Énergie

Un matériau « imprononçable » propulse les panneaux solaires: jusqu’à 200 % de puissance en plus.

Un matériau « imprononçable » propulse les panneaux solaires: jusqu’à 200 % de puissance en plus.

Un bond de performance qui change la donne

Des chercheurs présentent une nouvelle génération de panneaux fondés sur une tandem pérovskite–silicium capables d’être jusqu’à 200 % plus puissants que les modules en silicium classiques. Le secret ne tient pas uniquement à l’empilement des deux matériaux : une molécule difficile à prononcer apporte le dernier coup de pouce qui fait basculer les performances.

Qui est derrière cette avancée

Cette percée est le fruit d’un travail conjoint entre la King Abdullah University of Science and Technology (KAUST), l’Université de Fribourg et le Fraunhofer Institute for Solar Energy Systems ISE. Leur objectif : une solution efficace et peu coûteuse qui s’intègre au marché actuel du solaire. L’élément décisif ? Un composé chimique précis, capable d’optimiser l’interface des couches actives et de stabiliser l’ensemble.

Le rôle clé du matériau « imprononçable »

Le cœur du progrès vient d’une meilleure passivation de surface. En clair, on réduit les défauts électriques à la surface des couches qui composent la cellule. Moins de défauts, c’est moins de pertes d’énergie et donc plus d’électricité produite pour la même lumière reçue.

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Jusqu’ici, appliquer correctement une couche de pérovskite sur du silicium texturé (une surface volontairement irrégulière pour capter plus de lumière) posait problème : ces reliefs compliquaient la passivation et plafonnaient l’efficacité. En déposant la fameuse molécule sur la couche de pérovskite, les chercheurs créent un effet de champ bénéfique sur toute l’interface : la surface devient plus stable, la conductivité progresse et la tension de sortie grimpe.

Passivation, qu’est-ce que cela change concrètement ?

  • La surface « piège » moins les charges électriques.
  • Les recombinaisons indésirables diminuent.
  • Le courant et la tension s’améliorent en même temps.
    Résultat : la cellule travaille plus près de son potentiel maximal, sans modifier la lumière reçue.

Des chiffres qui bousculent les standards

Les cellules tandem pérovskite–silicium de dernière génération ont franchi la barre des 33,1 % de rendement en laboratoire, quand les cellules au silicium les plus avancées tournent autour de 29,4 %. Sur un panneau, cela se traduit par plus d’électricité produite à surface égale et, in fine, par des systèmes photovoltaïques plus compacts pour une puissance donnée.

Pourquoi c’est le bon moment

Le marché s’appuie surtout sur le silicium, apprécié pour son coût contenu et sa fiabilité. En ajoutant une couche de pérovskite par-dessus et en maîtrisant finement la passivation, on tire le meilleur des deux mondes. Cette approche permet de dépasser les limites actuelles sans réécrire les lois du photovoltaïque : on les affine et on les recalibre.

Un futur solaire plus puissant et plus accessible

Dans cette avancée, la molécule mise en avant est le 1,3‑diaminopropane dihydroiodide (dihydroiodure de 1,3‑diaminopropane). Avec ce composé, les chercheurs constatent des gains d’efficacité pouvant dépasser 200 % par rapport à des panneaux silicium plus datés. Au fur et à mesure que la tandem pérovskite–silicium s’impose, ce matériau pourrait devenir un nom courant du solaire. La trajectoire est claire : des cellules déjà record en énergie ouvrent la voie à des panneaux plus performants, plus stables et, à terme, plus abordables.

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Ce que cela implique pour l’énergie

  • Des systèmes plus puissants à surface identique.
  • Des installations qui produisent davantage sur les toits existants.
  • Un pas concret vers une électricité propre et compétitive, cruciale face aux changements climatiques.

FAQ

Quel est exactement ce composé « imprononçable » ?

Il s’agit du 1,3‑diaminopropane dihydroiodide, un sel organique-halogéné. Son rôle principal est de passiver la surface de la pérovskite et de créer un effet de champ qui aide les charges électriques à circuler sans se perdre dans les défauts.

Cette technologie est-elle compatible avec les usines actuelles ?

En grande partie oui. Les lignes silicium doivent toutefois intégrer des étapes supplémentaires : dépôt de la pérovskite, traitement de surface pour la passivation, puis encapsulation adaptée. Cela requiert des ajustements d’équipement et de contrôle qualité, mais s’appuie sur des procédés connus de l’industrie.

Qu’en est-il de la durabilité des cellules tandem ?

La stabilité des pérovskites progresse rapidement grâce à de meilleures formulations, des interfaces passivées et une encapsulation renforcée. Des tests d’accélération du vieillissement (chaleur, humidité, UV) montrent des avancées nettes, mais la qualification à long terme en conditions réelles reste la dernière étape avant une adoption massive.

Y a-t-il des enjeux environnementaux ?

Certaines pérovskites contiennent du plomb en très faible quantité. L’industrie travaille sur des barrières d’étanchéité, des protocoles de recyclage et des filières de fin de vie pour éviter toute fuite. Par ailleurs, la hausse d’efficacité réduit la quantité de matériau nécessaire par kilowatt installé.

À quel horizon pour une commercialisation large ?

Des démonstrateurs existent déjà. Une montée en puissance industrielle peut s’envisager dans les prochaines années, sous réserve de valider la durabilité, le rendement en production et les coûts. Les premiers produits commerciaux à plus grande échelle pourraient suivre une fois ces étapes franchies.

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