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Alex Karp, le PDG de Palantir, possède un doctorat en philosophie d’une université allemande et un diplôme en droit de Stanford. Il a un message clair pour ceux qui ont emprunté un parcours similaire.
Il a déclaré à Larry Fink, le CEO de BlackRock, lors du forum de Davos cette année : “Si vous avez étudié la philosophie dans une école d’élite, vous aurez peut-être besoin d’une autre compétence. La philosophie, c’est compliqué à valoriser sur le marché.”
Le message direct du PDG de Palantir
Karp affirme sans détour que l’**intelligence artificielle** est en passe de **détruire les emplois liés aux sciences humaines**. Selon lui, ceux qui s’en sortiront sont les professionnels disposant de **compétences techniques spécifiques**. Le savoir général acquis dans une institution prestigieuse ne sera plus suffisant.
Ceci soulève des débats ; tout le monde n’est pas d’accord avec cette approche. Par exemple, le partenaire mondial de McKinsey a récemment affirmé que la société recherche activement des diplômés en arts libéraux pour leur **créativité**. De même, le COO de BlackRock a indiqué que l’entreprise valorise les diplômés n’ayant aucune formation en finance ou en technologie. Toutefois, Karp dirige une entreprise de technologie de défense qui adopte une vision différente de l’avenir.
Les preuves de Karp ne sont pas simplement théoriques. Son système Maven, un outil d’IA qui analyse les images de drones pour l’**Armée américaine**, est dirigé par un ancien agent de police ayant fréquenté un collège communautaire. Cela met en évidence que les traditionnels **signaux de compétence**, tels que les écoles prestigieuses et les diplômes généraux, perdent de leur valeur. L’essentiel est désormais la capacité à **agir concrètement**.
En outre, il a lancé une **bourse de mérite** l’année précédente, offrant aux étudiants du secondaire un stage rémunéré pouvant déboucher sur un emploi à temps plein, sans passer par le circuit universitaire habituel.
Importance de cette réflexion
Ce n’est pas seulement un PDG qui exprime une opinion audacieuse à Davos.
Le **taux de chômage chez les jeunes** âgés de 16 à 24 ans a atteint 10,4 % en décembre dernier. Une étude récente de Lumina-Gallup révèle que 47 % des étudiants envisagent sérieusement de changer de filière à cause des inquiétudes liées à l’intelligence artificielle, et 16 % l’ont déjà fait. L’angoisse est tangible et la réaction des universités peine à suivre.
Notre avis : Karp a probablement raison de souligner que le savoir général seul ne suffira pas, mais le contraste entre **sciences humaines** et **formation professionnelle** est trop simpliste. La question essentielle est de savoir si les universités peuvent réellement former les étudiants à travailler en interaction avec l’IA, plutôt que de simplement alerter sur son avènement.
Actuellement, la majorité d’entre elles n’y parviennent pas, et c’est un véritable problème. Personnellement, je pense qu’à mesure que l’IA s’intégrera davantage dans nos vies, les gens chercheront inéluctablement quelque chose de **créé par des humains**. À l’heure actuelle, nous sommes tous fascinés par les capacités de l’IA. Mais dès que la nouveauté s’estompe, les **sciences humaines** retrouveront leur place, alors que les gens se tourneront de nouveau vers l’art, la musique et la littérature générés par des créateurs humains.
Remarque de l’éditeur : Ce contenu a été initialement publié dans la lettre d’information de notre publication sœur, The Neuron. Pour lire davantage de contenu de The Neuron, inscrivez-vous à sa lettre d’information ici.
