Énergie

Des Physiciens Nucléaires Explorent une Alternative Plus Sûre à l’Uranium.

Des Physiciens Nucléaires Explorent une Alternative Plus Sûre à l'Uranium.

Dépasser les craintes nucléaires

La fusion nucléaire, bien qu’elle soit considérée comme l’énergie la plus puissante qu’on puisse envisager, n’a pas encore été maîtrisée. En attendant que les scientifiques trouvent une solution pour la stabiliser, la fission nucléaire reste l’alternative la plus accessible. De nombreux pays exploitent déjà cette technologie, mais des incidents passés de fusions nucléaires continuent d’alimenter les craintes autour de son utilisation.

La promesse d’une fission plus sûre

Cela dit, imaginons un futur où la fission nucléaire deviendrait plus sûre. Cette vision repose sur l’utilisation de sels de thorium, qui sont légèrement radioactifs, à la place de l’uranium. Au moment où j’écris ces lignes, une entreprise néerlandaise spécialisée dans les matériaux nucléaires, nommée NRG, a lancé avec succès des essais de fission à partir de thorium. C’est la première tentative depuis que les recherches sur le thorium menées au Laboratoire national Oak Ridge aux États-Unis se sont arrêtées au début des années 70. Plus de 45 ans après, les perspectives autour de la fission basée sur le thorium semblent encore très prometteuses.

A lire :  Premières chutes de neige : les panneaux solaires révèlent un effet surprenant appelé à s’intensifier

Une technologie améliorée

Les réacteurs utilisant le thorium, ou réacteurs à sels fondus, proposent une approche plus sécurisée de l’énergie nucléaire. Ces systèmes sont conçus pour prévenir les méltdowns et sont plus difficiles à utiliser à des fins militaires comparés à l’uranium. Le processus repose sur la capacité du thorium à absorber des neutrons, ce qui permet de le transformer en un isotope d’uranium artificiel. Les premiers essais de NRG portent sur des concepts de réacteurs à petite échelle, avec un modèle appelé réacteur à sels fondus rapides, qui utilise précisément ces sels de thorium. Théoriquement, ce type de réacteur pourrait également utiliser le carburant nucléaire usé des réacteurs à base d’uranium conventionnel. Par ailleurs, il existe la possibilité d’exploiter le thorium sous forme liquide, ce qui pourrait permettre des conceptions de réacteurs auto-régulés et à sécurité accrue.

Une vision pour l’avenir nucléaire

Alors que la nécessité de trouver des sources d’énergie plus propres se fait de plus en plus pressante à l’échelle mondiale, l’intérêt pour la fission à base de thorium est en plein renouveau. Bien que la fusion nucléaire reste le Saint Graal en termes de puissance énergétique — offrant quatre fois plus d’énergie que la fission — son développement prend encore du temps avant d’être viable.

Sander de Groot, représentant de NRG, souligne que cette technologie possède un énorme potentiel pour la production d’énergie à grande échelle, et il est crucial d’être en avance lorsque celle-ci percera.

NRG n’est pas la seule entreprise à explorer cette avenue. Dans d’autres pays comme la Chine, de nombreux projets sont en cours, qui incluent des réacteurs à sels de thorium dans leurs ambitions nucléaires. La Chine prévoit de mettre en service une centrale à sels de thorium d’ici 15 ans, en plus de 30 nouvelles centrales basées sur l’uranium.

A lire :  Parc solaire inédit : 250 litres d’hydrogène par jour, en plus de l’électricité

Vers un avenir sûr ?

Bien que la fission ait déjà fait ses preuves, l’avènement de réacteurs à sels de thorium pourrait rendre cette technologie encore plus efficace. Les avantages tels qu’une absence de meltdown et une difficulté de militarisation représentent des atouts supplémentaires pour tous ceux qui s’inquiètent des dangers nucléaires. Comme le mentionne le MIT Tech Review, cela pourrait « ouvrir la voie à un avenir plus sûr pour l’énergie nucléaire ».

FAQ

Quels sont les avantages des réacteurs à sels de thorium par rapport aux réacteurs à uranium classiques ?

Les réacteurs à sels de thorium sont plus sûrs, car ils ont une meilleure protection contre les débordements et sont plus difficiles à militariser.

Pourquoi le thorium est-il considéré comme une alternative prometteuse ?

Le thorium est plus abondant que l’uranium et produit moins de déchets nucléaires à long terme, ce qui en fait une option plus durable.

D’autres pays travaillent-ils sur la technologie des réacteurs à sels de thorium ?

Oui, des pays comme le Canada, la France, le Royaume-Uni, l’Inde et le Japon explorent également cette technologie.

Combien de temps faudra-t-il pour que la fusion nucléaire soit une réalité ?

Bien que des avancées aient été réalisées dans la recherche sur la fusion, il pourrait encore s’écouler plusieurs années avant qu’elle ne soit stable et amplifiée pour une utilisation commerciale.

Quel est l’impact environnemental d’une centrale à thorium ?

Les réacteurs à thorium génèrent moins de déchets nucléaires et présentent moins de risques pour l’environnement comparés aux réacteurs à uranium traditionnels.

A lire :  Biden vise une électricité 100 % décarbonée d’ici 2035