Militaire

L’armée américaine reconnaît la disparition de 34 lance-roquettes

L’armée américaine reconnaît la disparition de 34 lance-roquettes

Le sujet fait débat aux États‑Unis : des armes de l’armée ont disparu, et certaines se retrouvent dans des affaires criminelles. Une enquête de l’Associated Press avance que, sur près d’une décennie, des milliers d’armes se sont volatilisées entre les registres et les dépôts. Au‑delà des chiffres, la question centrale est celle de la responsabilité et de la sécurité publique.

Ce que révèle l’enquête

L’AP a rassemblé, grâce à des demandes fondées sur la loi sur la liberté d’information (FOIA), un panorama inédit des pertes d’armes entre 2010 et 2019. Selon ces données, plus de 1 900 armes à feu ont été perdues ou volées. L’ampleur exacte reste difficile à établir: l’Armée de terre comme l’Armée de l’air n’ont pas été en mesure de fournir un total consolidé, et le Pentagone ne conserve officiellement les traces des armes manquantes que pendant trois ans. Autrement dit, une partie du problème demeure hors champ des statistiques.

Quand les armes réapparaissent… dans la rue

Certaines de ces armes finissent utilisées lors de crimes violents. Un cas marquant: un stagiaire de l’armée a récemment pris en otage un bus scolaire en braquant une arme sur le conducteur, avant de relâcher les passagers. Au-delà de ce fait divers, des armes subtilisées se retrouvent revendues par leurs voleurs, que ce soit via des comptoirs de prêt, des plateformes en ligne ou des magasins de surplus. Chaque saisie policière alimente ainsi l’idée d’une chaîne de détournement difficile à casser.

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Comment ces pertes se produisent

Le rapport décrit un mélange de négligences et de défaillances techniques:

  • Portes non verrouillées ou mal sécurisées;
  • Surveillance humaine insuffisante (des soldats se sont assoupis pendant des vols);
  • Systèmes d’alarme et caméras défectueux ou mal entretenus;
  • Circulation d’armes sur des aires d’entraînement et des dépôts où les contrôles ne sont pas toujours homogènes.

Toutes les composantes sont concernées, des unités conventionnelles aux forces spéciales — y compris des éléments Marines et Navy SEALs — signe que la vulnérabilité n’est pas cantonnée à un seul niveau de la chaîne.

Des chiffres qui interrogent

Même si ces pertes représentent une fraction de l’arsenal total, leur nature interroge. Parmi les armes non retrouvées sur la période étudiée figurent notamment:

  • 1 179 fusils;
  • 74 mitrailleuses;
  • 36 lance‑grenades;
  • 34 lance‑roquettes;
  • 25 mortiers.

Face à ces données, le Pentagone rappelle gérer un stock de plusieurs millions d’armes et affirme prendre le sujet au sérieux, tout en reconnaissant que des erreurs et des pertes peuvent se produire au sein d’un système de cette taille.

Pression politique et demande de comptes

Des élus demandent davantage de transparence: rapports réguliers, suivi standardisé et responsabilisation des chaînes de commandement. Pour eux, la sécurité nationale et la sécurité des citoyens exigent une traçabilité plus robuste et des audits plus fréquents. De leur côté, des responsables militaires soutiennent que la majorité des procédures fonctionnent, mais admettent que la tolérance au risque doit tendre vers zéro quand il s’agit d’armes létales.

Enjeu central: prévenir plutôt que guérir

Le cœur du problème n’est pas uniquement de retrouver les armes manquantes, mais de prévenir les pertes:

  • Renforcer les inventaires et les contrôles d’accès;
  • Standardiser la maintenance des systèmes de sécurité;
  • Étendre la durée de conservation des données;
  • Améliorer la formation et les sanctions en cas de manquement.
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À défaut, chaque pièce égarée ou volée peut devenir un risque concret pour le public.

FAQ

Comment l’armée suit‑elle ses armes au quotidien ?

Par des registres d’inventaire, des numéros de série et des contrôles réguliers en dépôt et en unité. L’efficacité dépend toutefois de la rigueur locale, des systèmes utilisés et de la fréquence des audits.

Pourquoi les chiffres publics paraissent‑ils incomplets ?

Parce que certaines forces conservent les données sur une période limitée et que les systèmes d’enregistrement ne sont pas entièrement harmonisés. La FOIA permet d’éclairer une partie du tableau, mais il demeure des zones grises.

Quelles mesures concrètes peuvent réduire les pertes ?

Des coffrages intelligents (verrouillage biométrique), des capteurs de mouvement et d’ouverture, des inventaires numériques horodatés, et des audits inopinés menés par des équipes indépendantes.

Les armes volées sont‑elles souvent retrouvées ?

Certaines le sont lors d’interpellations ou de perquisitions, mais une part échappe durablement aux recherches, surtout lorsqu’elles circulent via des revendeurs informels ou des réseaux criminels.

Que peut faire un civil qui tombe sur une arme suspecte ?

Ne pas la manipuler, s’éloigner, noter l’endroit et alerter immédiatement les autorités locales. La priorité est d’éviter tout risque et de préserver d’éventuelles preuves.