Énergie

Adieu au photovoltaïque ? L’Australie découvre un matériau « impossible » et inaugure une nouvelle génération de cellules

Adieu au photovoltaïque ? L’Australie découvre un matériau « impossible » et inaugure une nouvelle génération de cellules

Une avancée qui bouscule le solaire

Des ingénieurs australiens viennent de déjouer les pronostics dans le photovoltaïque. À l’Université de Nouvelle-Galles du Sud (UNSW Sydney), une équipe a porté les performances d’un nouveau type de cellule bien au-delà des plafonds observés ces dernières années. Cette percée, obtenue avec un matériau appelé kestérite, ouvre la voie à une génération de panneaux plus durables, abordables et faciles à produire, capable de redessiner le paysage des énergies renouvelables.

Un record obtenu grâce à l’hydrogène

Pendant près de six ans, les cellules à base de kestérite stagnaient autour de 11 % de rendement. L’équipe de l’UNSW a franchi un cap avec un record de 13,2 %, en s’appuyant sur un traitement thermique innovant sous hydrogène. Ce “recuit à l’hydrogène” vient combler les défauts du matériau, qui d’ordinaire dispersent les charges et limitent la conversion de la lumière en électricité. En langage simple, l’hydrogène “calme” les imperfections internes, ce qui augmente la tension et le courant délivrés par la cellule. Résultat : plus d’énergie, sans changer la nature du matériau.

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La kestérite, c’est quoi au juste ?

La kestérite (souvent notée CZTS pour cuivre–zinc–étain–soufre) est un composé que l’on peut synthétiser à partir d’éléments bon marché, abondants et non toxiques. Elle ne mobilise pas de terres rares ni de composants problématiques pour l’environnement, à la différence de certaines technologies de panneaux actuels. Cette sobriété matière est un atout majeur : elle réduit les dépendances géopolitiques et facilite l’implantation de chaînes d’approvisionnement locales.

Pourquoi c’est important

  • Les modules au silicium approchent de leur limite théorique d’efficacité, ce qui rend urgent l’exploration de nouvelles familles de matériaux.
  • La kestérite combine des propriétés optoélectroniques intéressantes avec une longue durée de vie visée en utilisation réelle.
  • Son profil de sécurité et son coût potentiel en font une candidate crédible pour compléter — et, à terme, remplacer dans certains cas — les solutions au silicium.

Vers l’après-silicium : le cap fixé par les chercheurs

Selon le professeur Hao, la technologie peut progresser rapidement : une barre des 15 % est envisagée dès l’année prochaine, avec une commercialisation possible à l’horizon 2030. L’intérêt ne tient pas qu’au rendement. La chaîne de fabrication visée utilise des procédés simples et peu coûteux (dépôts minces, recuits contrôlés), compatibles avec des équipements déjà répandus dans l’industrie, ce qui pourrait abaisser fortement le coût au watt une fois la production montée en cadence.

Impacts industriels et géopolitiques

Si la tendance se confirme, les acteurs historiques du solaire devront adapter leurs lignes pour exploiter la kestérite. Cette transition demanderait des ajustements (paramétrage des dépôts, contrôles de qualité, sécurité autour de l’hydrogène), mais elle offrirait en retour un approvisionnement en matières premières beaucoup moins exposé aux tensions internationales. Des groupes énergétiques mondiaux manifestent déjà un intérêt pour des licences d’utilisation, signe que la filière se prépare à passer du laboratoire au marché.

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Atouts clés à retenir

  • Coûts de fabrication potentiellement plus bas que les systèmes au silicium à maturité
  • Matières premières abondantes et non toxiques, sans dépendance aux terres rares
  • Procédés industriels compatibles avec des outils déjà existants
  • Grande flexibilité d’usage (intégration au bâti, supports légers, applications hors-réseau)
  • Stabilité à long terme visée, avec des marges de progression encore importantes

Une opportunité pour accélérer la transition

En rendant la production solaire plus accessible et moins dépendante de ressources critiques, la kestérite pourrait favoriser une adoption rapide dans les pays en développement et des projets à grande échelle partout dans le monde. Au-delà d’un simple chiffre d’efficacité, cette avancée marque un changement de paradigme vers des solutions photovoltaïques durables et performantes, capables d’accompagner la montée en puissance des renouvelables.

FAQ

La kestérite est-elle facile à recycler ?

Oui, elle se prête à des filières de recyclage similaires à celles d’autres films minces. L’absence d’éléments très toxiques simplifie les scénarios de récupération des métaux (cuivre, zinc, étain). Des procédés hydrométallurgiques à faible impact sont à l’étude pour une boucle matière efficace.

Les lignes de production au silicium peuvent-elles être réutilisées ?

Pas telles quelles, mais une partie des équipements (dépôt de couches minces, fours de recuit, contrôle en ligne) est réutilisable après adaptation. L’investissement est donc potentiellement inférieur à la création d’une chaîne totalement nouvelle.

Comment la kestérite se comporte-t-elle à haute température ou par faible luminosité ?

Les technologies à couches minces présentent souvent un meilleur coefficient de température que le silicium. Les premiers prototypes en kestérite laissent entrevoir de bonnes performances en conditions réelles (chaleur, ciel voilé), mais des validations à grande échelle restent en cours.

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Le recours à l’hydrogène en fabrication est-il sûr ?

L’hydrogène est courant dans l’industrie des semi-conducteurs. Avec des protocoles adaptés (détection, ventilation, inertage), les recuits sous hydrogène sont maîtrisés et conformes aux normes de sécurité.

Quel pourrait être le premier marché ciblé ?

Les toitures légères, l’intégration au bâti et les installations hors-réseau sont des candidats naturels, où l’enjeu de poids, de flexibilité et de coût prime souvent sur l’efficacité maximale absolue. Une montée en puissance vers les grandes centrales suivrait après qualification.