Militaire

L’armée américaine en quête d’un bazooka anti-drones

L’armée américaine en quête d’un bazooka anti-drones

Le Pentagone prépare une nouvelle génération d’outils pour contrer les drones hostiles. L’objectif: disposer d’armes simples, mobiles et bon marché, capables de neutraliser des appareils aériens de petite taille depuis le sol ou directement à l’épaule.

Un appel officiel pour des solutions anti-drones

Un bureau interarmées dédié à la lutte contre les petits aéronefs sans pilote a lancé un appel à propositions. Toutes les composantes de l’armée américaine y participent, signe d’une prise de conscience partagée: les drones commerciaux et improvisés sont devenus des menaces réelles sur les théâtres d’opération comme en dehors.

Ce que le Pentagone veut obtenir

  • Des systèmes au sol à faible coût, destinés à empêcher l’accès aérien à courte et moyenne distance.
  • Des systèmes portatifs (ou « démontés ») assez légers pour être utilisés à l’épaule, à la manière d’un lance-roquettes.
  • Une portée opérationnelle d’au moins environ 500 mètres (environ 1 640 pieds).
  • La capacité de traiter des cibles variées: quadricoptères du commerce, drones plus volumineux et même des aéronefs à voilure fixe de la taille d’une voiture.

Contraintes de coût, de poids et d’emploi

Le cahier des charges met l’accent sur la sobriété:

  • Pour les systèmes au sol: un prix unitaire inférieur à environ 15 000 $.
  • Pour les systèmes portatifs: moins de 11 kg (≈ 24 lb) et un coût inférieur à environ 37 000 $ par système à l’échelle de production.
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Ces seuils laissent entendre que l’armée cherche des équipements robustes, faciles à déployer, à entretenir et à remplacer, sans dépendre de technologies trop onéreuses.

Menaces visées et effets recherchés

La priorité est de pouvoir neutraliser:

  • Des drones du commerce disponibles en rayon, faciles à modifier.
  • Des modèles plus puissants ou à plus longue endurance.
  • Des voilures fixes capables de couvrir de plus grandes distances.

Le Pentagone n’écarte pas l’usage de lasers comme option potentielle, aux côtés d’autres effets cinétiques ou dirigés, pour atteindre, dévier ou désactiver les appareils intrus.

Pourquoi maintenant ?

La prolifération mondiale des drones, leur faible coût et la facilité avec laquelle ils peuvent être adaptés pour des missions d’observation ou d’attaque créent un besoin urgent. À cela s’ajoutent les discussions publiques autour de phénomènes aériens non identifiés et, plus largement, la nécessité d’une réponse unifiée pour toutes les forces. D’où l’idée d’un ensemble d’outils interopérables, standardisés et faciles à déployer.

Vers une approche unifiée

En rassemblant les besoins de chaque armée au sein d’un bureau commun, l’objectif est d’éviter la dispersion des efforts, de réduire les coûts et d’accélérer l’adoption d’une solution éprouvée. Le résultat attendu: un kit anti-drone cohérent, capable d’être utilisé par différents corps, du soldat débarqué au poste fixe au sol.

Ce que cela change sur le terrain

  • Une réponse rapide face aux incursions à basse altitude.
  • Des systèmes plus légers et simples à manier, adaptés aux patrouilles.
  • Une économie d’échelle qui rend l’équipement plus accessible et plus présent sur le terrain.

FAQ

Ces systèmes détruisent-ils toujours les drones ?

Pas forcément. Selon l’option choisie, l’effet peut être cinétique (impact), énergétique (faisceau dirigé, comme un laser) ou perturbateur (brouillage). Le choix dépend de l’environnement, des règles d’engagement et du type de cible.

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Pourquoi viser des coûts si bas ?

Des coûts maîtrisés permettent un déploiement massif, une formation simplifiée et des remplacements rapides. Cela évite que chaque neutralisation de drone ne coûte plus cher que la menace elle-même.

Les lasers sont-ils réalistes en opération ?

Ils le deviennent progressivement. Les lasers exigent énergie et refroidissement, mais les progrès récents rendent viable leur usage contre des cibles faibles et rapides à courte distance, notamment par beau temps.

Quelle est la difficulté principale contre les drones commerciaux ?

Leur petite signature, leur manœuvrabilité et leur coût dérisoire. Ils peuvent voler bas, se fondre dans l’environnement et être rapidement remplacés par des adversaires.

Quand ces systèmes pourraient-ils arriver sur le terrain ?

Après l’appel à idées viennent les prototypes, les tests et la qualification. Un calendrier réaliste va de quelques mois à quelques années, selon la maturité des technologies choisies.