Énergie

L’État de New York envisage d’interdire tout minage de cryptomonnaies alimenté par des combustibles fossiles

L’État de New York envisage d’interdire tout minage de cryptomonnaies alimenté par des combustibles fossiles

Depuis plusieurs semaines, un projet de loi new-yorkais qui interdirait le minage de cryptomonnaies alimenté par des énergies fossiles attend la signature — ou le veto — de la gouverneure. Cette affaire est restée discrète alors même que la bourse et les marchés crypto ont fortement chuté, reléguant ce débat environnemental au second plan.

Où en est le texte ?

Après des débuts incertains, le projet a finalement été adopté par les deux chambres de la législature de l’État. Une mobilisation publique soutenue a accéléré le vote, transformant un dossier perçu comme fragile en un texte réellement abouti.

S’il est signé, New York deviendra le premier État américain à instaurer un moratoire de deux ans sur une partie du minage : celui qui repose sur la preuve de travail (proof of work) et qui puise son électricité dans le charbon, le fioul ou le gaz. Le document est désormais sur le bureau de Kathy Hochul, tandis que le maire de New York, Eric Adams, connu pour sa sympathie envers la crypto, incite publiquement à opposer un veto.

Ce que la loi cible (et ce qu’elle épargne)

Le texte ne s’attaque pas à la crypto en général. Il vise un type précis d’activité: le minage gourmand en énergie quand il est nourri par des centrales fossiles. L’objectif affiché est simple: éviter que des sites industriels obsolètes ou polluants soient relancés uniquement pour alimenter des fermes de minage.

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En revanche, tout ce qui s’appuie sur des énergies renouvelables (éolien, solaire, hydraulique) resterait autorisé. De même, les méthodes de validation moins énergivores, comme la preuve d’enjeu (proof of stake) ou la preuve d’autorité, ne sont pas concernées. L’esprit du texte est donc de réorienter l’écosystème vers des pratiques plus sobres plutôt que de l’étouffer.

Pourquoi cela crispe

Les partisans du projet affirment que la mesure est ciblée et temporaire. Selon eux, si les entreprises de minage n’ont pas l’intention d’acheter ou de redémarrer des centrales fossiles, elles ne devraient pas être inquiètes par une pause limitée aux opérations alimentées par ces sources.

Les défenseurs de la crypto y voient au contraire un signal négatif pour l’innovation et l’investissement, avec un risque de délocalisation de l’activité vers d’autres États plus permissifs. Ils redoutent aussi une incertitude réglementaire qui, même temporaire, peut freiner l’aménagement d’infrastructures numériques.

Le cœur du problème énergétique

Le proof of work exige une puissance de calcul colossale, donc une consommation électrique élevée. Quand cette électricité provient d’énergies fossiles, l’empreinte carbone grimpe. Le projet new-yorkais trace une frontière nette: le minage intensif, oui, mais pas au prix d’un retour en arrière climatique.

En pratique, la loi encourage ceux qui veulent rester à New York à s’alimenter en électricité verte ou à changer de mécanisme de consensus. Plusieurs acteurs du secteur le font déjà, par choix économique ou pour soigner leur image.

Ce qui se joue maintenant

Le sort de l’industrie du minage à New York est suspendu à la décision de la gouverneure, qui étudie en parallèle d’autres textes alors qu’elle est engagée dans une campagne électorale. Quelle que soit l’issue, le dossier servira de référence nationale: un feu vert pourrait inspirer d’autres États à encadrer la consommation énergétique du minage, un veto renforcerait l’idée que la crypto reste la bienvenue à condition de progresser vers des pratiques plus propres.

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En résumé

  • Moratoire de deux ans uniquement sur le minage par preuve de travail alimenté par des énergies fossiles.
  • Minage via renouvelables, preuve d’enjeu ou preuve d’autorité: non visés.
  • Enjeu principal: réduire l’empreinte carbone sans éteindre le secteur.
  • Décision finale: entre les mains de la gouverneure Hochul; le maire Eric Adams plaide pour un veto.

FAQ

Quel impact économique à court terme pour New York ?

  • Les sites de minage dépendant de l’électricité fossile seraient gelés, ce qui peut retarder certains investissements et embauches locales. En revanche, les projets branchés sur des renouvelables ou basculant vers des méthodes moins énergivores pourraient capter des financements et des incitations vertes.

Comment une telle loi serait-elle appliquée ?

  • L’État peut s’appuyer sur les autorisations environnementales et les permis énergétiques. Les exploitants doivent prouver la source d’électricité utilisée; les autorités peuvent refuser, suspendre ou ne pas renouveler des permis si l’activité repose sur des centrales fossiles.

Les mineurs peuvent-ils s’adapter sans quitter l’État ?

  • Oui. Options possibles: contrats d’électricité 100% renouvelable, installation à proximité de parcs solaires/éoliens, récupération de chaleur fatale pour améliorer l’efficacité, ou migration vers des protocoles en preuve d’enjeu quand cela est compatible avec leur modèle.

D’autres régions envisagent-elles des règles similaires ?

  • Le mouvement est hétérogène. Certaines juridictions testent des moratoires locaux ou des études d’impact, tandis que d’autres, au contraire, cherchent à attirer le minage via des tarifs avantageux. À l’international, le débat sur la consommation énergétique de la crypto est récurrent, avec des propositions allant de la transparence renforcée à des restrictions ciblées.
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Que change concrètement la preuve d’enjeu par rapport à la preuve de travail ?

  • La preuve d’enjeu remplace la compétition informatique par un verrouillage de fonds: on mise ses cryptoactifs pour sécuriser le réseau. Résultat: bien moins d’électricité consommée, des coûts d’exploitation plus bas, et une empreinte carbone réduite par rapport à la preuve de travail alimentée par des sources fossiles.