Santé

Congélation et Conservation des Organes Donnés : Une Solution pour Réduire les Listes d’Attente de Transplantation

Congélation et Conservation des Organes Donnés : Une Solution pour Réduire les Listes d'Attente de Transplantation

L’attente pour une greffe d’organe

Actuellement, 115 000 Américains attendent désespérément de recevoir un organe don, et si rien ne change, ces personnes pourraient ne pas survivre. Chaque jour, vingt d’entre eux décèdent, selon les statistiques de l’organisation United Network for Organ Sharing (UNOS). En grande partie, ce chiffre alarmant est dû à la nature éphémère des organes une fois en dehors du corps.

Quand il s’agit de greffes, le temps est un facteur crucial. Par exemple, les foies et pancreas ne peuvent être transplantés que dans un délai de douze heures après le don. De plus, les cœurs ne peuvent être hors du corps que six heures avant de commencer à se détériorer. Les personnes attendant un reins, en revanche, ont un peu plus de chance : ces organes survivent environ trente heures en dehors du corps. Cependant, malgré cette relative flexibilité, les patients doivent souvent se préparer à une opération immédiate une fois qu’un organe devient disponible.

La solution du gel

Un concept simple pourrait aider à résoudre ce problème : congeler les organes offerts, semblable à la façon dont on conserve un plat au réfrigérateur. Cette idée, qui existe depuis plusieurs décennies, a fait face à deux obstacles principaux qui semblaient insurmontables jusqu’à récemment.

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Les avancées d’Arigos Biomedical

L’entreprise Arigos Biomedical, composée de médecins, cryobiologistes et ingénieurs, pense avoir trouvé une solution pour conserver les organes congelés de manière efficace. Récemment, la société a réussi à lever près de 1 million de dollars pour continuer ses recherches, tout en espérant débuter des essais cliniques sur les humains dès 2020.

Si leur technologie fonctionne, elle pourrait réduire, voire éliminer, les listes d’attente pour les greffes d’organes à travers le monde.

Les défis de la cryoconservation

Pour bien comprendre cette innovation, il est important d’explorer les défis rencontrés par les chercheurs. Le premier obstacle majeur se présente lors du processus de refroidissement : à mesure qu’un organe descend à -120 °C, l’eau qu’il contient a tendance à former de la glace, provoquant des ruptures cellulaires. De plus, pendant la phase de réchauffement, les organes ont souvent tendance à se fracasser à cause du choc thermique.

Les scientifiques ont partiellement résolu le premier problème dans les années 1970 grâce à une technique appelée vitrification, qui consiste à remplacer l’eau par une solution de composés organiques. Cependant, nombre de ces solutions étaient toxiques pour les organes. Concernant les fractures, les chercheurs ont longtemps cherché une solution efficace.

Une découverte significative

Il y a peu, une nouvelle méthode a été mise au point. En remplaçant le liquide dans les vaisseaux sanguins par de l’hélium – un gaz inerte non toxique – cela permet de mieux gérer le stress pendant le refroidissement. En parallèle, cela aide à éviter que l’organe ne se fissure durant le processus de congélation. Grâce à cette technique, Arigos est désormais capable de congeler avec succès des organes chez des animaux plus grands que des lapins.

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Les perspectives futures

Idéalement, cette technique pourrait donner naissance à une banque d’organes congelés, permettant aux patients d’être appairés rapidement avec les organes dont ils ont besoin sans passer par d’interminables périodes d’attente. Cela permettrait de surmonter de nombreux obstacles liés aux transplants, tels que les différences immunologiques entre donneurs et receveurs.

Cependant, pour que cette vision devienne réalité, une approbation de la FDA est nécessaire. Arigos prévoit un premier essai de transplantation sur des porcs en 2019, espérant que des résultats positifs inciteront à des essais humains.

Les scepticismes et préoccupations

Bien que certaines voix dans le domaine des greffes d’organes soient optimistes, beaucoup sont prudentes quant à la capacité d’Arigos à atteindre ses objectifs dans les délais. David Klassen, directeur médical à UNOS, exprime cette incertitude, soulignant la nécessité de tests rigoureux avant d’atteindre les essais sur des humains.

Les limites et ambitions d’Arigos

Malgré les avancées prometteuses, il est essentiel de noter qu’Arigos ne pourra pas maîtriser congeler tous les types d’organes, notamment ceux sans vasculature. De plus, la technologie actuelle ne pourra pas sauver des membres ou d’autres tissus complexes.

FAQ

Qu’est-ce que la vitrification et comment fonctionne-t-elle ?

La vitrification est un processus qui remplace l’eau dans un organe par une solution organique afin d’éviter la formation de glace. Cela aide à préserver la structure cellulaire.

Quels types d’organes Arigos peut-il actuellement traiter ?

Arigos concentre ses efforts sur les reins, cœurs, foies et poumons, car ces organes ont des vaisseaux sanguins qui peuvent contenir le gaz cryoprotecteur.

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Quels sont les défis pour obtenir l’approbation de la FDA ?

La FDA nécessite des essais rigoureux et approfondis, notamment des études sur des animaux, afin de garantir la sécurité et l’efficacité des nouvelles techniques avant de passer aux essais sur l’homme.

Arigos envisage-t-il de traiter des organes pour d’autres pays ?

Oui, en cas de succès, Arigos espère apporter une aide aux pays qui manquent de technologie de transplantation, permettant ainsi un meilleur accès aux soins.

Quels sont les avantages de congeler des organes pour les dons ?

La congélation permet de maximiser la disponibilité des organes en réduisant le temps d’attente pour les patients, améliorant ainsi les chances de succès des greffes.