Les âges sombres
L’Université de Californie à Los Angeles (UCLA) a annoncé qu’à partir de l’année prochaine, elle proposera un cours de littérature comparée dédié à la rédaction médiévale et de la Renaissance, qui s’appuiera largement sur des matériaux générés par intelligence artificielle.
Ce cours, officiellement intitulé « Panorama de la littérature du Moyen Âge au XVIIe siècle », va prévoir bien plus que des éléments supplémentaires ici et là. L’intégralité du cours reposera sur des ressources créées par l’IA, comprenant un manuel entièrement généré par machine, des devoirs également produits par cette technologie et des outils pour les assistants pédagogiques.
L’annonce a provoqué des réactions vives parmi les écrivains et les chercheurs. En effet, il y a eu une forte indignation, ainsi que moquerie, notamment à cause de l’absurdité du manuel de cours généré par l’IA. La couverture de ce dernier affiche des textes incompréhensibles. Par exemple, une phrase sur la couverture indique : « De Nerniacular Latin À Un Evoolitun Sur Nance Langusages. »
Boucle fermée
Ce choix de s’appuyer sur une technologie d’IA met en lumière les limitations des systèmes génératifs. Ces modèles ont souvent du mal à fournir des informations exactes, pouvant même inventer des faits. Ce phénomène est décrit par l’industrie comme des “hallucinations”, mais on pourrait le qualifier plus adéquatement de n’importe quoi. De plus, ils peuvent déformer les sources originales en reproduisant leur contenu de manière inexacte.
Pour créer le matériel de ce cours, UCLA utilise une plateforme nommée Kudu, développée par un autre professeur de l’université, ce qui laisse penser que cette promotion apparait un peu forcée. Zrinka Stahuljak, la professeure à l’origine de ce projet, a expliqué qu’elle a alimenté l’outil d’IA avec ses notes de cours passées, évitant ainsi d’intégrer des sources extérieures pour donner une plus grande fiabilité à son manuel.
Elle précise que « L’outil répondra uniquement sur la base du contenu du cours », visant bien sûr à protéger ses étudiants de l’utilisation d’autres outils d’IA pour tricher.
Abandon de responsabilité
Pour Stahuljak, l’usage de l’IA permettrait de gagner du temps pour les enseignants. Elle argumente qu’auparavant, elle passait ses cours à contextualiser le matériel et à utiliser des visuels pour clarifier les concepts. Merci au manuel désormais généré, elle pourra se concentrer davantage sur la lecture des sources primaires avec les étudiants, ce qui lui permettra de les guider dans leur réflexion critique.
Toutefois, est-il vraiment préférable que les étudiants reçoivent une simple synthèse fournie par l’IA au lieu de bénéficier d’instructions directes et précieuses de leur professeur? Beaucoup de ses collègues se montrent réservés à ce sujet. Dan Walden, philologue et professeur à l’Université de Tulsa, a même tweeté que ceux qui veulent aller dans cette direction devraient voir leur doctorat révoqué, dénonçant un abandon de la responsabilité professionnelle à un niveau qui frôle le ridicule.
FAQ
Pourquoi utiliser l’IA dans l’enseignement?
Les outils d’IA peuvent alléger la charge de travail des enseignants en automatisant la création de contenus pédagogiques, permettant ainsi une meilleure concentration sur l’interaction avec les étudiants.
Quels sont les risques associés à l’utilisation de l’IA dans l’éducation?
L’utilisation de l’IA peut mener à la diffusion de fausses informations, car les modèles peuvent mal interpréter ou déformer le contenu des sources originales.
Quel impact cela a-t-il sur l’apprentissage des étudiants?
Il pourrait y avoir une réduction de l’interaction humaine et des explications en profondeur, ce qui pourrait nuire à la compréhension critique des sujets abordés.
Existe-t-il d’autres exemples d’utilisation de l’IA dans les universités?
Oui, plusieurs établissements explorent des applications de l’IA pour l’analyse de données, la personnalisation des parcours d’apprentissage, et même le soutien à la recherche académique.
Comment les étudiants réagissent-ils à cette initiative?
Les opinions varient, certains étudiants pourraient apprécier l’intégration de nouvelles technologies, tandis que d’autres pourraient s’inquiéter de la perte d’interaction directe avec leurs enseignants.
