longtemps le navire pour l’installation ?

Non. Le retrofit se cale généralement sur une escale de maintenance existante. Les principales tâches concernent la fondation de pont, les renforcements structuraux et le raccordement électrique, puis la pose de l’unité pré-commissionnée.

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Quel retour sur investissement peut-on espérer ?

Il dépend du prix du fuel, des routes, de la vitesse d’exploitation et du nombre de jours sous bonnes conditions de vent. En pratique, la période d’amortissement se compte souvent en quelques années sur des lignes régulières bien exposées.

Est-ce compatible avec d’autres leviers d’efficacité énergétique ?

Oui. La propulsion vélique se combine très bien avec l’optimisation de route, les coatings à faible traînée, l’hybridation énergétique ou encore des réglages de vitesse. L’effet cumulatif peut être substantiel sur l’année.