Chaque été, les médecins du monde entier nous rappellent l’importance d’utiliser un **écran solaire** avant d’aller à la plage. Idéalement, cette protection devrait être renouvelée toutes les quelques heures, surtout après avoir nagé. Bien que la crème solaire nous préserve de brûlures douloureuses et, à long terme, du cancer de la peau, elle présente également un inconvénient moins connu : son impact négatif sur la vie marine.
Plus précisément, deux ingrédients chimiques couramment utilisés pour filtrer les rayons UV, appelés **oxybenzone** et **octinoxate**, représentent un réel danger pour les récifs coralliens et sont soupçonnés de causer de graves allergies cutanées chez les personnes sensibles.
Chaque année, jusqu’à **14 000 tonnes de crème solaire** sont éliminées dans les océans lorsque les gens se laissent toucher par les vagues. Les substances chimiques qui se diluent dans l’eau contaminent les océans et atteignent rapidement les récifs coralliens et d’autres écosystèmes fragiles, qui sont justement les raisons pour lesquelles tant de personnes visitent des destinations marines exotiques.
Des chercheurs de l’**Université de Floride** ont cherché à développer une alternative aux produits chimiques toxiques, à la fois plus bénéfiques pour la peau et l’environnement. Ils ont trouvé un moyen d’augmenter la production d’un **acide aminé** absorbant les UV, le **shinorine**, traditionnellement extrait des algues rouges. Le défi de cette méthode est qu’elle nécessite jusqu’à un an pour faire pousser les algues, sans compter le temps nécessaire pour traiter le produit chimique.
Les chercheurs de la pharmacie UF découvrent une nouvelle méthode pour récolter des ingrédients de crème solaire « verte »
Les scientifiques, ayant publié leurs résultats dans la revue ACS Synthetic Biology, ont développé une méthode beaucoup plus rapide, en utilisant une souche de cyanobactéries d’eau douce à croissance rapide nommée **Synechocystis** comme cellule hôte. Ils ont ensuite synthétisé le shinorine à partir d’une cyanobactérie filamenteuse appelée **Fischerella**, qui le produit naturellement.
En insérant les gènes de Fischerella dans Synechocystis, l’équipe a réussi à produire **2,37 milligrammes de shinorine** par gramme de cyanobactéries en seulement **deux semaines**. Ils ont également évalué les propriétés du shinorine et confirmé qu’il protège les cellules contre les rayons UV.
Cette nouvelle méthode pourrait avoir plusieurs applications, y compris l’utilisation des gènes de cyanobactéries pour développer de nouveaux médicaments. L’équipe travaillant sur cette recherche essaie actuellement de commercialiser ce procédé. Bien que les autorités américaines aient l’habitude de prendre leur temps pour approuver des substances déjà utilisées ailleurs, le fait que le shinorine ne soit pas un produit nouveau et soit déjà présent dans d’autres cosmétiques pourrait faciliter l’accélération du processus.
FAQ
Quels sont les effets de la crème solaire sur les récifs coralliens?
Les ingrédients comme l’oxybenzone et l’octinoxate peuvent entraîner la décoloration des coraux et affecter leur reproduction, ce qui met en danger l’écosystème marin.
Comment le shinorine est-il produit?
Le shinorine peut être synthétisé à partir de cyanobactéries génétiquement modifiées, ce qui permet une production rapide et durable.
Y a-t-il d’autres alternatives écologiques à la crème solaire classique?
Oui, certaines marques commencent à développer des crèmes solaires à base de minéraux naturels ou d’ingrédients biosourcés qui sont plus sûrs pour les océans.
La crème solaire affecte-t-elle d’autres écosystèmes marins?
Oui, les produits chimiques contenus dans de nombreuses crèmes solaires ne se contentent pas de nuire aux coraux, mais peuvent également affecter la vie marine, comme les poissons et les algues.
Comment choisir un écran solaire respectueux de l’environnement?
Il est conseillé de rechercher des crèmes solaires étiquetées comme « sans oxybenzone » ou « biodégradables » et de privilégier celles à base de minéraux.
