Crédit photo : Reflect Orbital
Un immense miroir spatial avance vers son objectif : refléter la **lumière du soleil** vers la Terre la nuit.
La société californienne **Reflect Orbital** a obtenu l’autorisation de la **Federal Communications Commission** (FCC) pour tester un satellite, malgré les critiques d’astronomes qui s’inquiètent d’un potentiel danger pour la vue, d’une aggravation de la **pollution lumineuse** et d’une difficulté accrue à observer les étoiles.
Qu’est-ce qui se passe ?
D’après des informations relayées par **Sky & Telescope**, l’approbation de la FCC concerne le satellite **Earendil 1**, une surface en mylar brillant mesurant 18 par 18 mètres, dont l’objectif est de diriger la lumière solaire vers le côté obscur de la Terre.
Ce satellite sera placé à environ **625 kilomètres** au-dessus du sol et pourra éclairer une zone d’environ **5 kilomètres** de largeur.
Bien que **Earendil 1** soit une mission d’essai, la vision de l’entreprise est de créer une **constellation de 50 000 satellites** capables de réfléchir la lumière du soleil.
Dans son avertissement à la FCC, la **Société Astronomique Américaine** a pointé le risque de **dommages oculaires** pour les amateurs d’astronomie utilisant des télescopes de taille normale.
La FCC a réagi en déclarant que ces préoccupations ne relèvent pas de sa compétence en matière de gestion du spectre radio et a jugé improbable qu’il y ait des effets nuisibles liés au réflecteur.
Reflect Orbital présente ce projet non seulement comme une source de lumière nocturne, mais également comme une possibilité d’**étendre la production d’énergie solaire** au-delà des heures de jour. Son PDG, **Ben Nowack**, a illustré cet avantage en affirmant que cela permettrait d’augmenter les profits en offrant de l’énergie solaire avant le lever du soleil et après le coucher.
Pourquoi est-ce important ?
Bien que cela semble être un projet futuriste, il pourrait entraîner de sérieuses **problématiques au sol**.
**Olivier Hainaut**, un chercheur à l’**Observatoire Austral Européen**, a averti qu’une constellation complète de Reflect Orbital pourrait illuminer le ciel deux à trois fois plus, ce qui pourrait nuire à l’astronomie, même loin des faisceaux lumineux ciblés.
Les étoiles pourraient devenir invisibles pour les habitants des zones éclairées. Cela pourrait priver les enfants d’une des expériences fondamentales de la nature : lever les yeux et admirer un ciel étoilé.
L’approbation de ce projet a surtout été accordée via la **licence de spectre**, laissant peu de voix aux communautés dont le ciel nocturne sera le plus affecté par ces changements.
Cette situation s’inscrit dans un débat plus large sur la **pollution lumineuse** et l’expansion rapide des satellites, où villes, chercheurs et citoyens cherchent à préserver des ciels sombres, essentiels pour la découverte, l’éducation et la qualité de vie. Un rapport de **The Cool Down** évoque comment cette vague de nouveaux satellites, y compris d’autres projets de Reflect Orbital, risque de surcharger le ciel nocturne et de perturber l’atmosphère supérieure.
Que se passe-t-il actuellement ?
Pour l’instant, l’autorisation ne concerne qu’un seul satellite, mais les astronome sollicitent un contrôle plus rigoureux avant d’accorder des permis pour des projets de plus grande envergure.
Suite à la décision, la **Société Astronomique Américaine** a exprimé sa frustration, non seulement envers l’approbation du lancement, mais également vis-à-vis de l’affirmation de la FCC selon laquelle les impacts des réflecteurs échappent à sa réglementation.
L’association a déclaré : “Nous sommes profondément inquiets que la mise en place d’un réflecteur solaire échappe à la régulation de la Commission.”
Elle a ajouté qu’il est crucial que la FCC prenne en compte tous les impacts liés à l’utilisation de ce satellite, à moins qu’une autre agence n’intervienne.
De son côté, Reflect Orbital indique qu’elle examine ces préoccupations. Un représentant de l’entreprise a affirmé : “Notre société finance des recherches indépendantes sur les impacts de notre technologie avec des chercheurs externes et des partenaires fédéraux.” Il a également mentionné qu’un accord de coordination avec la **National Science Foundation** était en cours de négociation.
Reflect Orbital assure être engagée dans un **dialogue continu** avec les scientifiques, les astronomes, les chercheurs en environnement et toutes les communautés intéressées par l’évolution de sa technologie.
Cependant, l’AAS a réagi avec un sentiment de “préoccupation” face à cette évolution.
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FAQ
Quelle est la taille du miroir spatial prévu par Reflect Orbital ?
Le miroir mesure 18 mètres de chaque côté, ce qui équivaut à une surface de 324 mètres carrés.
Comment sera-t-il lancé ?
Le satellite Earendil 1 sera mis en orbite par une fusée, bien que le type de fusée et la date de lancement n’aient pas encore été spécifiés.
Quels sont les risques associés à cette technologie ?
Les astronomes soulignent des préoccupations concernant les dommages potentiels à la vue des observateurs à l’aide de télescopes et l’augmentation de la pollution lumineuse.
Cette technologie pourrait-elle influencer d’autres projets spatiaux ?
Oui, l’approbation du satellite pourrait ouvrir la voie à un développement plus large des satellites réfléchissants, ce qui risque d’accentuer la pollution lumineuse.
Comment les communautés peuvent-elles faire entendre leur voix ?
Les communautés peuvent participer à des discussions publiques et s’associer à des organisations qui luttent pour la protection des ciels nocturnes.
