Une menace inquiétante pour la sécurité aérienne
La découverte troublante
Une nouvelle étude menée par des chercheurs en sécurité de l’Université de Californie à San Diego et d’Oberlin College a révélé qu’un simple appareil de la taille d’une pièce de monnaie pourrait prendre le contrôle du système de pilotage automatique d’un Boeing 737. En modifiant le plan de vol, cet appareil pourrait compromettre la sécurité des vols en manipulant également des données cruciales concernant le décollage et le carburant.
Détails de l’appareil
Les concepteurs de cet appareil affirment qu’il pourrait altérer l’affichage des données sur l’écran du pilote, rendant ainsi la situation invisible pour ce dernier, voire l’induire en erreur et provoquer des décisions désastreuses. Stefan Savage, le professeur à l’origine du projet, a expliqué à Wired qu’il était possible d’accéder à un port externe en seulement 15 secondes, sans avoir besoin d’outils spéciaux. En insérant leur dispositif, ils pourraient contrôler les instructions destinées au pilote automatique.
Un accès facile
Pour réaliser cette attaque, il suffit de brancher l’appareil, qui ne coûte pas plus de 100 dollars, dans un port caché sur la coque de l’avion, accessible par des agents de maintenance. Une fois connecté, le dispositif peut utiliser le système Wi-Fi de l’appareil pour permettre à un hacker de contrôler ses systèmes à distance.
Une recherche approfondie
Savage et son équipe ont identifié cette vulnérabilité après des années à assembler des pièces informatiques du 737 afin de reproduire son système nerveux. En s’inspirant des dispositifs de piratage de cartes bancaires utilisés dans les distributeurs automatiques, ils ont compris qu’il était possible de se connecter physiquement au “bus” interne de l’avion.
En fouillant dans les schémas de câblage de Boeing, ils ont trouvé un accès : un port transmettant des données entre l’ordinateur de gestion de vol et l’écran du pilote, accessible via une trappe non verrouillée à l’extérieur de l’appareil. Savage a décrit cette découverte comme la localisation d’un « port d’échappement » sur la Death Star.
Les conséquences d’une attaque
Les conséquences d’une attaque réussie pourraient être dévastatrices. Le hacker pourrait fournir de fausses informations au pilote, comme une mauvaise température ambiante ou un poids erroné des passagers. Cela pourrait entraîner une vitesse de décollage incorrecte et un décollage avorté. Une autre possibilité serait de modifier la navigation et de provoquer un crash.
Il existe aussi des méthodes plus subtiles d’attaque. “Imaginez que vous êtes dans le Pacifique, vous voyez du bleu partout et qu’une diversion vous éloigne de votre trajectoire de 3 degrés. Vous vous retrouveriez en plein milieu de nulle part”, a déclaré Aaron Schulman, un autre professeur impliqué dans le projet.
Collaboration avec Boeing
Savage et Schulman ont partagé leurs résultats avec Boeing six ans plus tôt et ont depuis travaillé en étroite collaboration avec l’entreprise pour étudier ces vulnérabilités. Toutefois, ils affirment que Boeing ne leur a pas communiqué d’informations sur les solutions mises en œuvre, laissant supposer qu’aucune correction n’a encore été appliquée. Les avions commerciaux étant rarement redessinés, il est peu probable que des améliorations aient eu lieu.
Cependant, les chercheurs se veulent rassurants : “Tous les auteurs de cet article voyagent régulièrement sur des Boeing 737 et prévoient de continuer à le faire”, ont-ils écrit.
Alarmes de sécurité
Beau Woods, ancien conseiller de l’Agence de cybersécurité, a exprimé ses inquiétudes face à ces découvertes. Il a souligné qu’un membre du personnel pourrait facilement accéder à un avion en maintenance et insérer un tel dispositif. Selon Savage, l’industrie aéronautique doit absolument prendre des mesures de protection contre de telles menaces.
FAQ
Quelle est la taille de l’appareil utilisé pour le piratage ?
L’appareil mesure la taille d’une pièce de monnaie, ce qui le rend très facile à dissimuler et à utiliser.
Quels types de failles de sécurité existent dans d’autres avions ?
Bien que l’étude se concentre sur le Boeing 737, d’autres avions pourraient également présenter des vulnérabilités similaires, mais cela nécessite davantage de recherches pour confirmer.
Quelles mesures de sécurité pourraient être adoptées pour protéger les avions ?
Les compagnies aériennes pourraient renforcer la sécurité physique de leurs appareils, en s’assurant que tous les ports d’accès sont verrouillés et que des protocoles stricts de maintenance sont respectés.
Les passagers peuvent-ils être affectés par cette vulnérabilité ?
Si une attaque réussit, cela pourrait finalement mettre en danger non seulement l’équipage, mais aussi tous les passagers à bord, avec des conséquences pouvant être tragiques.
Que pensent les experts des solutions proposées par Boeing ?
Les experts s’inquiètent principalement du manque de communication de Boeing concernant les failles de sécurité trouvées et aimeraient voir des actions concrètes mises en œuvre pour remédier à la situation.
