Énergie

Un ancien de SpaceX veut lancer des miroirs géants en orbite pour éclairer les panneaux solaires la nuit

Un ancien de SpaceX veut lancer des miroirs géants en orbite pour éclairer les panneaux solaires la nuit

Un jeune inventeur américain propose une idée surprenante pour prolonger la production d’énergie solaire après le coucher du soleil : envoyer des miroirs en orbite qui renverraient la lumière du Soleil vers la Terre pendant la nuit. L’objectif est simple à énoncer et colossal à réaliser : faire de l’énergie solaire une source continue, jour et nuit.

L’ambition derrière le projet

À seulement 26 ans, Ben Nowack, ancien employé de SpaceX, veut s’attaquer au plus grand défaut du solaire: l’absence de lumière la nuit. Pour lui, l’humanité a déjà massivement installé des panneaux photovoltaïques; il manque surtout une solution élégante au “trou noir” nocturne. Son pari: si l’on arrive à éclairer, de manière contrôlée, des fermes solaires existantes une partie de la nuit, on s’approche d’une énergie renouvelable et compétitive en continu.

Comment l’idée fonctionnerait

Plutôt que de bâtir un unique miroir géant, l’approche repose sur une surface réfléchissante composée de myriades de petites paraboles capables de se déployer en orbite et de s’orienter avec précision. Placés au-dessus de l’atmosphère, ces satellites réflecteurs captent un flux solaire constant et le renvoient, par faisceau très large et non éblouissant, vers des parcs photovoltaïques déjà installés au sol. L’intensité et la zone d’impact seraient ajustées pour compléter la production nocturne, sans transformer la nuit en plein jour ni générer de nuisance lumineuse excessive.

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Les briques techniques mobilisées

Le concept s’inspire, à l’envers, des technologies spatiales qui ont permis à des instruments comme le télescope James Webb de se déployer sous forme de structures légères et ultra-stables. Ici, on ne cherche pas à observer le cosmos, mais à rediriger la lumière. Cela implique:

  • des membranes réfléchissantes très fines,
  • des mécanismes de déploiement compacts,
  • un contrôle d’attitude et un pointage d’une grande finesse,
  • des algorithmes capables de compenser en temps réel les mouvements orbitaux et la rotation de la Terre.

La jeune entreprise et son plan de vol

Pour porter cette vision, Nowack a fondé Tons of Mirrors, une société au nom évocateur. Prochaine étape annoncée: réunir environ 5 millions de dollars afin de valider un prototype près de la Station spatiale internationale (ISS). Ce premier essai doit prouver que le miroir se déploie bien, qu’il pointe avec précision et qu’il peut projeter un flux lumineux contrôlé vers une cible définie, le tout dans le respect des règles de sécurité et des normes orbitales.

Pourquoi c’est prometteur malgré les risques

Le potentiel économique est majeur: si l’on démontre que ce système coûte moins cher que les alternatives (stockage massif, surdimensionnement du réseau, centrales de secours), la valeur créée est énorme. Le projet reste audacieux, car il faut convaincre sur plusieurs fronts — coût, fiabilité, réglementation, impact environnemental —, mais l’idée a un avantage clé: elle réutilise l’infrastructure solaire existante, au lieu de repartir de zéro.

Les grands défis à surmonter

  • Faire baisser le coût par kilowatt-heure reflété pour battre les solutions actuelles.
  • Assurer un pointage précis et une distribution homogène de la lumière sur de vastes surfaces au sol.
  • Minimiser l’impact sur l’astronomie et la pollution lumineuse, via des horaires et des trajectoires compatibles.
  • Maintenir un niveau de sécurité orbitale élevé: débris, collisions, fin de vie des satellites.
  • Intégrer la production additionnelle au réseau électrique sans créer de déséquilibres.
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En résumé

  • Un inventeur de 26 ans, ex-SpaceX, veut rendre le solaire disponible la nuit grâce à des miroirs spatiaux.
  • Sa société, Tons of Mirrors, prépare un test près de l’ISS et recherche environ 5 M$.
  • L’objectif ultime: une solution économique, scalable et compatible avec les fermes solaires existantes.

FAQ

Est-ce que ces miroirs éclaireraient les villes la nuit ?

Non. Le but n’est pas d’illuminer des rues mais d’augmenter, de façon ciblée, la production des parcs photovoltaïques. Le faisceau serait large, diffus et calibré pour la sécurité et l’efficacité énergétique, pas pour l’éclairage public.

Pourquoi ne pas utiliser uniquement des batteries pour la nuit ?

Les batteries sont essentielles, mais elles restent coûteuses à grande échelle et nécessitent de lourds investissements. Les miroirs en orbite offriraient une production supplémentaire qui réduit la quantité de stockage nécessaire, ce qui pourrait abaisser le coût total du système.

Où placer ces miroirs pour qu’ils soient efficaces ?

Des orbites basses bien choisies (par exemple quasi polaires ou héliosynchrones) permettent un ensoleillement fréquent et des fenêtres de visibilité régulières au-dessus des sites ciblés. Une constellation de plusieurs satellites serait nécessaire pour couvrir différentes régions et horaires.

Y a-t-il un risque pour la faune, les avions ou les satellites ?

Le système viserait des zones précises et fonctionnerait à des niveaux d’irradiance maîtrisés. Les trajectoires, plages horaires et zones d’exclusion seraient planifiées pour éviter le trafic aérien et respecter les standards de sécurité. En orbite, des protocoles de gestion des débris et de fin de vie sont indispensables.

Quel serait l’impact sur l’astronomie et la pollution lumineuse ?

Toute source lumineuse en orbite doit être coordonnée avec la communauté scientifique. La stratégie inclurait des plages d’extinction, des orientations qui réduisent les traînées sur les observations et un suivi public des positions des satellites afin de minimiser les perturbations.

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