Mobilité

Robotaxis de Tesla: des vidéos les montrent enfreindre le code de la route dès leur mise en service, le gouvernement s’alarme

Robotaxis de Tesla: des vidéos les montrent enfreindre le code de la route dès leur mise en service, le gouvernement s’alarme

Depuis son lancement à Austin, le service de Robotaxi de Tesla attire déjà l’attention des autorités américaines. Des vidéos partagées sur les réseaux montrent des manœuvres discutables, et la NHTSA — l’agence fédérale chargée de la sécurité routière — a rapidement contacté le constructeur pour obtenir des explications. Les trajets se font avec un humain chargé de surveiller, mais les ratés observés relancent les doutes sur la maturité de cette technologie, surtout face à des concurrents comme Waymo, déjà présent dans la ville.

Ce qui a été observé sur la route

Plusieurs clips filmés par des passagers ou des automobilistes montrent des comportements inquiétants:

  • Dans une voiture, on voit le volant osciller brusquement, comme si le système hésitait entre deux itinéraires. La voiture se reprend, mais finit par mordre la ligne jaune au centre de la chaussée, heureusement sans croiser de véhicule en sens inverse.
  • Une autre séquence, devenue virale, montre un freinage répété d’un Robotaxi en passant près de voitures de police. Le geste ressemble davantage à une réaction nerveuse qu’à une décision de conduite réfléchie.
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Ces scènes n’indiquent pas un échec total du système, mais elles pointent des instabilités qui, en milieu urbain, peuvent rapidement devenir critiques.

La réaction des autorités

La NHTSA s’est signalée dès le lendemain du lancement. Il ne s’agit pas (à ce stade) d’une enquête formelle, mais d’une prise de contact pour récupérer des informations complémentaires et évaluer la situation. L’agence rappelle son cadre d’action:

  • Elle ne pré-approuve pas les nouvelles technologies.
  • Les constructeurs doivent certifier eux-mêmes que leurs véhicules respectent les normes.
  • La NHTSA intervient ensuite lorsqu’il existe des indices de défaut de sécurité, en examinant les incidents et les données disponibles pour décider de la suite.

Autrement dit, Tesla reste responsable de la conformité de ses systèmes, et le régulateur se réserve la possibilité d’aller plus loin si les faits le justifient.

Le cœur technologique et ses zones grises

La source d’inquiétude tient notamment à la fonction de conduite avancée de Tesla. Son célèbre “Full Self-Driving” (FSD), renommé en Chine “Intelligent Assisted Driving” faute d’atteindre une autonomie complète, aurait pu servir de base au service de Robotaxi. Avant le lancement, Tesla aurait apaisé ces craintes en détaillant ses garde-fous. Mais la réalité du terrain à Austin laisse penser que ces garde-fous ne suffisent pas à éliminer les comportements erratiques, surtout dans des environnements denses et changeants.

Un contexte concurrentiel et politique sensible

  • Sur le terrain, Waymo propose déjà des véhicules sans conducteur dans Austin, ce qui offre un point de comparaison peu flatteur pour Tesla lorsque des écarts sont filmés et partagés en masse.
  • En toile de fond, les rapports politiques du patron de Tesla, Elon Musk, ont changé récemment. Là où certains voyaient autrefois un environnement fédéral plus conciliant, la dynamique pourrait s’être inversée, rendant les régulateurs plus enclins à une vigilance accrue.
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Ce qui pourrait se passer maintenant

Trois scénarios se dessinent:

  1. Tesla corrige rapidement les comportements problématiques via des mises à jour logicielles, clarifie ses protocoles de supervision et le service continue avec des contraintes renforcées.
  2. La NHTSA ouvre une enquête formelle si les signalements et données l’y poussent, ce qui peut mener à des rappels logiciels ou à des limitations d’usage.
  3. Les autorités locales et fédérales imposent des conditions supplémentaires (zones, horaires, taux d’intervention humaine) tant que la fiabilité n’est pas démontrée.

Dans l’immédiat, les passagers doivent s’attendre à des trajets surveillés par un opérateur humain et à des comportements prudents mais parfois hésitants du système, le temps que la technologie se stabilise.

À retenir

  • Les Robotaxis de Tesla roulent à Austin avec un superviseur humain.
  • La NHTSA a demandé des informations après des vidéos montrant des écarts de conduite.
  • Le système de Tesla fait face à des comparaisons défavorables avec Waymo.
  • Aucune enquête officielle n’est ouverte à ce stade, mais le régulateur pourrait durcir le ton si les incidents se confirment.

FAQ

Qu’est-ce qu’un “superviseur de sécurité” à bord d’un Robotaxi ?

C’est un opérateur humain présent dans le véhicule, chargé de reprendre la main en cas de situation risquée. Il surveille l’environnement, anticipe les erreurs potentielles et peut intervenir immédiatement pour assurer la sécurité.

Comment la NHTSA décide-t-elle d’ouvrir une enquête formelle ?

Elle examine des rapports d’incidents, des preuves vidéo, des données télémétriques et des plaintes de consommateurs. Si un risque systémique apparaît (défaut reproductible, gravité, fréquence), elle lance une enquête pouvant déboucher sur des mesures correctives obligatoires.

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Que peut faire un passager s’il observe un comportement dangereux ?

  • Signaler l’incident via l’application du service.
  • Noter l’heure, le lieu et la description précise des faits.
  • En cas de danger immédiat, demander au superviseur d’intervenir ou d’arrêter le véhicule dans un endroit sûr.

En quoi Waymo et Tesla diffèrent-ils dans leur approche ?

De manière générale, Waymo s’appuie fortement sur la cartographie haute définition et des capteurs variés (y compris lidar), avec des zones d’opération très délimitées. Tesla privilégie une approche vision-first et une large collecte de données en conditions réelles, avec des mises à jour logicielles fréquentes. Les performances peuvent varier selon la ville, la densité de trafic et les règles d’exploitation.

Des limites géographiques ou temporelles peuvent-elles être imposées aux Robotaxis ?

Oui. Les autorités peuvent restreindre l’usage à des zones spécifiques, limiter certains créneaux horaires ou imposer des vitesses et protocoles particuliers tant que le niveau de fiabilité requis n’est pas démontré. Ces garde-fous sont courants dans les pilotes de conduite autonome.