L’Intelligence Artificielle au Service de la Pollution
En 2025, l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) prend une ampleur inédite dans divers domaines, y compris pour les entreprises fortement critiquées pour leur impact environnemental. Ces dernières voient dans cette technologie prometteuse une opportunité pour diffuser des messages favorables à leurs intérêts.
Tony Cox : Un Porte-parole de l’Industrie Petrochimique
Louis Anthony “Tony” Cox Jr, ancien conseiller de Donald Trump et représentant de l’industrie pétrochimique, se consacre actuellement à la création d’un programme d’intelligence artificielle, un modèle de langage, destiné à filtrer les informations jugées indésirables sur les polluants. Selon des rapports, ce projet viserait à censurer les études épidémiologiques perçues comme étant trop critiques à l’égard des intérêts de son secteur.
Cox, qui a précédemment soutenu qu’il n’y avait pas de lien entre la pollution de l’air et les problèmes respiratoires, a nourri des collaborations avec plusieurs entreprises controversées comme Philip Morris USA, l’American Chemistry Council, et la Truck and Engine Manufacturers Association. L’inspection des liens qu’il entretient avec l’American Petroleum Institute révèle une proximité notable, à tel point qu’il aurait même permis à ce groupe de lobbystes de modifier ses recherches.
Un Projet Née d’une Conversation avec ChatGPT
Le développement du modèle de langage de Cox a débuté en 2023, après qu’il ait eu un long échange avec ChatGPT. Au cours de cette conversation, il a débattu des effets des polluants et demandé à l’IA de composer des poèmes sur des thèmes comme Abraham Lincoln et les particules nocives de type PM2.5. L’évocation des PM2.5 a donné lieu à une phrase poétique mais trompeuse : “aucun nez ne peut te détecter, tant tu es délicat.”
Frustré par le temps qu’il a fallu pour convaincre ChatGPT que les PM2.5 ne causent pas le cancer du poumon — une idée qu’il soutient depuis longtemps — Cox s’est tourné vers ses contacts dans le secteur pétrochimique. Son objectif : créer une application préentraînée pour éviter de telles vérités embarrassantes.
Manipulation de l’Information et AI-Washing
L’application qu’il développe visera manifestement à fournir aux utilisateurs l’information que lui et ses partenaires souhaitent transmettre. Son passé, comprenant des études financées par l’industrie sur la sécurité des PFOA, sera sans aucun doute utilisé pour entraîner son modèle.
Les experts soulignent que cette approche, que l’on pourrait appeler “AI-washing”, pourrait agir comme une forme insidieuse de propagande de masse. Plutôt que de faire appel à des scientifiques, l’industrie cherche à confier cette tâche à une machine, déshumanisant ainsi le processus et prétendant à une objectivité.
Itai Vardi, membre de l’Energy and Policy Institute, met en garde : “Ces modèles de langage ne sont pas simplement programmés, mais construits et entraînés. Dans les mains d’une telle industrie, ils peuvent devenir dangereux et affaiblir la confiance du public dans des questions scientifiques cruciales.”
Une Ironie à Ne Pas Sous-Estimer
L’insistance de Cox sur l’usage de l’IA pour dissimuler des informations sur la santé publique est d’autant plus ironique que l’IA a elle-même un impact environnemental majeur, en particulier à travers la pollution de l’air. Des études récentes indiquent un lien entre les générateurs alimentés au charbon, utilisés pour faire fonctionner les centres de données IA aux États-Unis, et une augmentation des décès prématurés dus au cancer et à l’asthme.
Il est probable qu’une fois opérationnel, le projet de Cox n’attirera pas l’attention. Au contraire, il pourrait s’intégrer discrètement dans le flux continu de nouveaux outils basés sur l’IA, apportant ainsi une série de conséquences imprévues.
FAQ
Quelle est la position de Tony Cox sur la pollution de l’air ?
Cox a nié tout lien entre la pollution de l’air et les problèmes respiratoires, malgré des études établissant ce lien.
Quel est l’objectif principal du modèle de langage de Cox ?
Son but est de censurer les informations qui nuisent à l’image de l’industrie pétrochimique, en diffusant des messages favorables.
Comment fonctionne le processus d’AI-washing ?
L’AI-washing implique l’utilisation d’intelligence artificielle pour générer ou censurer des informations, en donnant l’impression d’une neutralité impartiale et scientifique.
Quels sont les impacts environnementaux de l’IA ?
L’usage d’IA a des effets négatifs potentiels, notamment par l’augmentation de la pollution atmosphérique due à l’approvisionnement énergétique des centres de données.
Qui finance le développement du modèle de Cox ?
Cox semble être soutenu par des intérêts de l’industrie pétrochimique, ce qui soulève des inquiétudes quant à l’objectivité des informations fournies.
