Un stratagème surprenant de Google pour retenir ses talents
Google semble avoir trouvé une méthode étonnante pour protéger ses employés des chasseurs de têtes : les rémunérer pour ne pas travailler.
Le « jardinage » comme protection
Selon un article de Business Insider, certains employés de Google, basés au Royaume-Uni et travaillant pour le laboratoire d’intelligence artificielle DeepMind, se voient offrir des vacations de six mois – et dans certains cas, d’un an – sans avoir à exercer leur métier après avoir quitté leurs postes. Ce phénomène est connu sous le nom de « jardin leave », et représente une version avantageuse des accords de non-concurrence. Ces derniers interdisent à un employé de rejoindre un concurrent pendant un laps de temps défini après son départ de l’entreprise.
Objectif des accords
Ces clauses, censées empêcher un pillage agressif des talents, empêchent aussi les employés sortants de travailler pour d’éventuels concurrents. Bien que ce type d’accord soit plus courant au Royaume-Uni qu’aux États-Unis, où il est généralement réservé aux dirigeants très bien rémunérés, il a pour but de protéger les intérêts de l’entreprise.
Difficultés rencontrées par les employés
Bien que cette situation semble favorable pour les employés, ceux de DeepMind à Londres se plaignent que ces accords de jardinage et les non-concurrences freinent leur capacité à trouver un emploi significatif après leur départ du laboratoire. Aux États-Unis, les non-concurrences perdent en effet de leur force à la suite de pressions législatives, alors qu’elles restent très en vigueur au Royaume-Uni – tant qu’elles sont justifiées par les intérêts commerciaux protégés par l’entreprise.
Les défis des ex-employés
Les accords de non-concurrence, tout comme les accords de non-divulgation, compliquent la vie des anciens employés, qui ne peuvent tout simplement pas travailler pour un concurrent sans encourir les foudres des avocats de Google. L’absence de clarté sur ce que DeepMind considère comme un « concurrent » peut également constituer un obstacle majeur. En effet, un ancien employé a souligné que trouver un nouvel emploi après la signature d’un tel accord est un défi majeur, surtout dans un domaine aussi dynamique que l’intelligence artificielle.
Une mise en garde publique
Nando de Freitas, un ancien directeur de DeepMind devenu membre de Microsoft, a récemment exprimé, via les réseaux sociaux, qu’il ne fallait pas signer de tels contrats. Il a insisté sur le fait qu’aucune entreprise américaine ne devrait avoir un tel pouvoir, surtout en Europe, qualifiant ces pratiques d’abus de pouvoir inacceptable.
FAQ
Pourquoi Google utilise-t-il le “jardin leave” ?
Cette méthode permet à Google de garder ses talents tout en les empêchant de rejoindre la concurrence, tout en leur offrant un revenu pendant une période de transition.
Quels sont les risques associés aux accords de non-concurrence ?
Ces accords peuvent empêcher les employés de travailler dans leur domaine d’expertise, limitant ainsi leur mobilité professionnelle et leurs opportunités d’emploi.
Existe-t-il des alternatives aux accords de non-concurrence ?
Certains employés favorisent les clauses de jardinage, mais il existe aussi des politiques de relocalisation qui peuvent aider à faciliter la transition vers de nouveaux emplois sans restrictions.
Y a-t-il une tendance croissante contre les non-concurrences aux États-Unis ?
Oui, plusieurs États explorent des législations visant à rendre ces accords moins applicables, en réponse à des inquiétudes sur leur impact sur la liberté d’emploi.
Comment les employés peuvent-ils se protéger ?
Il est conseillé aux employés de bien lire et de comprendre les termes de leurs contrats, et d’envisager de consulter un avocat avant de signer des accords de non-concurrence ou de jardinage.
