Un partenariat belge pour un parc solaire-hydrogène intégré
Quatre entreprises belges ont scellé un accord pour édifier ce qui est présenté comme le premier parc au monde combinant, sur un même site, production d’électricité solaire et fabrication d’hydrogène vert. Le consortium réunit le développeur de projets Ether Energy, l’EPC solaire SunBuild, la société technologique Solhyd et l’expert des gaz industriels Nippon Gases. Ensemble, elles visent un objectif simple mais ambitieux : rendre l’hydrogène renouvelable plus sobre en infrastructure, plus abordable et plus facile à déployer.
Un démonstrateur en Wallonie dès 2026
Le site pilote sera implanté en Wallonie avec une puissance solaire d’environ 2 MWc. Il s’agit d’une première démonstration à échelle proche du marché, conçue pour prouver la viabilité technique et économique d’un parc hybride. L’exploitation est prévue sur une période minimale de cinq ans, afin d’observer la performance en conditions réelles, la stabilité de la production et l’intégration opérationnelle. Le consortium prépare déjà la suite avec un second projet de 2 MW envisagé pour 2028, prélude à un déploiement en Europe et dans des régions à fort ensoleillement.
Une technologie qui capte le soleil et l’air
Issue de recherches menées à l’Université KU Leuven, la solution Solhyd transforme directement la lumière du soleil et l’humidité de l’air en hydrogène. Elle se distingue par l’absence de métaux rares, de consommation d’eau liquide et de lourdes connexions réseau. Cette approche limite les dépendances critiques et simplifie la mise en œuvre sur des sites variés.
- Des modules d’environ 50 kW sont installés aux côtés du parc photovoltaïque.
- Une batterie intégrée gère les variations de production et stabilise l’alimentation électrique locale.
- L’ensemble forme un site hybride capable de fournir à la fois de l’électricité et un carburant décarboné pour l’industrie.
Côté performances, les chiffres communiqués évoquent une production d’environ 250 litres d’hydrogène par jour à un rendement de pointe de 15 %. Au-delà des valeurs instantanées, l’intérêt majeur réside dans la simplicité de l’architecture et la réduction des étapes intermédiaires (compression, transport, raccordement lourd), qui pèsent souvent sur le coût final de l’hydrogène.
Un site modulaire, évolutif et facile à déployer
Le dispositif est modulaire et pensé pour une installation rapide. À mesure que la technologie progresse, la part de modules Solhyd peut augmenter dans les futurs parcs, transformant chaque site en écosystème énergétique local: électricité pour les usages immédiats, hydrogène pour le stockage saisonnier, le process industriel ou la mobilité.
Rôles et apports des partenaires
- Solhyd fournit la technologie de production d’hydrogène solaire et pilote son intégration avec le photovoltaïque.
- Ether Energy possède et exploite l’infrastructure, garantissant la performance dans la durée.
- SunBuild, spécialiste EPC, conçoit et construit le parc, avec un accent sur la qualité d’exécution et la maintenance.
- Nippon Gases prend en charge le conditionnement, le stockage et la distribution de l’hydrogène produit. Fort de ses activités historiques dans l’agroalimentaire, la chimie ou la pharmacie, le groupe étend ainsi son offre vers un hydrogène bas-carbone recherché par les industriels.
Pourquoi c’est important
En produisant l’hydrogène directement là où l’énergie solaire est captée, le projet élimine plusieurs couches de complexité et coûts. Il démontre qu’un parc solaire peut créer plus de valeur que la seule vente d’électricité, ouvrant de nouvelles perspectives d’investissement et accélérant la transition énergétique. La réussite de ce démonstrateur servirait de référence pour répliquer le modèle sur d’autres sites européens et dans des zones très ensoleillées.
FAQ
À quoi servira l’hydrogène produit sur le site ?
Principalement à des usages industriels (chaleur de procédé, mélange avec du gaz, réactif chimique) et comme carburant pour des flottes captives ou la logistique. Il peut aussi contribuer au stockage saisonnier d’énergie, en complétant les batteries pour des durées plus longues.
En quoi ce modèle diffère-t-il d’une chaîne PV + électrolyseur classique ?
Ici, la production d’hydrogène est intégrée à la source solaire et pensée pour fonctionner avec une infrastructure allégée (moins de raccordements lourds, pas d’eau liquide à gérer). Cela réduit les pertes, limite les CAPEX annexes et simplifie l’implantation sur des sites sans gros réseau.
Le site pourra-t-il fonctionner partiellement hors réseau ?
Oui. La combinaison PV + batterie + hydrogène permet un fonctionnement hybride: alimentation locale, services au réseau quand il est disponible, et autonomie partielle lors des pics ou des coupures, en fonction des besoins et des autorisations.
Quelles sont les principales exigences de sécurité et d’urbanisme ?
Comme tout site manipulant de l’hydrogène, il faut respecter des règles strictes: zones ventilées, détection, ATEX, distances de sécurité et procédures d’exploitation. Les permis locaux peuvent inclure des études d’impact, de sécurité incendie et de bruit, ainsi que des contrôles périodiques.
Quel est l’impact sur l’eau et l’environnement local ?
La technologie n’utilise pas d’eau liquide: elle capte l’humidité de l’air, ce qui limite les prélèvements dans le milieu. L’empreinte au sol reste celle d’un parc solaire classique, avec des mesures possibles de biodiversité (enherbement, gestion des habitats) pour minimiser l’impact et favoriser les co-bénéfices écologiques.
