Mobilité

Le cofondateur historique de Tesla étrille le Cybertruck: « On dirait une benne à ordures »

Le cofondateur historique de Tesla étrille le Cybertruck: « On dirait une benne à ordures »

Martin Eberhard, cofondateur historique de Tesla, s’exprime à nouveau. Cette fois, il regrette le virage pris par la marque et tacle le Cybertruck, qu’il juge symptomatique d’une stratégie qui s’éloigne des besoins réels du marché: une voiture électrique vraiment abordable.

Ce que reproche Eberhard aujourd’hui

Pour Eberhard, la priorité de Tesla devait être un modèle d’entrée de gamme, autour de 25 000 dollars, afin d’élargir l’accès à l’électrique. À ses yeux, l’abandon de ce projet signifie renoncer à convaincre des millions d’automobilistes qui hésitent encore à passer à l’EV à cause du prix. Dans ce contexte, le Cybertruck lui apparaît comme l’exact inverse: un produit spectaculaire, mais massif, coûteux et éloigné d’une logique de volume.

Le symbole Cybertruck

  • Gabarit et masse importants, donc coût d’usage et d’entretien potentiellement élevés.
  • Positionnement prix haut de gamme dès le lancement, avec des versions moins chères ensuite, mais restant dans la zone SUV premium.
  • Réputation de fiabilité contestée et image très polarisante.
  • Des ventes en net repli récemment, avec une chute de plus de 50% au deuxième trimestre sur un an, un signal que d’aucuns lisent comme une désaffection du public.
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Retour aux origines: un partenariat tendu

Tesla naît en 2003 avec Martin Eberhard et Marc Tarpenning. Elon Musk arrive l’année suivante comme investisseur majeur et prend rapidement de l’influence. Les relations s’enveniment: en 2007, Eberhard est écarté de la direction. S’ensuit un conflit juridique clos par un accord qui autorise Musk à se présenter comme cofondateur. Depuis, Eberhard intervient à l’occasion pour critiquer certaines orientations, autant sur la stratégie produit que sur la culture d’entreprise.

La voiture à 25 000 dollars, l’occasion manquée

L’idée d’un EV accessible a longtemps été brandie comme la prochaine étape de Tesla. Selon Eberhard — et une partie des investisseurs comme des fans — c’est là que se joue l’adoption de masse. Les propos récents de Musk ont toutefois laissé entendre que cette piste serait mise de côté. Pour Eberhard, c’est un rendez-vous manqué: le marché aurait davantage besoin d’un véhicule simple, fiable, efficient, que d’un pick-up iconoclaste.

Pourquoi ce choix pèse lourd

  • Un modèle abordable agit comme porte d’entrée vers l’électrique pour des foyers au budget serré.
  • Les volumes plus élevés peuvent stabiliser la production et soutenir l’écosystème (réseau de charge, services).
  • En période de ralentissement des ventes, un produit accessible peut raviver la demande.

Culture interne: une divergence de style

Eberhard met aussi en avant une approche managériale fondée sur le respect des équipes et la prévisibilité. Il suggère qu’une culture moins brutale favoriserait la rétention des talents et une exécution plus sereine. Sans s’attarder sur des détails, il laisse entendre que l’ambiance interne influe sur la qualité des produits et la confiance des clients.

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Une bataille d’image et de marché

Au final, deux visions s’opposent: celle d’un Tesla qui frappe fort avec des objets emblématiques comme le Cybertruck, et celle d’un Tesla qui consolide son leadership avec des véhicules de grande diffusion à prix contenu. La baisse récente des ventes du Cybertruck nourrit l’idée qu’Eberhard pourrait, au moins en partie, avoir vu juste sur la demande réelle.


FAQ

Pourquoi un EV «à bas coût» est-il si difficile à produire?

Parce qu’il faut combiner une batterie suffisante pour une bonne autonomie, des coûts industriels très serrés, et un équipement moderne. La batterie restant l’élément le plus cher, atteindre un prix plancher exige des gains majeurs en chimie, en chaîne d’approvisionnement et en efficacité de production.

Le poids des pick-up électriques change-t-il beaucoup la donne?

Oui. Un véhicule très lourd consomme davantage d’énergie, impose des freins, suspensions et pneus plus robustes, et peut alourdir l’assurance et l’entretien. Cela va à l’encontre d’une stratégie d’accessibilité.

Un modèle abordable suffit-il à relancer les ventes?

Pas toujours. Il faut aussi un réseau de charge fiable, des incitations publiques claires, et une expérience après-vente convaincante. Le prix est un levier important, mais il ne fait pas tout.

Que peuvent faire les acheteurs en quête d’un EV pas trop cher?

Comparer l’autonomie réelle, le coût total de possession (énergie, assurance, entretien), les aides locales, et la valeur de revente. Les modèles compacts et les berlines simples offrent souvent le meilleur rapport prix/usage.

Le design iconoclaste d’un EV peut-il nuire à son adoption?

Il peut séduire une niche et renforcer la visibilité de la marque, mais il risque de freiner l’adhésion du grand public qui privilégie la praticité, le prix et la fiabilité perçue.

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